28 Oct 2011, 3:25

Les activistes du commando artistique ont donné une interview exclusive au Moskovski Komsomolets

Le collectif artistique Voïna a réussi après quelques années à se rendre célèbre dans le monde entier par ses actions radicales. Mais avec leur notoriété les activistes ont aussi récolté une quantité de problèmes avec la loi. Finalement, l’un d’eux a été résolu: celui impliquant Léonide Nicolaïev pour sa participation à l’action «La Révolution de Palais», l’inculpation pour vandalisme (article 213 du Code Pénal de la Fédération de Russie) a été levée. Pourtant le dirigeant du commando artistique Oleg Vorotnikov et son épouse Natalia Sokol (Koza) sont toujours recherchés. “MK” a pris contact avec le scandaleux collectif artistique.

Photo de Vladimir Téléguine
Léonide Nicolaïev, Oleg Vorotnikov et Natalia Sokol

Comment prenez-vous la décision de l’instruction? Êtes-vous surpris? Quelle est la première pensée qui vous est passée par la tête lorsque vous avez appris la levée de l’inculpation?

Lionya: Que tout est normal. Nous avons longuement fait pression sur les instructeurs jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus se cacher dans leur coin. Nous avons les défenseurs les plus forts du pays - AGORA et Dima Dinzé. Dinzé de part sa force n’est même pas un avocat, mais un activiste de Voïna de plein droit. Notre membre honoraire! C’est en effet surprenant, mais en plus pas pour nous, mais pour le Comité d’instruction: les résultats de l’expertise sociologique, effectuée par décision de l’instruction, sont parus. Nous ne doutions pas alors que les professionnels en question - les experts Valery Zaroubine et Natalia Némirova (chaire de sociologie appliquée et du laboratoire sociologique de l’Université pédagogique d’État russe Herzen) feraient leur travail consciencieusement. Mais il a semblé à l’instruction, on ne sait pourquoi, qu’ils avaient devant eux des experts au garde-à-vos, avec lesquels ils pouvaient faire ce que bon leur semble. C’est pourquoi l’instruction a échoué, à cause de son manque de respect envers toutes les parties prenantes à l’affaire de « Voïna »: envers les artistes, envers les avocats, envers les experts.

Léonide Nicolaïev dit Lionya Ebnouty

Que va faire le groupe « Voïna » maintenant, est-ce que de nouvelles actions nous attendent?

Oleg: Nous nous y préparons maintenant depuis des mois. On est forcé de tenir compte de la réalité de notre vie dans la clandestinité totale et d’éviter de faire par mégarde la moindre allusion à nos activités. Des entraînements ont déjà lieu depuis plus de six mois. Après tout ce temps on a déjà réussi à nous couvrir de merde. Des provocateurs ont exposé des contrefaçons à notre nom à la biennale corrompue de Moscou. Les conservateurs vénaux essayent de nous fourrer dans l’infect projet gouvernemental. Beaucoup de merde. Mais le résultat de la future action surpassera toutes les attentes et nous lavera.

Natalia Sokol dite Koza ou Kozlionok

Les accusations contre Léonide dans l’affaire de « La Révolution de Palais » sont levées, mais mais pas celles contre Oleg? Avez-vous présenté une demande de disculpation également pour Vorotnikov?

Koza: On va déposer les demandes concernant Oleg. Les avocats Anastassia Ekimovskaïa et Igor Riabtchikov s’en occupent en ce moment. Et le 24 octobre va avoir lieu le procès contre l’État qui essaye de s’approprier l’argent de la caution d’Oleg. Le pognon a été rassemblé pour nous par notre ami, l’artiste mondialement connu Banksy.

Oleg Vorotnikov dit Vor

Oleg, vous faites jusqu’à présent l’objet d’un avis de recherche fédéral. Que faîtes-vous pour recouvrer une situation légale? Ou bien vous estimez que c’est le lot d’un artiste d’être dans la clandestinité?

Oleg: Je perçois l’avis de recherche criminelle international comme l’une des formes suprêmes de reconnaissance du travail d’un artiste politique ici, sur terre. Maintenant je suis le mal de tête d’Interpol. Ça me flatte et m’oblige beaucoup. Koza ne me le cède en rien non plus: son avis de recherche fédéral pour la pisse jetée sur les flics pétersbourgeois, c’est un exotisme russe moderne, une exclusivité absolue de notre mère Russie.

Quelle est votre opinion, pensez-vous que le pouvoir a décidé de laisser « Voïna » tranquille? Pourquoi? Ou peut-être que quelque part en haut on a décidé que plus longuement et activement les activistes de « Voïna » sont persécutés, plus votre renommée sera grande et plus vous attirerez l’attention du côté de la presse?

Koza: Le FSB [Service Fédéral de Sécurité] et le MVD [Ministère des Affaires intérieures] nous ont en effet énormément fait de pub. Et ils ne s’y attendaient certainement pas eux-mêmes. Maintenant ils sont plantés dans leurs bureaux et ne savent que faire. Et ils ont clos l’affaire parce que l’instruction a déjà durée plus d’un an, sans aucun résultat. Lors de l’expertise physionomique, prescrite également par l’accusation, on ne nous a pas non plus reconnu. Figurez-vous ça: les flics regardent les meilleurs artistes russes et ne les reconnaissent pas. Et maintenant ils sont déshonorés. Et le gouvernement est déshonoré. Maintenant nous n’allons pas le laisser mourir tranquillement. Il va périr délicieusement!

L’interview en Russe

Tags: Léonide Nivolaïev Oleg Vorotnikov Natalia Sokol Koza Lionya Ebnouty Vor Révolution de Palais Voïna Voïna dans les médias 
29 Sep 2011, 22:50

Les derniers articles parus dans la presse française sur Voïna.

Courrier international: Le pont, le vit et le FSB

24/06/2010

Un phallus géant de 65 mètres par 27 est apparu nuitamment sur un pont-levis de Saint-Pétersbourg. L’organe a été peint sur le sol en un temps record par le collectif moscovite Voïna (La guerre), spécialisé dans l’art de rue. Cible de cette action : le bâtiment du FSB (Service fédéral de sécurité), dont les fenêtres donnent sur le pont Liteïny.

Les quarante artistes ont opéré en vingt-trois secondes avant de prendre la poudre d’escampette. Un seul d’entre eux a été arrêté. Enthousiasmée par la “Bite cosmique” (Kosmitchesky khouï dans la langue de Tolstoï), la police s’est montrée “très amicale”, rapporte Leonid Nikolaev, qui a cependant passé trente-six heures au poste.

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Courrier international: Former des individus intrépides et libres

04/11/2010

En lutte ouverte contre les autorités, le collectif artistique russe Voïna multiplie les performances au parfum de scandale. Un type de contestation qui séduit en particulier les jeunes.

Le 16 septembre dernier, des militants de Voïna [“Guerre”, en russe] ont renversé deux voitures de police à Saint-Pétersbourg, au cours d’une performance qu’ils ont appelée Révolution de palais. Beaucoup de sympathisants de ce groupe artistique ont désapprouvé leur geste.

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Courrier international: “Voïna” ou l’art de la guerre pour la liberté

08/11/2010

Adepte de l’art conceptuel de rue, le collectif artistique russe Voïna excelle dans les performances tonitruantes et subversives dirigées contre les autorités et le pouvoir jugés fascisants. Dans une interview accordée à Courrier International, les responsables du groupe défendent une nouvelle radicalité de gauche, inspirée et héroïque.

Comment s’est constitué le groupe artistique Voïna ?

Lionia Iobnouty [“le Taré”] : C’est Oleg Vorotnikov qui l’a fondé en 2007. Au début, il ne comptait que quelques personnes, mais aujourd’hui, elles sont des dizaines, voire des centaines à prendre part à chacune de nos actions. Vorotnikov reste le cerveau du groupe.

Kozlionok [“Cabri”]: Mais Lionia Iobnouty est notre président et notre super-héros. C’est lui qui a sauté sur le toit d’une voiture du Service Fédéral de protection des personnalités devant le Kremlin !

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Courrier international: Le radicalisme artistique mène en prison

22/11/2010

Célèbre pour ses performances artistiques politiquement engagées, le collectif russe Voïna vient de voir deux de ses membres arrêtés. Un destin qui guette d’autres artistes contemporains russes adeptes de l’actionnisme viennois.

Deux membres dirigeants de Voïna (“la guerre”), un collectif qui pratique un art conceptuel de rue à travers des performances percutantes, ont été placés en détention à Saint-Pétersbourg le 17 novembre 2010, deux jours après leur arrestation à Moscou. Oleg Vorotnikov, 32 ans, et Leonid Nikolaev, 27 ans, ont été mis à l’ombre sans chef d’inculpation par un tribunal de Saint-Pétersbourg jusqu’au 25 novembre – avec prolongation possible jusqu’au 15 janvier 2011. Le renversement de véhicules de police le 17 septembre à Saint-Pétersbourg, objet d’une performance artistique, serait le déclencheur de l’affaire. Les deux artistes pourraient être poursuivis pour “hooliganisme par haine contre un groupe social” et encourir une peine de sept ans de prison. “Les activistes du collectif n’ont jamais caché que l’action ‘Révolution de palais’ à Saint-Pétersbourg est la leur ; ils ont d’ailleurs immédiatement diffusé la vidéo sur Internet. Or les arrestations ont eu lieu deux mois après, à Moscou, et ne concernent que deux personnes alors que les forces de l’ordre ont indiqué que cinq à sept individus ont renversé ces voitures”, s’étonne Novaïa Gazeta.

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France 24: Les artistes provocateurs de Voina ont peut-être fait le coup de trop

30/11/2010

Deux activistes du collectif artistique russe Voina (“guerre” en russe, ndlr) ont été arrêtés le 15 novembre pour avoir, dans le cadre d’une performance artistique, retourné une voiture de police à Saint-Pétersbourg. Les explications d’un membre de ce groupe éminemment subversif…

La vidéo a été tournée près du Palais Mikhailovsky où l’empereur Paul Ier de Russie avait été assassiné pour ses idées réformatrices, en 1801, après un coup d’Etat.

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Tags: Bite prisonnière du FSB France 24 Révolution de Palais Voïna dans les médias Courrier international Voïna 
18 Sep 2011, 20:08

EN GUERRE

Passé maintenant dans la clandestinité, le collectif artistique politisé et récompensé d’un prix, Voïna, prépare un nouveau coup.

Par Sergeï Tchernov
The St. Petersburg Times
Publié le 27 juillet 2011

La pression de l’État sur le collectif artistique radical Voïna - célèbre pour ses coups spectaculaires tournant les autorités et la police russes en dérision - s’est accrue ces derniers jours, malgré la large reconnaissance acquise par le groupe après qu’il a remporté un important prix artistique subventionné par l’État, des invitations pour des évènements artistiques internationaux de haute volée et malgré l’attention qu’il a attiré dans le monde entier.

Le Groupe Voïna dans les premiers jours suivant la libération d’Oleg Vorotnikov (au centre) et de Léonide Nicolaïev (à gauche).

À la fin de la semaine dernière, un tribunal local de Petersbourg a confisqué l’argent de la caution déposée pour la mise en liberté d’Oleg Vorotnikov, le chef de facto du groupe. L’argent (300 000 roubles, soit $10 800) avait été donné par l’artiste de rue britannique Banksy et provient du produit d’une vente spéciale d’impressions en soutien aux membres emprisonnés du groupe. Le tribunal a jugé que Vorotnikov devait être arrêté et placé en centre de détention préventive pour deux mois; il a également lancé un avis de recherche international. Un avis de recherche national [fédéral, N.d.T.] avait été lancé contre lui en mai.

Malgré les tentatives des officiels d’exclure Voïna de la liste des nominés, le Prix de l’Innovation leur a été décerné pour “La Bite prisonnière du FSB” - un immense dessin de pénis peint sur le pont Liteïny, à côté du quartier général local du Service Fédéral de Sécurité (FSB), en juin 2010. Les artistes, cependant, font l’objet d’une poursuite pénale pour un autre coup, “La Révolution de Palais”, qui aurait impliqué le retournement d’une voiture de police ou plus à Saint-Pétersbourg en septembre 2010.

D’après les artistes, l’action était une demande métaphorique de réforme du Ministère de l’Intérieur et d’arrêt de l’arbitraire policier.

En novembre 2010, Vorotnikov et Léonide Nicolaïev de Voïna ont été arrêtés dans un appartement de Moscou et conduits dans un fourgon, menottés et avec un sac plastic sur la tête, à Saint-Pétersbourg, où ils ont été inculpés de vandalisme criminel motivé par la haine envers un groupe social particulier (en l’occurrence, la police) et enfermés dans un centre de détention préventive durant 3 mois. L’infraction est passible d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans.

Après que Vorotnikov et Nicolaïev ont été libérés sous caution en février, le groupe a été activement impliqué dans le mouvement des droits civiques en aidant les prisonniers dont les condamnations ou les détentions préventives prolongées semblent être en rapport avec leur activisme politique.

Les artistes ont utilisé le reste de la donation de Banksy (4,5 millions de roubles, soit $160 735) pour aider un certain nombre de prisonniers politiques tels que Taïssia Ossipova, une femme de Smolensk, en Russie occidentale, qui a été inculpée pour possession de drogue. Ceux qui la soutiennent affirment que la police a placé la drogue qu’elle dit avoir trouvée dans son appartement durant une perquisition. Ossipova en est à son neuvième mois de détention provisoire malgré le dossier douteux monté par l’accusation, et bien qu’elle souffre de diabète et ait une petite fille.

Taïssia Ossipova, prisonnière politique, lors d’une audience de son procès.

Les organisations de défense des Droits de l’Homme voient sa détention comme une tentative d’arrêter l’activité politique de son mari, Sergueï Fomtchékov, un militant du parti d’opposition L’Autre Russie.

Les membres de Voïna ont également fait une session photographique avec Catrina, la petite fille d’Ossipova âgée de cinq ans, pour attirer l’attention du public sur son cas. Ils ont envoyé différentes sommes de la donation de Banksy pour aider d’autres activistes emprisonnés, dont l’antifasciste de Pétersbourg Rinat Soultanov, qui a été condamné à deux ans de prison en avril pour le rôle qu’il aurait eu dans une bagarre de rue avec des néo-nazis en novembre 2008.

Photo: Vladimir Téléguine.
Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov en compagnie de Catrina et de Casper.

Plus tôt ce mois-ci, Voïna a donné 400 000 roubles ($14 400), la totalité de la somme du Prix de l’Innovation, à l’Association de Défense des Droits de l’Homme Agora, une organisation basée à Moscou dont les juristes ont fournit au groupe et à d’autres activistes une assistance juridique.

Une nouvelle affaire pénale a été ouverte contre Vorotnikov en avril après que lui et sa femme, la membre de Voïna Natalia “Kozlionok” Sokol, ont été arrêtés au cours du rassemblement de l’opposition le 31 mars. Il risque jusqu’à cinq ans de prison pour de supposés trouble à l’ordre public, violence contre un officier de police et insulte à un officier de police.

Plus tôt ce mois-ci, Sokol a également été nommée comme suspecte dans l’affaire. Les enquêteurs affirment qu’elle a insulté un officier de police, une infraction passible d’une condamnation pouvant aller jusqu’à un an de travaux correctionnels. Vorotnikov et Sokol ont un fils âgé de deux ans, Casper.

Photo: Vladimir Téléguine.
Koza (Natalia Sokol) en compagnie de son fils Casper et de Catrina.

Malgré ces persécutions, Vorotnikov - qui est maintenant dans la clandestinité - a déclaré dans une récente interview exclusive au St. Petersburg Times qu’à travers ses pratiques clandestines, Voïna a aidé l’art à rester en vie et l’a ramené sous les projecteurs.

Après avoir gagné le Prix de l’Innovation, Voïna a été vertement critiquée par une partie des médias et du public. Quelle est votre réaction?

Je n’attends pas de sympathie envers notre art de la part de qui que ce soit. Et je suis toujours surpris quand des gens disent qu’ils aiment Voïna. Alors j’observe plus attentivement ces gens. Presque tous vivent une vie difficile, et beaucoup ont de la peine, ont subi des pertes et des déboires dans leur passé. Les passions qui ont blessé ces gens! Mais ils sont toujours pleins d’espoir. Ce sont les personnes les plus intéressantes au monde. Ce sont leurs cicatrices et leurs défauts qui les rendent sympathiques. Je peux imaginer comment, pendant l’amour, ils touchent et embrassent les cicatrices sur le corps de l’autre. Il n’y a pas d’autre raison d’aimer quelqu’un dans cette vie. Casper a déjà des cicatrices infligées par les flics.

Le travail et les activités politiques de Voïna ont étonnament suscité des critiques de la part de gens qui se considèrent comme gauchistes.

Le fait est que Voïna dévoile certains caractères cachés et, disons, réactionnaires chez les gens. Je suis d’accord avec les observateurs qui ont remarqué que, comparés à Voïna, beaucoup de gauchistes ne sont pas des gauchistes du tout, mais plutôt des centristes, peut-être même des centristes inclinant à droite. Avant Voïna, ils étaient extrêmement gauchistes, des gauchistes radicaux, et puis soudainement il s’est avéré qu’ils n’étaient que des philistins. Il y a des gens qui vivent de subventions et écrivent des articles, et qui imitent le véritable travail de protestation par ce genre d’activités. C’est ainsi qu’avec l’émergence de Voïna, ils ont tout à coup quitté l’aile gauche pour la réaction.

Oui, nous combattons le régime, parce que les autorités qui existent sont philistines et bornées de la même façon. Tout leur idéal se résume à un hélicoptère et une villa. Ensuite ils craquent pour deux hélicoptères et quatre villas. Et ça suffit: ils ne vont pas plus loin; leurs ambitions ne s’élèvent pas plus haut. Dans ce sens, nous sommes contre les philistins. Les philistins sont nos ennemis. Le régime est seulement un problème particulier de notre guerre [“voina” en Russe, N.d.T.].

Ainsi les philistins ont pris les armes contre nous: ils ont vu que nous étions contre eux. Il y a beaucoup de philistins: toute la société est devenue philistine; la société est devenue presque entièrement philistine. En ce sens, notre combat est plutôt idéaliste. Parce que chacun le voit comme une attaque contre lui-même, un combat contre l’aspect comfortable de sa vie.

Les critiques semblent particulièrement agacées par le fait que vous emmenez Casper à vos coups et à vos manifestations de protestation.

Ils sont devenus aussi histériques à propos de Casper parce que c’est un affront à l’aspect comfortable de leur vie. Ils ont l’habitude de donner leurs enfants à quelqu’un d’autre et de sortir pour gagner de l’argent. Pour Koza (Sokol) et Casper, ça a été un choc quand ils ont été séparés par les flics pendant plus de vingt-quatre heures: ils n’avaient jamais été séparés si longtemps.

Koza (Natalia Sokol) avec Casper.

Mais le plublic proteste. Ils disent: “S’ils sont tout le temps ensemble, alors de quoi vivent ils? Ça veut dire qu’ils ne sont pas pauvres. Ça veut dire que ce sont des gens aisés ou des Bohémiens.”

Ils ne peuvent même pas imaginer une situation différente. Que nous restons ensemble non pas parce que nous avons beaucoup d’argent, mais pour une raison différente, idéologique. Notre vie est donc basée là-dessus. Nous sommes avec Casper [tout le temps], et donc Casper nous fait nous plier à sa vie.

Maintenant, beaucoup de gens ont commencé à comprendre que notre guerre est sans fin, qu’elle est plus vaste qu’une simple guerre contre un régime de gangsters, criminel et absurde. C’est davantage une guerre contre une attitude anormale envers la vie.

Le fait que le prix, financé par le Ministère de la Culture, ait été attribué à la “Bite prisonnière du FSB” a choqué et contrarié beaucoup de gens.

Tout le monde est devenu histérique. Comment cela se peut-il? Une sale bite a remporté un prix! C’était une sorte d’insulte envers eux, envers leurs sensibilités très délicates de petits-bourgeois.

C’est merveilleux que ça se soit produit, vraiment. C’est une véritable claque dans la figure du goût public! La blague a été jouée jusqu’au bout: elle n’est pas restée au niveau de manifestes marginaux ou d’expositions clandestines - bien que nous soyons contre l’officialité, évidemment.

La blague c’est qu’ils [le public] n’avaient pas vu la Bite avant [qu’elle remporte le prix]. Ils pouvaient s’autoriser à fermer les yeux sur elle, parce qu’elle n’était pas approuvée au sommet.

Mais maintenant, c’est comme si des allumettes avaient été coincées dans leurs yeux et qu’ils ne pouvaient simplement plus les fermer. Dans la forme du prix, de la statuette, la Bite est toujours devant eux. Ils ne peuvent pas s’empêcher de la voir, même s’ils en seraient contents. Ça les rend fous.

Je pense que l’art est également didactique et que l’éducation fait partie de ses objectifs. En combattant les autorités, nous éduquons aussi le peuple. Tout ça est très russe.

Pouvez-vous expliquer votre méthode de travail illégal?

C’est très important de travailler en dehors des institutions. Ils essaient maintenant de rassembler l’art dans les institutions, et beaucoup de gauchistes comme [l’artiste Anatoli] Osmolovski s’en félicitent. Ils pensent simplement que le principal problème de l’art contemporain russe, c’est le fait que nous ne soyons pas éduqués, que nous n’ayons pas de programme universitaire en art [contemporain].

Mais nous montrons que c’est le contraire en l’occurrence: que notre salut réside exactement dans le fait que nous n’avons pas ces études universitaires. Que nous sommes isolés, et non assujettis, que nous ne marchons pas à la baguette comme des vaches ou des veaux. Si nous étions surveillés, nous ne serions pas capables d’accomplir nos actions comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Nous ferions quelque chose de pathétique, de “créatif” dans le pire sens de ce mot. C’est pourquoi l’art doit s’efforcer autant qu’il le peut de rester indépendant - même si c’est mauvais pour votre santé, même si ça peut se terminer par un emprisonnement. Bien que ça puisse être dangereux pour les individus, c’est le seul moyen pour l’art de survivre.

Les autorités ont commencé à persécuter les artistes déjà à l’époque d’Eltsine, n’est-ce pas?

Formellement, c’est vrai. Ils ont commencé à persécuter Avdeï [Ter-Oganian] pour avoir découpé des icônes à la hache en 1998. Mais maintenant je pense que nous avons reconquis beaucoup d’espace, parce que l’art contemporain - en partie grâce à nous - fait les gros titres. Avant ça, les gros titres venaient de la vie politique, de la vie publique, de la guerre, des déclarations du premier ministre et peut-être des sports.

Ci-contre: l’artiste Avdeï Ter-Oganian découpe une reproduction d’icône traditionnelle orthodoxe à la hache pour protester contre le pouvoir de l’Église et le sort fait aux athées en Russie, 1998.

Mais maintenant l’art est sur un pied d’égalité. Si tu regardes les gros titres, l’art fait la une [autant que n’importe quel autre sujet]. Je ne pense pas qu’il y ait eu quelque chose de tel depuis Léon Tolstoï et Soljénitsyne. Ça faisait longtemps que l’art n’avait pas fait la une. C’est une grande réussite.

Vos coups artistiques semblent être intimement liés à une ville spécifique.

Oui, nos actions sont toujours liées à un endroit concret. Ce serait faux de dire qu’elles sont universelles, qu’elles pourraient être transposées dans n’importe quelle ville et réalisées là-bas. Au contraire, nous arrivons à un endroit et nous regardons autour de nous.

Nos actions de Moscou étaient très moscovites, comme “Un flic en soutane”, au cours de laquelle je me suis déguisé en “prêtre flic” et j’ai volé à l’étalage dans un supermarché de luxe. Il n’y a tout simplement pas ce genre de magasins à Saint-Pétersbourg, ceux qui sont follement huppés. Donc j’ai été dans un de ces supermarchés incroyablement chics et je l’ai volé à l’étalage. C’était une chose très moscovite.

La Bite prisonnière du FSB” ou “La Révolution de Palais” auraient difficilement pu avoir lieu à Moscou.

Quand nous sommes en train [de planifier nos actions], nous marchons dans Saint-Pétersbourg en pensant: “Ceci on peut le faire ici, et ça on peut le faire là.” Disons que l’installation en face du Musée Russe (“La Révolution de Palais”) n’était pas accidentelle. C’est très important qu’elle ait été juste en face de l’entrée.

Peu de gens ont remarqué qu’artistiquement, il est important que nous montrions que la principale œuvre d’art n’est pas à l’intérieur du musée, mais à l’extérieur, près de l’entrée. C’est très important vous voyez? Ça a aussi été décidé juste sur place.

Je peux difficilement imaginer quel genre d’actions je ferais à Londres. Une chose amusante nous est arrivée une fois. Nous avions une exposition à Zagreb. Nous sommes arrivés là-bas et [les organisateurs] nous ont accueillis à bras ouverts. Ils ont dit: “C’est super que vous soyez venu en groupe. Nous avons déjà convenu avec la mairie que vous pouviez faire tout ce que vos cœurs désirent ici.” Nous avons dépondu: “Merde! Vous nous avez volé l’occasion de faire une action ici.”

Mais ensuite je me suis baladé et je me suis rendu compte que même s’ils ne nous avaient pas privés de cette occasion en concluant un accord avec la mairie, nous aurions quand même été hors contexte là-bas.

C’est une vie totalement différente. Nos actions ne peuvent pas être transposées [dans d’autres villes] parce qu’elles sont spécifiques. Les actions de Pétersbourg sont très pétersbourgeoises. Les actions de Moscou sont très moscovites. La localisation est un facteur important.

Est-ce que la forme radicale que revêt votre art à quelque chose à voir avec l’anormalité de la situation politique actuelle dans ce pays?

C’est comme ça qu’ils voient notre travail à l’Ouest. Nous recevons des lettres d’universités américaines (des étudiants et des enseignants) tout le temps. Il nous informent qu’ils sont en train d’écrire un mémoire de licence sur notre travail, qu’ils ont trouvé très intéressant. Ensuite ils nous disent comment ils interprètent nos actions: la situation anormale en Russie enlève aux gens la possibilité d’influencer les évènements en utilisant des méthodes de contestation habituelles comme des grèves, dont le but est d’identifier directement un problème et d’insister pour qu’il soit résolu immédiatement. Mais celles-ci ne fonctionnent pas, et donc ces étudiants américains pensent que la nécessité de cette forme de protestation inhabituelle nous a été imposée. C’est une vision intéressante, mais ce n’est qu’un aspect du problème, et quelque peu superficiel à mon avis. C’est plutôt un point de vue journalistique.

Si on examine plus profondément, je pense que nos actions sont enracinées dans la culture russe. Les Russes sont comme nos actions. Les Russes sont précisément ce genre de gens avec une pointe de folie.

Photo: Alexeï Plutser-Sarno.
Lionya Ebnouty (Léo le Taré), notre président, entrant en collision avec la voiture d’un officiel sous les murs du Kremlin.

Votre travail a été décrit comme du “véritable art populaire russe”. Vous êtes d’accord?

C’est probablement vrai. Nous essayons de parler au nom du peuple.

Article original en Anglais

Tags: Bite prisonnière du FSB Koza Oleg Vorotnikov Révolution de Palais Voïna Voïna dans les médias affaire pénale Casper Nenagliadni Lionya Ebnouty Léonide Nicolaïev Vor Natalia Sokol 
03 Sep 2011, 4:29

Le 30 avril 2011, la Cour Européenne des Droits de l’Homme avait accepté d’examiner la plainte de Léonide Nicolaïev. Le juriste de l’association interrégionale de défense des Droits de l’Homme AGORA, Dmitri Dinzé, qui défend les intérêts du groupe Voïna, vient de faire savoir que la CEDH a accepté de même la plainte d’Oleg Vorotnikov, le 31 août 2011. La plainte de Léonide Nicolaïev a été enregistrée sous le numéro unique 21051/11 et celle d’Oleg Vorotnikov sous le numéro unique 48502/11.

Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov peu après leur libération sous caution, début mars 2011, à une conférence de presse.


La Cour Européenne des Droits de l’Homme a enregistré la plainte de Léonide Nicolaïev

La plainte de Léonide Nicolaïev, qu’il a envoyée en février alors qu’il se trouvait à la maison d’arrêt [“isolateur d’instruction”], a passé la procédure d’enregistrement à la Cour Européenne des Droits de l’Homme et le numéro unique 21051/11 a été attribué au dossier. L’avocat Dmitri Dinzé qui, à l’initiative de l’Association Interrégionale des défenseurs des droits de l’Homme « AGORA », représente les intérêts de Léonide Nicolaïev, a reçu la lettre correspondante de Strasbourg.

Dans sa plainte, l’activiste civique déclare que la Russie a violé son droit à la liberté et à la sûreté (article 5 de la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales).

Les activistes du collectif artistique « Voïna » Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov ont été arrêtés le 15 novembre 2010 après l’action « Révolution de Palais », au cours de laquelle quelques voitures portant les insignes de la milice ont été retournées.

Dans sa plainte, Léonide Nicolaïev informe la Cour des violences illégales dont il a été victime en rapport avec les mesures de coercition exercées contre lui lors de la prise de corps, de la prolongation illégale de sa détention et de la violation de son droit à un examen à bref délai de la légalité de sa détention par un juge. Au cours des trois mois de détention de Nicolaïev, la légalité des mesures de coercition exercées contre lui n’ont pas été examinées par une instance de recours. La Cour européenne considère dans sa jurisprudence qu’un tel examen doit être accompli dans un délai d’un mois à compter de l’arrestation.

Dans sa plainte, Léonide Nicolaïev attire l’attention de la Cour européenne sur le fait que l’arrestation constitue une mesure de coercition exceptionnelle, employée contre une personne lorsqu’il y a des raisons sérieuses de soupçonner qu’elle a commis un crime, lorsqu’il y a des preuves qu’elle pourrait se soustraire à la justice ou bien entraver l’instruction. Nicolaïev n’a pas fait de déclaration d’aveux, faisant valoir l’article 51 de la Constitution (droit de ne pas témoigner contre soi-même), le tribunal n’avait pas de motifs suffisant de suspecter Nicolaïev de vandalisme, et l’instruction n’a pas pu faire la preuve qu’en cas de mise en liberté, l’activiste civique pourrait s’enfuir ou exercer une pression sur les témoins. De fait, l’instruction a conclu à la prétendue implication de Nicolaïev dans le délit sur la base d’informations issues de « Wikipédia » et de blogs. Il n’y a pas un seul témoin qui aurait désigné Nicolaïev comme participant à l’action « Révolution de Palais », sur les enregistrements vidéo diffusés sur internet, il apparaît même que les voitures ont été retournées par plus de deux personnes, qui portaient des capuches masquant leur visage, et qu’il est impossible de les indentifier.

La réponse de la Cour européenne des Droits de l’Homme à la plainte de Léonide Nicolaïev en Russe :

L’argumentaire d’Oleg Vorotnikov dans sa plainte est similaire à celui de Léonide Nicolaïev puisqu’il avait été arrêté en même temps que lui par les agents du Centre E et également accusé d’avoir participé à l’action “La Révolution de Palais”. (Voir le communiqué d’AGORA en Russe.)

La réponse de la CEDH à la plainte d’Oleg Vorotnikov en Russe:

On sait depuis le 29 août que l’expertise réalisée à l’initiative de l’instruction dans l’affaire de la “Révolution de Palais” n’a pas reconnu que les agents de la milice constituaient un groupe social (Nicolaïev et Vorotnikov sont accusés de vandalisme motivé par la haine et l’animosité envers un groupe social). En vertu de quoi l’avocat Dmitri Dinzé a déposé une demande d’abandon des poursuites pénales engagées contre Léonide Nicolaïev.

Les avocats de Voïna Igor Riabtchikov et Dmitri Dinzé à la même conférence de presse.

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01 Sep 2011, 2:40

Lionya Ebnouty à propos des actes de l’instruction le 29 août:

Aujourd’hui, Roud était très triste, il s’est efforcé de meubler. Aucun désir d’actes terroristes ou autres.

L’instructeur Roud.

L’expertise sociologique, réalisée sur son ordre, a établi que les agents de la milice ne constituent pas un groupe social - ni grand ni petit.

Ça signifie que maintenant, les flics ne peuvent plus traiter la Révolution de Palais [action de Voïna au cours de laquelle plusieurs voitures de police furent retournées à Saint-Pétersbourg, N.d.T.] en se basant sur l’article 213 du Code pénal. Puisque l’article 213 nécessite ou bien l’emploi d’une arme (ou d’un objet utilisé comme tel), ou bien un mobile social [la haine envers un groupe social déterminé, N.d.T.], et il a été rejeté par l’expertise - en plus l’expertise réalisée par décision de l’instruction.

Commentaire de Dinzé: « Une seule et unique question était placée devant les experts, le docteur en sciences sociologiques Valéri Grigoriévitch Zaroubine et la candidate en sciences sociologiques Natalia Viktorovnaïa Némirova du département de sociologie appliquée et du laboratoire sociologique de l’Université Pédagogique d’Etat Russe Herzen: les agents de la milice constituent-ils un groupe social ?

De fait, les experts ont réalisé un travail complet et détaillé, d’après les résultats duquel découlent les conclusions suivantes: 1. La milice dans son ensemble ne constitue pas un groupe social. 2 Les agents de la milice ne constituent pas un groupe social - ni large, ni réel, ni nominal. 3. Les agents de la milice contre lesquels ont été commis des actes illégaux, désignés dans le dossier de l’affaire pénale, ne constituaient pas un petit groupe social au moment où les infractions ont été commises (Sur quoi Lionya a plaisanté: oui, à ce moment donné ils n’étaient simplement pas organisés comme un groupe criminel). Ces conclusions ont été tirées du fait que les agents de la milice ne se connaissaient pas entre eux, n’avaient pas de liens communs (petit groupe social de 2 à 15 personnes). Comme moi et avant moi, les experts ont analysé les actes législatifs et les recherches sociologiques. »

À propos des résultats de l’expertise précédente, également effectuée sur décision de l’instruction, on nous a mis au courant moi et Oleg le 30 mars. C’était une expertise de physionomie. Mais ses résultats se sont révélés à notre avantage. Les experts-physionomistes n’ont reconnu ni moi-même ni Oleg dans la documentation réunie par l’instruction. L’instruction n’a absolument aucune preuve dans l’affaire. C’est ce qu’avait déjà estimé le tribunal de la ville avant l’annonce le 2 mars de cette année de la décision d’annuler la prolongation de ma détention (annulée le 14 janvier par le tribunal du district Moskovsky), en raison du fait que l’instruction n’a pas été capable de fournir la moindre preuve de notre participation au délit dont on nous accuse, et aussi à cause du fait que l’instruction avait pris déjà vers mars un caractère prolongé et au fond ne fonctionnait pas depuis novembre 2010, c’est-à-dire depuis la date de l’arrestation. Étant donné que les instructeurs étaient pleinement satisfaits de notre emprisonnement. Ce qui une fois de plus montre que et la MOB [Milice de la sécurité civile], et le GSOu [Direction Principale de l’Instruction], et le Comité d’Instruction, et le Centre « E » ont intérêt à ce qu’on nous jette en prison et non à ce qu’on instruise l’affaire. Par la décision d’annuler la prolongation de ma détention du 2 mars, l’arrestation elle-même, sa légalité et son bien-fondé ont été mis en doute. Pourtant l’instruction, sous le commandement du capitaine enquêteur A. B. Borodavkine de la 5ème division de la MOB de la Direction Principale des Affaires Intérieures, s’est présentée le 17 novembre 2010 devant le tribunal en réclamant notre détention, en ayant en main la même absence preuves que maintenant. La décision de notre placement en détention a été prise au tribunal du district de Dzerjinski par la scandaleuse juge O. O. Andreïeva, connue parmi les avocats comme une juge « flic » et « pédophile ». Telle est la situation.

Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov

Le reclassement de l’affaire pénale comme infraction désignée par l’article 167 du Code pénal par le Comité d’Instruction ne fonctionne pas non plus, puisque le coût du préjudice causé à la structure du MVD [Ministère des Affaires intérieures], divisé par le nombre de participants, représente moins de 20 000 roubles [environ 480€, N.d.T.], et ne constitue donc pas une infraction pénale.

Concernant l’affaire du 31 mars, qui est lié à dessein avec l’affaire de la Révolution de Palais: on a appris par l’expertise auto de la « gazelle » des flics [petit fourgon cellulaire dans lequel les flics avaient placé Natalia Sokol et Léonide Nicolaïev, N.d.T.] qu’Oleg aurait prétendument endommagée le 31 mars, qu’ils avaient envoyé un flic et avaient photographié une fosse sur le capot et des éraflures, et aussi le clivage du côté extérieur du rétroviseur, et avaient péniblement évalué le préjudice à 8 mille roubles [environ 190€, N.d.T.]. En plus ils se sont efforcés de prendre en compte le vieillissement des pièces de l’automobile dans une formulation sophistiquée.

On m’a montré l’expertise médicale sur les traumatismes d’Oleg, établie le 1er avril. Comme Oleg n’a pas été conduit à l’expertise médicale, puisqu’il s’était prétendument caché, l’expert a travaillé uniquement sur la base de la fiche des traumatismes établie an centre de traumatologie. L’expert a certifié que sur la base de cette fiche, il est possible de tirer la conclusion qu’Oleg a reçu pas moins de 6 coups glissants infligés avec un objet contondant (très ressemblants à un coup contre le mur). L’expert a jugé les traumatismes bénins pour la santé de la personne.

Il ressort que les « petites voitures » de la Révolution de Palais, c’était du vandalisme simple relevant du Code des contraventions administratives, mais pour recourir au Code administratif, le délai de prescription est déjà passé.

En raison de ces nouvelles, nous avons présenté aujourd’hui avec Dinzé une demande d’abandon des poursuites pénales!

À la fin du déroulement de l’interrogatoire, Dinzé s’est vanté devant Roud du fait que Koza a gagné ses deux affaires administratives en rapport avec le 31 mars. Sur quoi Roud a dit: “Eh bien c’est que là-bas (au Balakovo de l’oblast de Saratov) le tribunal n’était pas au point”. Roud a dit qu’il avait lancé un avis de recherche au niveau de la ville contre Koza, mais il a ensuite précisé que local voulait dire fédéral. Il a aussi essayé d’arracher à Dinzé où Koza se trouvait, à quoi l’avocat de Voïna a répondu qu’il n’avait de contact permanent qu’avec Nicolaïev.

Maintenant prenez garde anarchistes! Durant l’interrogatoire, j’ai remarqué, posé sur la table près de Roud, une liste d’appels et de sms avec le numéro de téléphone +7 951 023 1393. Cette liste, chez Roud, est actuellement exploitée. L’instructeur Roud, sous un pseudonyme, s’occupe de tous les contacts de ce numéro, et convoque par téléphone à l’interrogatoire tous ceux qui ont reçu un appel ou un sms de ce numéro le 1er mai 2011.

Sur la liste d’appels il y avait des colonnes: la durée précise en secondes ; l’énumération de tous les appels entrants et sortants du numéro, en plus le numéro des abonnés qui ont mis la fonction “numéro caché” est même déchiffrée ; en cas d’envoi de sms, il y a des données sur tous les numéros auxquels ont été envoyés le sms ; et aussi pour chaque appel et sms, il y a une colonne dans laquelle figure l’IMEI [Identité Internationale d’Équipement Mobile] du terminal téléphonique dans lequel à ce moment-là se trouvait la carte SIM avec le numéro. Tirez-en vos conclusions.

Déclaration commune avec AGORA. Auteur: Dmitri Kolbassine.

http://www.openinform.ru/news/pursuit/30.08.2011/25542

Léonide Nicolaïev à la manifestation de Stratégie-31, au Gostiny Dvor, Saint-Pétersourg, le 31 août 2011.

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21 Aoû 2011, 20:00

En août 2011, pour l’anniversaire d’Oleg Vorotnikov, Bansky a réalisé une vidéo sur le Groupe Voïna dans le cadre de son émission The Antics Roadshow sur Channel 4. Les actions “la Révolution de Palais” et “la Bite prisonnière du FSB” y sont représentées.

Tags: Banksy Bite prisonnière du FSB Oleg Vorotnikov Révolution de Palais The Antics Roadshow Vor 
22 Juil 2011, 18:58

MILITANTS | Un mandat d’arrêt international a été émis en Russie à l’encontre d’Oleg Vorotnikov, leader du groupe d’art contestataire Voïna (la guerre) connu pour avoir dressé un phallus géant face au siège des services secrets russes à Saint-Pétersbourg.

AFP | 22.07.2011 | 12:11

Un mandat d’arrêt international a été émis en Russie à l’encontre d’Oleg Vorotnikov, leader du groupe d’art contestataire Voïna (la guerre) connu pour avoir dressé un phallus géant face au siège du FSB à Saint-Pétersbourg, a-t-on appris vendredi.

“Le tribunal Dzerjinski a décidé l’arrestation d’Oleg Vorotnikov, libéré en février dernier sous caution et qui se trouve sous le coup d’un mandat d’arrêt international”, a indiqué ce tribunal de Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

Le tribunal a pris cette décision parce que M. Vorotnikov “ignore les convocations et que le lieu où il se trouve est inconnu”, selon la même source.
Oleg Vorotnikov, 32 ans, et un autre militant de Voïna, Léonid Nikolaïev, 27 ans, ont passé trois mois dans une prison de Saint-Pétersbourg après leur dernière action baptisée “Le coup du palais”, en septembre dernier.

Les membres de Voïna avaient alors renversé une nuit trois voitures de police en plein centre de l’ancienne capitale impériale russe, près du palais Mikhaïlovski, et placé les images sur l’internet, pour protester contre l’arbitraire et la corruption des forces de l’ordre.
Ils ont été remis en liberté après versement d’une caution de 300.000 roubles (7.500 euros), une somme versée pour eux par une figure célèbre de l’art de la rue, le Britannique Banksy.

Ils risquent sept ans de détention pour “hooliganisme”.
L’été dernier, le groupe avait dessiné un phallus d’une soixantaine de mètres sur le pont Liteïni de Saint-Pétersbourg, qui se lève la nuit pour laisser passer les navires, en plein centre de l’ex-capitale impériale russe.

Le pont relevé, l’énorme dessin se dressait juste en face du siège local du FSB.
Cette action, intitulée en russe “La bite prisonnière du FSB”, avait contre toute attente obtenu le prix “Innovation-2011” dans le domaine de l’art moderne visuel, patronné par le ministère russe de la Culture.

http://www.24heures.ch/actu/monde/mandat-arret-contre-auteur-phallus-prisonnier-russie-2011-07-22

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