02 Oct 2011, 2:30

Rinat Soultanov

L’activiste antifasciste Rinat Soultanov, client de Dmitri Dinzé, avocat de l’Association interrégionale des défenseurs « Agora », a été transféré de l’isolateur d’instruction [centre de détention provisoire] « Lebediovka » vers le lieu d’accomplissement de sa peine dans l’oblast de Sverdlovsk de la circonscription fédérale de l’Oural, dans la colonie pénitentiaire n°53, dans la ville de Privokzalni, avec la participation active et les services d’un agent du Centre “E” (Bureau de recherches opérationnel de la Direction principale du Ministère des Affaires intérieures de la Circonscription Fédérale du Nord-Ouest) connu pour ses actes illégaux, Vassili Ionovitch Trifan. Il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que Trifan manifeste justement une activité prodigieuse dans le domaine l’empoisonnement de la vie des antifascistes, des activistes sociaux et autres représentants des mouvements oppositionnels à Pétersbourg. C’est justement cet agent qui a chargé le détenu Rinat Soultanov, en l’enfermant dans l’isolateur d’instruction « Lebediovka » et en faisant tout son possible pour lui mettre une série d’affaires pénales sur le dos. Pourtant, aucune menace de l’inapproprié Trifan V. I. n’a pu forcer Soultanov à capituler et le transfèrement est sans doute pour le looser du Centre de lutte contre l’Extrémisme une manière de se venger.

Vassili Trifan, agent opérationnel du Centre “E” (de lutte contre l’extrémisme)

Je rappelle que Rinat a été condamné en avril de cette année, sur la base de l’article 111, pour participation à une bagarre avec des nazis en novembre 2008, après la « Marche Russe ». Le tribunal de Saint-Pétersbourg l’a condamné à 2 années de colonie à régime commun. Après le procès, l’administration de l’isolateur d’instruction « Lebediovka », où il était enfermé à ce moment-là, a proposé à Rinat de rester purger sa peine « à la rabotchka »1, dans le bloc économique. Rinat a accepté la proposition ; pourtant, le 7 juillet, après avoir attendu 3 mois dans sa cellule transitoire de l’isolateur d’instruction, il a contre toute attente été transféré à Ekaterinburg.

1. Section du travail dans un centre pénitentiaire. Les détenus ont la possibilité de choisir de purger leur peine à la « rabotchka ». Ils y jouissent de certains avantages, notamment le fait de vivre dans une baraque au lieu d’être enfermé dans une cellule. En échange, ils doivent travailler pour la prison. Ce sont surtout les détenus qui ont peur d’être transféré dans un camp ou une colonie pénitentiaire lointain, en territoire inconnu, qui choisissent cette option. N.d.T.

Extrait des commentaires de Dmitri Dinzé:

Le principal, ce sur quoi je veux attirer l’attention, c’est qu’on a donné à Rinat la possibilité de purger sa peine à la Lebediovka, à la rabotchka, ce que l’administration et les agents de l’isolateur d’instruction 4 ont toujours répété. Pourtant, après l’entrée en vigueur du verdict prononcé contre Rinat, on l’a tranféré, sans explication. Les geôliers l’ont embobiné avec des promesses de ne pas le transférer pour qu’en échange il ne porte pas plainte contre les opérationnels de la prison et l’échétchek [agent du Centre “E”] pour avoir constamment utilisé des moyens de pression contre lui. Il s’agit avant tout de la presse qui s’est mise du côté de l’opérationnel de la prison Brioukovkine, et de l’échek Trifan, ils ont constamment menacé Rinat, et quand ils ont compris que les menaces ne marchaient pas avec lui, ils ont décidé de le coffrer dans un pétouchatnik [littéralement: “cellule de tarlouzes”, c’est-à-dire une cellule où un détenu est violé par d’autres, N.d.T.] ou dans une baraque avec un fasciste (ce qui est à peu près du pareil au même). Brioukovkine a fait savoir à Rinat que par un crime de plus, les fascistes, sur les instructions des opérationnels, lui arracheraient les aveux nécessaires au Centre “E”. Mais Rinat, dans de telles circonstances, ne s’est pas laissé intimider et a signalé à l’opérationnel qu’ils étaient allé trop loin avec le chantage et les menaces, et a écrit une déclaration à la procurature concernant les opérationnels. Le Conseil Social près la Direction du Service Fédéral d’Application des Peines, en la personne d’Ella Poliakova, aide à résoudre la situation avec les opérationnels qui, ayant peur qu’on leur fasse de la publicité, ont laissé Rinat tranquille. En conséquence, les menaces ont cessé.

Mais à l’heure actuelle, nous avons ce que nous avons. Ils ont trompé Rinat en l’envoyant à pétaouchnok (Établissement Fédéral d’État, Colonie Pénitentiaire 53). Je ne pense pas que la colonie soit normale là-bas, elle est plutôt entièrement rouge², avec des kapos opérationnels rouges3. Tous les actes à l’encontre de Rinat sont des vengeances des opérationnels contre son refus de coopérer et sa fermeté. Du genre si vous vous comportez ainsi, alors après le verdict on vous fera mettre en prison et très loin.

2. En Russie les colonies pénitentiaires sont classées comme « rouges » et « noires ». Les « noires » sont les colonies des malfaiteurs, où les voleurs commandent. Les « rouges » sont les colonies des flics, que les flics contrôlent presque totalement. Dans la Russie contemporaine il ne reste presque plus de colonies noires. N. d. T.

3. Les kapos («activ» en Russe) sont les détenus qui acceptent de collaborer avec l’administration de la prison ou de la colonie pénitentiaire. Leur tâche est de moucharder et de passer à tabac d’autres détenus pour briser leur volonté. C’est une fonction méprisée en prison. Les opétationnels rouges sont des détenus subordonnés aux flics et employés par eux. N. d. T.

Les opétationnels pensent qu’ils lui ont créé des difficultés insurmontables, mais c’est que dalle, et là-bas Rinat ne sera pas seul, il aura du soutien et de l’aide. Bientôt il aura sa libération conditionelle, elle sera obtenue grâce au soutien juridique et à une surveillance méticuleuse de la marche du procès. L’important, c’est qu’ils ne lui infligent pas en plus par vengeance, comme à Platon Lebedev, toutes sortes de sanctions ridicules, du genre égarer ses fringues ou encore tout ce qui peut leur passer par la tête avec leur intelligence détraquée d’opérationnels, pour l’empêcher d’obtenir une libération anticipée.

Rappelons que la date prévue pour la libération de Rinat est le 4 novembre 2012.

Comme n’importe quel prisonnier, Rinat a grandement besoin de votre soutien et de votre attention!

Vous pouvez lui écrire à cette adresse:

624391, Свердловская область, г. Верхотурье, пос. Привокзальный,

ул.Свободы, д.22, ФКУ ИК-53, отряд No.7

Султанову Ринату Миндулличу.

RUSSIE

Tags: ACAB Centre E Dinzé Rinat Soultanov Trifan antifasciste prisonniers politiques 
13 Sep 2011, 20:53

Koza (Natalia Sokol) lors d’une excursion de Voïna à Lebediovka, prison de Saint-Pétersbourg où Oleg Vorotnikov et Léonide Nicolaïev ont été enfermés pendant plus de 3 mois.

1. Que s’est-il passé? Pourquoi a-t-on lancé un avis de recherche contre toi, bien qu’il semblerait que le tribunal t’a mis une amende et a clos le dossier il y a peu?

Il n’y a eu aucune amende, bien évidemment. Les deux affaires ont été résolues favorablement à cent pourcents, nos avocats en tout cas ne se seraient pas satisfaits d’amendes. Voïna a tout de même les meilleurs défenseurs de tout le pays. Deux de mes affaires administratives ont été conclues les 24 et 26 août, non pas parce qu’on m’a mis une amende, mais parce que nous avons gagné les deux affaires au tribunal. Voilà les détails.

Après les évènements du 31 mars, trois affaires ont été ouvertes contre moi: deux administratives et 1 pénale. Les affaires administratives sur la base de l’article 19.3 premier alinéa (insoummission et résistance à une sommation des agents de la police) et de l’article 20.2 (participation à un rassemblement illégal). Le 1er avril, je me suis carrément échappée du fourgon cellulaire en chemin vers le tribunal. Je me suis échappée pour retrouver Casper, je dois l’allaiter, c’est un nourrisson et il n’avais pas bu de lait depuis 24h. Après ça les flics ont manigancé pour que les audiences des procès aient lieu sans moi: sur les procès-verbaux ils ont sciemment omis d’écrire mon adresse, c’est pourquoi les convocations ne me sont pas parvenues, ils ne les ont envoyées nulle part. Le tribunal m’a condamné deux fois par contumace. Quand nous nous sommes aperçu de ça et que la duperie a été dévoilée, alors nous nous sommes attelés sérieusement à la tâche.

Mon avocat, le juriste d’AGORA Sergueï Pétriakov a déposé deux pourvois en cassation au tribunal de mon lieu de résidence. L’absence de fondement pour les deux chefs d’accusation était manifeste, puisque selon la Constitution de la Fédération de Russie, la tenue des rassemblements de l’opposition à la date du 31, dans la forme qu’ils revêtent tous, ne nécessite pas d’autorisation. Les rassemblements ont un caractère notificatif [jargon juridique russe pour dire qu’ils sont annoncés publiquement et donc que les autorités savent à l’avance qu’ils vont avoir lieu, où et quand, N.d.T.]. En cassation, le tribunal du district Balakovski de l’oblast de Saratov en est venu à la conclusion que mon droit à la défense avait été grossièrement violé et a arrêté la procédure à mon encontre sans possibilité pour les flics de faire appel de la décision. L’avocat de Voïna Dima Dinzé m’a également aidé dans ma défense, et je considère ça comme nos victoires civiques capitales. Si partout tous les activistes arrêtés et détenus après chaque date du 31 procédaient ainsi, alors toute l’opposition pourrait influer par ses efforts collectifs sur la situation. C’est pourquoi, oppositionnels, encore une fois lisez attentivement ce que je dis.

Maintenant mon amusante affaire pénale. C’est le groupe de huit instructeurs du Comité d’instruction de la Fédération de Russie qui s’occupent de toutes les affaires pénales contre Voïna qui l’a montée contre moi. On ne m’a pas arrêtée par hasard le 31 mars. L’opérationnel du Centre “E” Andreï Aléchine a donné l’ordre de m’arrêter. Il a lui-même pris part à la perquisition du 15 novembre dans l’appartement de Moscou où nous passions la nuit et où ont été arrêtés Oleg et Lionya. Alors qu’Aléchine avec son chef Omarov frappaient Oleg entravé par des menottes, couché au sol, ils lui ont mis des coups de pied dans les reins et dans la tête sous les yeux de notre fils Casper et de moi-même. Dans l’établissement de l’affaire pénale en question, comme dans tous les actes illégaux des agents du Centre “E” et des instructeurs du Comité d’instruction commis contre nous, leur hostilité personnelle envers le groupe Voïna et leur soif de vengeance sont manifestes, ils se voient dans leurs actes. Ils sont inadmissibles du point de vue du droit. On m’a inculpée sur la base de l’article 319 du code pénal de la Fédération de Russie pour outrage à un représentant du pouvoir, concrètement - c’est là que ça devient amusant - pour avoir arrosé des flics de pisse le 31 mars [les manifestants s’étaient munis de bouteilles remplies de leur urine comme seul moyen de défense, N.d.T.]. Et c’est pour ça qu’on a lancé un avis de recherche fédéral contre moi. C’est absolument exotique en Russie: lancer un avis de recherche à travers le pays sur la base de l’article 319, un chef d’accusation qui ne permet pas de peine d’emprisonnement, pour avoir arrosé un flic de pisse! C’est une exception russe semblable à la vodka, les poupées gigognes et le constructivisme. Alors je porte fièrement le label russe et au fond, en passant dans la clandestinité pour une telle affaire, j’accomplis une commande gouvernementale pour la régénération culturelle de la Russie! Je fait l’objet d’un avis de recherche en dépit du fait que ni moi ni mes avocats n’avons reçu ni de convocation, ni d’appel à l’interrogatoire, ni d’avis d’ouverture d’une enquête pénale. Ce qu’affirme Dinzé: « Le chef du groupe d’instruction du Comité d’instruction l’enquêteur Roud a dit que Koza est recherchée au niveau fédéral. Ce faisant il n’est pas clair qu’on se soit servi d’un motif pour ça: nous n’avons reçu aucun avis ni aucune convocation. »

Koza avec son fils Casper Nenagliadni et son mari Oleg Vorotnikov quelques jours après la libération sous caution de ce dernier et de Léonide Nicolaïev. Ils étudient la liste des membres du jury du prix de l’«Innovation».

2. Est-ce vrai qu’on t’as inculpée pour avoir arrosé un flic d’urine?

Oui, c’est l’affaire de la pisse. Je suis justement suspectée d’avoir aspergée les agents de l’OMON avec de l’urine. C’est pour ça qu’ils ont été offensés et qu’ils ont estimé que mes actes relevaient de l’article 319 du Code Pénal de la Fédération de Russie: l’instruction doit encore élucider ça, ce qui promet d’être intéressant.

3. Qu’est-ce qui a changé dans ta vie du fait que tu fais l’objet d’un avis de recherche fédéral ?

Rien. Les actions ont changé ma vie, pas les sifflements des vipères de la saloperie de flicaille. J’ai toujours mené le même mode de vie que maintenant. C’est-à-dire la sûreté dans ma vie quotidienne aujourd’hui comme auparavant. L’avis de recherche fédéral permet de transférer une personne à travers le pays dans le cas où il est en possession d’un pièce d’identité. Mais ça n’est pas mon cas. Lors de la perquisition du 15 novembre 2010, les échetchniks [agents du Centre “E”, N.d.T.] m’ont illégalement confisqué tous mes documents d’identité: mes passeports intérieur et international, ma carte d’assurance maladie, mon permis de conduire et mon carte d’employée physicienne du MGOu [Université d’Etat de Moscou]. De sorte que depuis déjà dix mois je vis absolument sans documents d’identité. En Russie où sans carte d’identité le soleil ne se lève même pas.

4. Est-ce que vous sortez dans la rue ou bien est-ce que vous terrez complètement dans votre planque?

Dans notre cas se planquer ne signifie pas ne pas sortir dans la rue. Nous avons tant travail que personne ne ferait sans nous. Maintenant la préparation bas son plein, on s’entraîne deux fois par jour. Ce sera un nouvel aspect de l’art russe: une action monstre. C’est pourquoi nous ne nous autorisons pas à nous reposer. La nouvelle Voïna est attendue, à laquelle le système, en particulier en la personne de son Centre “E”, n’est absolument pas préparé.

5. N’avez-vous pas de plans d’évasion quelque part à l’étranger pour échapper à toute cette folie?

Non. Notre but c’est d’éduquer les jeunes gens russes pour qu’ils deviennent courageux. On échappe à ça nulle part

Article original en Russe

Tags: Koza Natalia Sokol Voïna Voïna dans les médias Dinzé procès Pétriakov 31 mars Andreï Aléchine Centre E 
03 Sep 2011, 4:29

Le 30 avril 2011, la Cour Européenne des Droits de l’Homme avait accepté d’examiner la plainte de Léonide Nicolaïev. Le juriste de l’association interrégionale de défense des Droits de l’Homme AGORA, Dmitri Dinzé, qui défend les intérêts du groupe Voïna, vient de faire savoir que la CEDH a accepté de même la plainte d’Oleg Vorotnikov, le 31 août 2011. La plainte de Léonide Nicolaïev a été enregistrée sous le numéro unique 21051/11 et celle d’Oleg Vorotnikov sous le numéro unique 48502/11.

Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov peu après leur libération sous caution, début mars 2011, à une conférence de presse.


La Cour Européenne des Droits de l’Homme a enregistré la plainte de Léonide Nicolaïev

La plainte de Léonide Nicolaïev, qu’il a envoyée en février alors qu’il se trouvait à la maison d’arrêt [“isolateur d’instruction”], a passé la procédure d’enregistrement à la Cour Européenne des Droits de l’Homme et le numéro unique 21051/11 a été attribué au dossier. L’avocat Dmitri Dinzé qui, à l’initiative de l’Association Interrégionale des défenseurs des droits de l’Homme « AGORA », représente les intérêts de Léonide Nicolaïev, a reçu la lettre correspondante de Strasbourg.

Dans sa plainte, l’activiste civique déclare que la Russie a violé son droit à la liberté et à la sûreté (article 5 de la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales).

Les activistes du collectif artistique « Voïna » Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov ont été arrêtés le 15 novembre 2010 après l’action « Révolution de Palais », au cours de laquelle quelques voitures portant les insignes de la milice ont été retournées.

Dans sa plainte, Léonide Nicolaïev informe la Cour des violences illégales dont il a été victime en rapport avec les mesures de coercition exercées contre lui lors de la prise de corps, de la prolongation illégale de sa détention et de la violation de son droit à un examen à bref délai de la légalité de sa détention par un juge. Au cours des trois mois de détention de Nicolaïev, la légalité des mesures de coercition exercées contre lui n’ont pas été examinées par une instance de recours. La Cour européenne considère dans sa jurisprudence qu’un tel examen doit être accompli dans un délai d’un mois à compter de l’arrestation.

Dans sa plainte, Léonide Nicolaïev attire l’attention de la Cour européenne sur le fait que l’arrestation constitue une mesure de coercition exceptionnelle, employée contre une personne lorsqu’il y a des raisons sérieuses de soupçonner qu’elle a commis un crime, lorsqu’il y a des preuves qu’elle pourrait se soustraire à la justice ou bien entraver l’instruction. Nicolaïev n’a pas fait de déclaration d’aveux, faisant valoir l’article 51 de la Constitution (droit de ne pas témoigner contre soi-même), le tribunal n’avait pas de motifs suffisant de suspecter Nicolaïev de vandalisme, et l’instruction n’a pas pu faire la preuve qu’en cas de mise en liberté, l’activiste civique pourrait s’enfuir ou exercer une pression sur les témoins. De fait, l’instruction a conclu à la prétendue implication de Nicolaïev dans le délit sur la base d’informations issues de « Wikipédia » et de blogs. Il n’y a pas un seul témoin qui aurait désigné Nicolaïev comme participant à l’action « Révolution de Palais », sur les enregistrements vidéo diffusés sur internet, il apparaît même que les voitures ont été retournées par plus de deux personnes, qui portaient des capuches masquant leur visage, et qu’il est impossible de les indentifier.

La réponse de la Cour européenne des Droits de l’Homme à la plainte de Léonide Nicolaïev en Russe :

L’argumentaire d’Oleg Vorotnikov dans sa plainte est similaire à celui de Léonide Nicolaïev puisqu’il avait été arrêté en même temps que lui par les agents du Centre E et également accusé d’avoir participé à l’action “La Révolution de Palais”. (Voir le communiqué d’AGORA en Russe.)

La réponse de la CEDH à la plainte d’Oleg Vorotnikov en Russe:

On sait depuis le 29 août que l’expertise réalisée à l’initiative de l’instruction dans l’affaire de la “Révolution de Palais” n’a pas reconnu que les agents de la milice constituaient un groupe social (Nicolaïev et Vorotnikov sont accusés de vandalisme motivé par la haine et l’animosité envers un groupe social). En vertu de quoi l’avocat Dmitri Dinzé a déposé une demande d’abandon des poursuites pénales engagées contre Léonide Nicolaïev.

Les avocats de Voïna Igor Riabtchikov et Dmitri Dinzé à la même conférence de presse.

Tags: AGORA CEDH Centre E Dinzé Oleg Vorotnikov Révolution de Palais plainte Vor Lionya Ebnouty Léonide Nicolaïev 
01 Sep 2011, 2:40

Lionya Ebnouty à propos des actes de l’instruction le 29 août:

Aujourd’hui, Roud était très triste, il s’est efforcé de meubler. Aucun désir d’actes terroristes ou autres.

L’instructeur Roud.

L’expertise sociologique, réalisée sur son ordre, a établi que les agents de la milice ne constituent pas un groupe social - ni grand ni petit.

Ça signifie que maintenant, les flics ne peuvent plus traiter la Révolution de Palais [action de Voïna au cours de laquelle plusieurs voitures de police furent retournées à Saint-Pétersbourg, N.d.T.] en se basant sur l’article 213 du Code pénal. Puisque l’article 213 nécessite ou bien l’emploi d’une arme (ou d’un objet utilisé comme tel), ou bien un mobile social [la haine envers un groupe social déterminé, N.d.T.], et il a été rejeté par l’expertise - en plus l’expertise réalisée par décision de l’instruction.

Commentaire de Dinzé: « Une seule et unique question était placée devant les experts, le docteur en sciences sociologiques Valéri Grigoriévitch Zaroubine et la candidate en sciences sociologiques Natalia Viktorovnaïa Némirova du département de sociologie appliquée et du laboratoire sociologique de l’Université Pédagogique d’Etat Russe Herzen: les agents de la milice constituent-ils un groupe social ?

De fait, les experts ont réalisé un travail complet et détaillé, d’après les résultats duquel découlent les conclusions suivantes: 1. La milice dans son ensemble ne constitue pas un groupe social. 2 Les agents de la milice ne constituent pas un groupe social - ni large, ni réel, ni nominal. 3. Les agents de la milice contre lesquels ont été commis des actes illégaux, désignés dans le dossier de l’affaire pénale, ne constituaient pas un petit groupe social au moment où les infractions ont été commises (Sur quoi Lionya a plaisanté: oui, à ce moment donné ils n’étaient simplement pas organisés comme un groupe criminel). Ces conclusions ont été tirées du fait que les agents de la milice ne se connaissaient pas entre eux, n’avaient pas de liens communs (petit groupe social de 2 à 15 personnes). Comme moi et avant moi, les experts ont analysé les actes législatifs et les recherches sociologiques. »

À propos des résultats de l’expertise précédente, également effectuée sur décision de l’instruction, on nous a mis au courant moi et Oleg le 30 mars. C’était une expertise de physionomie. Mais ses résultats se sont révélés à notre avantage. Les experts-physionomistes n’ont reconnu ni moi-même ni Oleg dans la documentation réunie par l’instruction. L’instruction n’a absolument aucune preuve dans l’affaire. C’est ce qu’avait déjà estimé le tribunal de la ville avant l’annonce le 2 mars de cette année de la décision d’annuler la prolongation de ma détention (annulée le 14 janvier par le tribunal du district Moskovsky), en raison du fait que l’instruction n’a pas été capable de fournir la moindre preuve de notre participation au délit dont on nous accuse, et aussi à cause du fait que l’instruction avait pris déjà vers mars un caractère prolongé et au fond ne fonctionnait pas depuis novembre 2010, c’est-à-dire depuis la date de l’arrestation. Étant donné que les instructeurs étaient pleinement satisfaits de notre emprisonnement. Ce qui une fois de plus montre que et la MOB [Milice de la sécurité civile], et le GSOu [Direction Principale de l’Instruction], et le Comité d’Instruction, et le Centre « E » ont intérêt à ce qu’on nous jette en prison et non à ce qu’on instruise l’affaire. Par la décision d’annuler la prolongation de ma détention du 2 mars, l’arrestation elle-même, sa légalité et son bien-fondé ont été mis en doute. Pourtant l’instruction, sous le commandement du capitaine enquêteur A. B. Borodavkine de la 5ème division de la MOB de la Direction Principale des Affaires Intérieures, s’est présentée le 17 novembre 2010 devant le tribunal en réclamant notre détention, en ayant en main la même absence preuves que maintenant. La décision de notre placement en détention a été prise au tribunal du district de Dzerjinski par la scandaleuse juge O. O. Andreïeva, connue parmi les avocats comme une juge « flic » et « pédophile ». Telle est la situation.

Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov

Le reclassement de l’affaire pénale comme infraction désignée par l’article 167 du Code pénal par le Comité d’Instruction ne fonctionne pas non plus, puisque le coût du préjudice causé à la structure du MVD [Ministère des Affaires intérieures], divisé par le nombre de participants, représente moins de 20 000 roubles [environ 480€, N.d.T.], et ne constitue donc pas une infraction pénale.

Concernant l’affaire du 31 mars, qui est lié à dessein avec l’affaire de la Révolution de Palais: on a appris par l’expertise auto de la « gazelle » des flics [petit fourgon cellulaire dans lequel les flics avaient placé Natalia Sokol et Léonide Nicolaïev, N.d.T.] qu’Oleg aurait prétendument endommagée le 31 mars, qu’ils avaient envoyé un flic et avaient photographié une fosse sur le capot et des éraflures, et aussi le clivage du côté extérieur du rétroviseur, et avaient péniblement évalué le préjudice à 8 mille roubles [environ 190€, N.d.T.]. En plus ils se sont efforcés de prendre en compte le vieillissement des pièces de l’automobile dans une formulation sophistiquée.

On m’a montré l’expertise médicale sur les traumatismes d’Oleg, établie le 1er avril. Comme Oleg n’a pas été conduit à l’expertise médicale, puisqu’il s’était prétendument caché, l’expert a travaillé uniquement sur la base de la fiche des traumatismes établie an centre de traumatologie. L’expert a certifié que sur la base de cette fiche, il est possible de tirer la conclusion qu’Oleg a reçu pas moins de 6 coups glissants infligés avec un objet contondant (très ressemblants à un coup contre le mur). L’expert a jugé les traumatismes bénins pour la santé de la personne.

Il ressort que les « petites voitures » de la Révolution de Palais, c’était du vandalisme simple relevant du Code des contraventions administratives, mais pour recourir au Code administratif, le délai de prescription est déjà passé.

En raison de ces nouvelles, nous avons présenté aujourd’hui avec Dinzé une demande d’abandon des poursuites pénales!

À la fin du déroulement de l’interrogatoire, Dinzé s’est vanté devant Roud du fait que Koza a gagné ses deux affaires administratives en rapport avec le 31 mars. Sur quoi Roud a dit: “Eh bien c’est que là-bas (au Balakovo de l’oblast de Saratov) le tribunal n’était pas au point”. Roud a dit qu’il avait lancé un avis de recherche au niveau de la ville contre Koza, mais il a ensuite précisé que local voulait dire fédéral. Il a aussi essayé d’arracher à Dinzé où Koza se trouvait, à quoi l’avocat de Voïna a répondu qu’il n’avait de contact permanent qu’avec Nicolaïev.

Maintenant prenez garde anarchistes! Durant l’interrogatoire, j’ai remarqué, posé sur la table près de Roud, une liste d’appels et de sms avec le numéro de téléphone +7 951 023 1393. Cette liste, chez Roud, est actuellement exploitée. L’instructeur Roud, sous un pseudonyme, s’occupe de tous les contacts de ce numéro, et convoque par téléphone à l’interrogatoire tous ceux qui ont reçu un appel ou un sms de ce numéro le 1er mai 2011.

Sur la liste d’appels il y avait des colonnes: la durée précise en secondes ; l’énumération de tous les appels entrants et sortants du numéro, en plus le numéro des abonnés qui ont mis la fonction “numéro caché” est même déchiffrée ; en cas d’envoi de sms, il y a des données sur tous les numéros auxquels ont été envoyés le sms ; et aussi pour chaque appel et sms, il y a une colonne dans laquelle figure l’IMEI [Identité Internationale d’Équipement Mobile] du terminal téléphonique dans lequel à ce moment-là se trouvait la carte SIM avec le numéro. Tirez-en vos conclusions.

Déclaration commune avec AGORA. Auteur: Dmitri Kolbassine.

http://www.openinform.ru/news/pursuit/30.08.2011/25542

Léonide Nicolaïev à la manifestation de Stratégie-31, au Gostiny Dvor, Saint-Pétersourg, le 31 août 2011.

Tags: Centre E Comité d'instruction Dinzé Koza Oleg Vorotnikov Roud Révolution de Palais affaire pénale instruction Vor Natalia Sokol Lionya Ebnouty Léonide Nicolaïev 
15 Aoû 2011, 20:33

L’enquêteur D. V. Féditchev, qui poursuit le groupe Voïna, a confessé la tromperie et les faux officiels, en faisant parvenir au groupe Voïna ses dénonciations secrètes au Centre E. Nous publions ci-dessous la première de ces libelles.

Portrait de l’enquêteur pris de remords. Photo de Voïna.

Nous rappelons que le 16 avril 2011 Oleg Vorotnikov, Léonide Nicolaïev et Natalia Sokol se sont présentés chez l’enquêteur D. V. Féditchev pour interrogatoire dans le cadre de l’instruction.


L’enquêteur a donné aux avocats de Voïna sa parole d’honneur d’officier que Voïna serait seulement interrogée, qu’il s’agirait seulement d’une “vérification”, puisque Lionya et Oleg ont été mis en liberté sous caution par le juge et se rendaient régulièrement aux convocations de l’instruction, et que par conséquent il n’existait pas de motif légal pour les arrêter. Il a déclaré que:

1) il avait besoin de Vorotnikov uniquement pour qu’il donne ses témoignages ;

2) Féditchev lui-même ne savait rien de l’ouverture d’une nouvelle poursuite pénale contre Vorotnikov, dans le cadre de laquelle il aurait pu être arrêté ;

3) aux questions franches des avocats Dinzé et Riabtchikov il avait répondu qu’il ne s’apprêtait pas à arrêter Vorotnikov ;

4) il a menti à Natalia Sokol et à l’avocat Dinzé en disant qu’il ne savait rien à propos de Trifan et qu’il n’avait pas fait venir les agents du Centre E en leur envoyant des sms.



Dialogue entre l’enquêteur Féditchev et l’avocat Dinzé dans le cabinet de l’enquêteur. Fragment du phonogramme enregistré avec un dictaphone.

Féditchev: Je vous le dis de suite, il s’agit ici d’un dossier de vérification [il s’agit apparemment d’une instruction préliminaire à une éventuelle mise en examen, N.d.T.], ce n’est pas un interrogatoire.

Dinzé: Je n’ai qu’une seule question. Dites-moi, je vous prie, vous êtes sûrement au courant pour Vorotnikov, qu’une certaine affaire est parue sur internet.

Féditchev: <inaudible>

Dinzé: Donc j’écris « dossier de vérification »?

Féditchev: Oui. C’est dossier de vérification. Je dois prendre une décision légalement fondée sur l’ouverture de la poursuite pénale. Et Nicolaïev vient?

Dinzé: Oui, le voilà.

Féditchev: Je ne le connais pas du tout de vue. Et Vorotnikov aussi? J’ai aussi un dossier sur lui <inaudible>.

Dinzé: Je vous le demande, est-ce que vous auriez cette affaire?

Féditchev: Je n’ai pas d’affaire en cours d’instruction.

Dinzé: Je vais simplement vous montrer que ce n’est pas une affirmation sans preuve. Je vais sur internet tout de suite et je vous montre cet article. Je comprends que le traitement de l’affaire ne vous a peut-être pas été confié, mais vous pourriez vouloir prendre connaissance de cette information… À propos, Vymenets m’a envoyé une quantité de dépêches et de notifications… Pouvez-vous lui demander? Peut-être vous mettrez-vous en contact avec lui de quelque façon? Est-il possible que vous disposiez de telles informations? Si quelqu’un arrive et qu’on l’empoigne, ce n’est pas une très belle façon de procéder. J’aurais l’air de l’avoir attiré là-dedans. Vous comprenez n’est-ce pas? Pour moi ce n’est pas une option.

Féditchev (souriant malicieusement): Mais oui…

Dinzé: Si vous venez à apprendre… S’il y a une affaire, alors nous sommes prêts à venir pour l’affaire donner les explications et les dépositions, si c’est nécessaire, en rapport avec celle-ci.

Féditchev: Je n’ai pas d’affaire de cette sorte.

Dinzé: Je comprends.

Féditchev: Je vous explique: j’ai un dossier de mise en examen, premièrement, concernant Sokol et Nicolaïev et deuxièmement, la requête provenant de la Tchetviorka [prison dans laquelle ont été incarcérés Oleg Vorotnikov et Léonide Nicolaïev du 15 novembre 2010 au 24 février 2011, Oleg Vorotnikov avait déposé une plainte depuis la prison contre le traitement que leur ont fait subir les agents du Centre E lors de leur arrestation, N.d.T.] concernant Vorotnikov Oleg Vladimirovitch… Même deux dossiers: celui sur les actes illégaux des agents… je dois donc l’interroger. Et pour ce qui est du deuxième dossier, il s’agit de l’interroger sur les évènements du 31 mars.

Dinzé: C’est au sujet du 28ème commissariat?

Féditchev: Oui. C’est-à-dire que j’ai un dossier de vérification en rapport avec les agents.

Dinzé: Je ne m’attendais pas à ce que les enquêteurs de la procurature racontent des bobards.

Sokol: Qu’est-ce qu’il s’est passé?

Dinzé: L’enquêteur m’a promis qu’il y aurait un engagement à ne pas s’éloigner.

Sokol: Ils l’ont arrêté?

Dinzé: Non. Il est parti simplement. Trifan se trouve déjà en bas.

Féditchev: <inaudible>

Dinzé (se tournant vers l’enquêteur): Eh bien, vous m’avez donc menti, quand vous avez dit que vous lui donneriez un engagement à ne pas s’éloigner! Et il est parti.

Enquêteur: Pourquoi?

Dinzé: Parce qu’il a entendu votre conversation, et Trifan est déjà en bas.

Enquêteur: Quoi?

Dinzé: Trifan est déjà en bas.

Enquêteur: Quoi?

Dinzé: Vous voulez l’arrêter, n’est-ce pas?

Enquêteur: Attendez, je ne sais pas que Trifan est en bas.

Dinzé: Donc vous voulez l’arrêter maintenant?

Enquêteur: Pouquoi? J’ai besoin de lui pour conduire l’instruction.

Dinzé: Vous m’avez dit une chose et il s’est passé quelque chose de complètement différent.

Enquêteur: Je ne sais pas. Je vais voir tout de suite.

Féditchev (revenant): Non, il n’y a aucun Trifan là-bas.

Dinzé: Et vous dites encore que vous n’êtes dépendant de personne! Regardez dans les yeux la femme de Vorotnikov. Vous lui avez menti. Vous lui avez remis une convocation et menti de vous-même.

Ainsi, au lieu de la « vérification » promise, l’enquêteur a préparé une embuscade et a fait venir les agents du Centre E pour arrêter illégalement Oleg et Lionya, qui se trouvent en liberté par décision du tribunal. Et ensuite D. V. Féditchev a nié le fait d’avoir préparé une embuscade. Néanmoins à un moment donné l’enquêteur-unirussien [membre du parti de V. Poutine “Russie Unie”, N.d.T.] Daniil Vladimirovitch Féditchev a regretté les présents crimes et les a confessés, envoyant par ses aveux de mensonges, fraude et actes illégaux des documents uniques au Groupe Voïna.

Au chef du département d’enquête
près le District central
de la Direction principale de l’Instruction
du Comité d’instruction de la Fédération de Russie
de la ville de Saint-Pétersbourg

Au commandant de la Justice

Vymenets P. S.


RAPPORT

Par la présente je vous informe que moi, le 14.04.2011, au département d’enquête près le District central de la Direction principale de l’Instruction du Comité d’instruction de la Fédération de Russie de Saint-Pétersbourg, à l’adresse: n°44, Perspective Ligonski, au moyen d’une conversation téléphonique avec l’avocat Dinzé D. V., j’ai fait venir afin qu’ils donnent leurs explications Sokol N. V. Nicolaïev L. L., Vorotnikov O. V.. Le 16.04.2011 vers 14 heures 00 minutes l’avocat Dinzé D. V. m’a appelé et m’a fait savoir qu’« ils seront là dans une demi-heure ». Après cela j’ai fait un rapport au chef du département d’enquête et j’ai embauché l’agent opérationnel de l’ORB GOu MVD RF [Bureau Opérationnel des Recherches de la Direction Principale du Ministère des Affaires Intérieures de la Fédération de Russie, N.d.T.] du District Fédéral du Nord-Ouest, Trifan Vassili. Je l’ai informé des actes d’instruction planifiés et je me suis mis d’accord avec lui sur des signaux convenus, à savoir: si Sokol N. V. et Nicolaïev L. L. viennent, alors j’enverrai par SMS la notification « S et N », si Vorotnikov O. V. surgit, alors j’enverrai pas SMS la notification « Vorotnikov est chez moi ». J’ai également instruit l’agent opérationnel Trifan du fait qu’il était nécessaire qu’il se tiennent prêt à arrêter à tout moment Vorotnikov O. V. sur mon ordre, à savoir: « montez à l’étage ». A 14 heures 22 minutes l’avocat Dinzé D. V., Sokol N. V, Nicolaïev L. L. sont arrivés dans mon cabinet de travail 310. J’ai furtivement envoyé par SMS la notification convenue, après cela j’ai commencé à prendre la déposition de Sokol N. V. au sujet de dossier de vérification [il s’agit apparemment d’une instruction préliminaire à une éventuelle mise en examen, N.d.T.] N°390 sk-11. A environ 17 heures 15 minutes j’ai terminé de prendre la déposition, après quoi Sokol N. V. a achevé d’écrire ses observations [concernant le procès-verbal de l’interrogatoire établi par l’enquêteur, N.d.T.]. Je lui ai également remis la convocation à l’interrogatoire de Vorotnikov O. V. pour le 18.04.2011 à 20 heures 00 minutes. Après cela, à 17 heures 51 minutes j’ai commencé à prendre la déposition de Nicolaïev L. L. sur le dossier de vérification n°390 sk-11. A 19 heures 20 minutes j’ai écrit furtivement une notification par SMS à l’agent opérationnel Trifan sur le fait que je terminais de prendre la déposition de Nicolaïev L. L., auquel j’ai également remis une convocation à l’interrogatoire pour Vorotnikov O. V. le 19.04.2011 à 19 heures 00 minutes. Après sa déposition Nicolaïev L. L. a commencé à écrire ses observations s’y rapportant. A 20 heures 14 minutes l’avocat Dinzé D. V. et Vorotnikov O. V. sont entrés dans mon cabinet de travail 310. J’ai furtivement envoyé par SMS la notification « Vorotnikov est dans mon cabinet » au chef du département d’enquête et à l’agent opérationnel Trifan. A ce moment se trouvait dans mon cabinet Nicolaïev L. L., qui achevait d’écrire ses observations concernant sa déposition. J’ai reçu un appel entrant du chef du département d’enquête, je me suis éloigné vers la fenêtre, me trouvant dans le cabinet, pour recevoir les instructions. Ensuite je suis retourné vers le lieu de travail et j’ai commencé à expliquer à Vorotnikov O. V. ses droits et obligations en tant que suspect. A ce moment plus aucun appel entrant ni sortant n’est passé par mon téléphone. J’ai également écrit furtivement pour Vorotnikov O. V. à l’agent opérationnel Trifan à 20 heures 17 minutes « montez à l’étage, attendez près du cabinet » que soit donné le signal de l’arrestation, conformément à ce dont nous avions préalablement convenu. J’ai également demandé à Nicolaïev L. L. de sortir dans le couloir et d’achever d’écrire ses observations sur la déposition là-bas, puisque je devais mener des actes d’instruction avec Vorotnikov O. V.. Quelques minutes plus tard Vorotnikov O. V. a reçu un message par SMS, s’est levé brusquement et a commencé à sortir du cabinet, sans la moindre explication. J’ai commencé à lui dire: « Où allez-vous? Nous avons une instruction », sur quoi il est sorti du cabinet sans donner la moindre explication. Je ne l’ai pas suivi, puisqu’à ce moment Nicolaïev L. L. se trouvait encore dans le cabinet. Je savais aussi qu’en bas se trouvaient des agents opérationnels, auxquels avaient été donné l’ordre d’arrêter Vorotnikov O. V.. Parallèlement j’ai commencé à composer le numéro de téléphone de la sécurité du 3ème étage (764-87-30) pour qu’ils retiennent Vorotnikov O. V. jusqu’à l’arrivée des agents opérationnels, auxquels j’avais également envoyé furtivement la notification par SMS « Il est sorti du cabinet. Ne le laisser pas s’échapper du bâtiment ». Ensuite je suis sorti du cabinet, je l’ai fermé, je suis allé chercher Vorotnikov O. V. dans le quatrième étage, car j’avais supposé qu’il se dirigerait vers l’avocat Dinzé D. V.. Rencontrant l’avocat Dinzé D. V. j’ai essayé de tirer au clair où se trouvait Vorotnikov O. V.. L’avocat Dinzé D. V. m’a expliqué qu’il avait aperçu l’agent opérationnel Trifan dans l’escalier et qu’il en avait informé Vorotnikov O. V. , après quoi ce dernier avait quitté le bâtiment. J’ai demandé à l’agent opérationnel Trifan s’il avait vu Vorotnikov O. V. , à propos de quoi il a écrit « seul Dinzé m’a vu ». De quelle façon Vorotnikov O. V. a quitté le bâtiment, en passant devant les agents opérationnels, je ne peux pas l’expliquer, puisqu’à ce moment je me trouvais dans le cabinet. Je veux ajouter que les agents de la brigade d’escorte sont arrivés après que Vorotnikov O. V. a quitté le bâtiment.

L’enquêteur du département d’enquête

D. V. Féditchev





Sources du document:

http://fotki.yandex.ru/users/riotstarter2011/view/413033?page=1

http://fotki.yandex.ru/users/riotstarter2011/view/413034?page=1

Tags: Centre E Comité d'instruction Féditchev Oleg Vorotnikov Trifan dénonciations Stratégie-31 Vor Natalia Sokol Koza Léonide Nicolaïev Lionya Ebnouty 
14 mai 2011, 14:35

L’avocat de Voïna Dmitri Dinzé annonce:

Oleg Vorotnikov, militant du groupe Voïna, est en recherche fédérale. Les instructeurs n’ont pas donné d’explications sur les raisons de l’avis de recherche. Selon certaines sources, Vorotnikov réfusait de venir aux interrogatoires.

Lionya Nikolaev, qui a été interrogé sur sa colloboration avec Oleg, écrit juste après l’interrogatoire, le 10 mai, 20:32:

Féditchev a déclaré l’avis de recherche fédérale pour Oleg et a souligné qu’il est recherché par “OSO1” (un département de recherche pénale), et pas par le Centre “E”. Féditchev a également assumé qu’il était membre du parti de Poutine “Edinaya Rossiya” (Russie Unie) et qu’il va s’occuper de tous les affaires de Voïna. Pour l’instant, l’affaire liée à l’action “Révolution de Palais” (avec les voitures de police renversées) n’est pas encore sous la responsabilité de Feditchev. Mais ce n’est que l’affaire du temps.

Dinzé, avocat de Voïna raconte à Oleg Vorotnikov, 11 mai, 22:02:

Aujourd’hui les flics de “OSO1” ont appelé - tu es en recherche, ils s’intéressaient. Je leur ai raconté l’histoire du rencontre de Lionya avec les flics à la gare Moscovski et de la surveillance de 10 mai. Ils m’ont juré qu’ils n’avaient jamais surveillé Lionya et réfusaient leur présence à la gare. Ils avaient l’air d’être surpis par cette “nouvelle”. Ce département, OSO1, est un département secret. Ce sont les agents operationnels qui s’occupent de la “prise” des criminels et de “l’insertion” dans différents groupes.

Tags: Vorotnikov Oleg Vorotnikov Centre E Féditchev avis de recherche Voïna ACAB flicage Dinzé 
14 mai 2011, 12:50

Récit de Liona :

Aujourd’hui je suis arrivé à Saint-Pétersbourg pour les procédures d’instruction, Féditchev m’a convoqué pour interrogatoire le 10 Mai à 18h.

Un flic m’a accueilli sur le perron, a contrôlé mes papiers, il a dit qu’ils contrôlent tout le monde “par le nom de famille”, parce que maintenant ce sont les flics de la criminelle qui s’occupent de ma filature, et non ceux du Centre “E”, et ils ont peur de ne pas me reconnaître de vue. Quelque fois, la filature sur laquelle ils comptaient s’est tout d’un coup perdue de façon incompréhensible. Un gars de taille moyenne, chauve. Il me semble impossible de filer quelqu’un de façon plus visible, et en plus il a vu que le voyais et que j’avais l’intention de le promener dans le métro tant qu’il ne se tirait pas, mais il a continué à me courir après. Ensuite, il a utilisé un autre procédé : il s’est approché d’un autre et lui a serré la main. Tous les deux m’ont regardé et c’est là qu’ils ont décidé de me foutre la paix. Ils ont sans doute été affecté encore à quelqu’un d’autre. J’ai couru encore un peu, quand j’ai été certain d’être seul, je suis allé dans un café et je suis allé sur le net.

Salut à tous ! L. Ebnouty

Tags: Centre E Lionya Nikolaev flics ACAB flicage procès instruction 
14 mai 2011, 12:48

Les deux affaires administratives ouverte après le 31 mars contre Léonide Nicolaïev (participation à une marche non autorisée et insoumission à un ordre légitime d’un agent de la milice) ont été renvoyées par le juge.

Source : http://mos-sud.ru/ms/141/consideration/as/?sf0=&sf1=&sf2=&sf2_d=&sf3=&sf4=&sf14=%CD%E8%EA%EE%EB%E0%E5%E2

Commentaire de Liona : « Les flics grattes-papier ont salopé quelque chose dans les procès-verbaux, mes affaires ont toutes les deux été renvoyées au 78ème commissariat de la milice / police de Saint-Pétersbourg. »

Tags: Lionya Nikolaev procès police Centre E ACAB 
14 mai 2011, 12:40

Liona : à propos de la séance ordinaire de l’affaire de Taïssia Ossipova La séance du 3 mai 2011 est terminée, en raison des congés du juge, la suivante est fixée au 21 juin. La séance d’aujourd’hui a été consacrée à l’examen des demandes de la défense, qui en a présenté énormément. Le juge les a presque toutes rejetées, il a notamment considéré qu’il est impossible de déclassifier l’enregistrement des conversations mises sur écoute de Ossipova avec son mari, Fomtchékov. Il a refusé d’appeler à la barre le chef de Centre “E” de Smolensk, qui a ordonné une perquisition chez les parents de Sergueï [Fomtchékov]. Nous publierons bientôt un reportage détaillé sur la séance d’aujourd’hui.

Tags: Taïssia Ossïpova procès prisonniers politiques Voïna Lionya Nikolaev affaire Centre E 
25 Avr 2011, 13:26

Oleg : Le jeudi 21 avril et le vendredi 22 avril, Koza et Liona ont ignoré la convocation de Féditchev à l’interrogatoire. Nous jouons le tout pour le tout. Féditchev nous menace de recherche, mais les flics n’ont pas lancé d’avis de recherche. Les pisseux se pissent dessus. Le journaliste Sergueï Tchernov (The St. Petersburg Times) : L’accointance entre le Centre “E” et le Comité d’Instruction montre qu’il y a une coordination globale de l’opération. Ca veut dire qu’il y en a certains qui donnent des instructions aux uns et aux autres. De leur propre initiative ils n’auraient pas trouvé de langage commun si vite. Mais s’il y a un commandement d’en haut, alors ils vont manigancer toutes sortes d’intrigues… Tenez bon !

Tags: Koza Lionya Nikolaev ménace flicage Centre E Oleg Vorotnikov Comité d'instrucion ACAB 
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