02 Oct 2011, 2:30

Rinat Soultanov

L’activiste antifasciste Rinat Soultanov, client de Dmitri Dinzé, avocat de l’Association interrégionale des défenseurs « Agora », a été transféré de l’isolateur d’instruction [centre de détention provisoire] « Lebediovka » vers le lieu d’accomplissement de sa peine dans l’oblast de Sverdlovsk de la circonscription fédérale de l’Oural, dans la colonie pénitentiaire n°53, dans la ville de Privokzalni, avec la participation active et les services d’un agent du Centre “E” (Bureau de recherches opérationnel de la Direction principale du Ministère des Affaires intérieures de la Circonscription Fédérale du Nord-Ouest) connu pour ses actes illégaux, Vassili Ionovitch Trifan. Il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que Trifan manifeste justement une activité prodigieuse dans le domaine l’empoisonnement de la vie des antifascistes, des activistes sociaux et autres représentants des mouvements oppositionnels à Pétersbourg. C’est justement cet agent qui a chargé le détenu Rinat Soultanov, en l’enfermant dans l’isolateur d’instruction « Lebediovka » et en faisant tout son possible pour lui mettre une série d’affaires pénales sur le dos. Pourtant, aucune menace de l’inapproprié Trifan V. I. n’a pu forcer Soultanov à capituler et le transfèrement est sans doute pour le looser du Centre de lutte contre l’Extrémisme une manière de se venger.

Vassili Trifan, agent opérationnel du Centre “E” (de lutte contre l’extrémisme)

Je rappelle que Rinat a été condamné en avril de cette année, sur la base de l’article 111, pour participation à une bagarre avec des nazis en novembre 2008, après la « Marche Russe ». Le tribunal de Saint-Pétersbourg l’a condamné à 2 années de colonie à régime commun. Après le procès, l’administration de l’isolateur d’instruction « Lebediovka », où il était enfermé à ce moment-là, a proposé à Rinat de rester purger sa peine « à la rabotchka »1, dans le bloc économique. Rinat a accepté la proposition ; pourtant, le 7 juillet, après avoir attendu 3 mois dans sa cellule transitoire de l’isolateur d’instruction, il a contre toute attente été transféré à Ekaterinburg.

1. Section du travail dans un centre pénitentiaire. Les détenus ont la possibilité de choisir de purger leur peine à la « rabotchka ». Ils y jouissent de certains avantages, notamment le fait de vivre dans une baraque au lieu d’être enfermé dans une cellule. En échange, ils doivent travailler pour la prison. Ce sont surtout les détenus qui ont peur d’être transféré dans un camp ou une colonie pénitentiaire lointain, en territoire inconnu, qui choisissent cette option. N.d.T.

Extrait des commentaires de Dmitri Dinzé:

Le principal, ce sur quoi je veux attirer l’attention, c’est qu’on a donné à Rinat la possibilité de purger sa peine à la Lebediovka, à la rabotchka, ce que l’administration et les agents de l’isolateur d’instruction 4 ont toujours répété. Pourtant, après l’entrée en vigueur du verdict prononcé contre Rinat, on l’a tranféré, sans explication. Les geôliers l’ont embobiné avec des promesses de ne pas le transférer pour qu’en échange il ne porte pas plainte contre les opérationnels de la prison et l’échétchek [agent du Centre “E”] pour avoir constamment utilisé des moyens de pression contre lui. Il s’agit avant tout de la presse qui s’est mise du côté de l’opérationnel de la prison Brioukovkine, et de l’échek Trifan, ils ont constamment menacé Rinat, et quand ils ont compris que les menaces ne marchaient pas avec lui, ils ont décidé de le coffrer dans un pétouchatnik [littéralement: “cellule de tarlouzes”, c’est-à-dire une cellule où un détenu est violé par d’autres, N.d.T.] ou dans une baraque avec un fasciste (ce qui est à peu près du pareil au même). Brioukovkine a fait savoir à Rinat que par un crime de plus, les fascistes, sur les instructions des opérationnels, lui arracheraient les aveux nécessaires au Centre “E”. Mais Rinat, dans de telles circonstances, ne s’est pas laissé intimider et a signalé à l’opérationnel qu’ils étaient allé trop loin avec le chantage et les menaces, et a écrit une déclaration à la procurature concernant les opérationnels. Le Conseil Social près la Direction du Service Fédéral d’Application des Peines, en la personne d’Ella Poliakova, aide à résoudre la situation avec les opérationnels qui, ayant peur qu’on leur fasse de la publicité, ont laissé Rinat tranquille. En conséquence, les menaces ont cessé.

Mais à l’heure actuelle, nous avons ce que nous avons. Ils ont trompé Rinat en l’envoyant à pétaouchnok (Établissement Fédéral d’État, Colonie Pénitentiaire 53). Je ne pense pas que la colonie soit normale là-bas, elle est plutôt entièrement rouge², avec des kapos opérationnels rouges3. Tous les actes à l’encontre de Rinat sont des vengeances des opérationnels contre son refus de coopérer et sa fermeté. Du genre si vous vous comportez ainsi, alors après le verdict on vous fera mettre en prison et très loin.

2. En Russie les colonies pénitentiaires sont classées comme « rouges » et « noires ». Les « noires » sont les colonies des malfaiteurs, où les voleurs commandent. Les « rouges » sont les colonies des flics, que les flics contrôlent presque totalement. Dans la Russie contemporaine il ne reste presque plus de colonies noires. N. d. T.

3. Les kapos («activ» en Russe) sont les détenus qui acceptent de collaborer avec l’administration de la prison ou de la colonie pénitentiaire. Leur tâche est de moucharder et de passer à tabac d’autres détenus pour briser leur volonté. C’est une fonction méprisée en prison. Les opétationnels rouges sont des détenus subordonnés aux flics et employés par eux. N. d. T.

Les opétationnels pensent qu’ils lui ont créé des difficultés insurmontables, mais c’est que dalle, et là-bas Rinat ne sera pas seul, il aura du soutien et de l’aide. Bientôt il aura sa libération conditionelle, elle sera obtenue grâce au soutien juridique et à une surveillance méticuleuse de la marche du procès. L’important, c’est qu’ils ne lui infligent pas en plus par vengeance, comme à Platon Lebedev, toutes sortes de sanctions ridicules, du genre égarer ses fringues ou encore tout ce qui peut leur passer par la tête avec leur intelligence détraquée d’opérationnels, pour l’empêcher d’obtenir une libération anticipée.

Rappelons que la date prévue pour la libération de Rinat est le 4 novembre 2012.

Comme n’importe quel prisonnier, Rinat a grandement besoin de votre soutien et de votre attention!

Vous pouvez lui écrire à cette adresse:

624391, Свердловская область, г. Верхотурье, пос. Привокзальный,

ул.Свободы, д.22, ФКУ ИК-53, отряд No.7

Султанову Ринату Миндулличу.

RUSSIE

Tags: ACAB Centre E Dinzé Rinat Soultanov Trifan antifasciste prisonniers politiques 
20 Sep 2011, 4:41

Artistes et journalistes du monde! Membres des institutions artistiques! Employés de la 4ème Biennale d’Art Contemporain!

Ceci est un appel à soutenir le collectif artistique Voïna. La situation terrible dans laquelle va se dérouler la Biennale d’Art Contemporain de Moscou nous a forcé à recourir à des mesures si extrêmes.

Le projet en question est: http://4th.moscowbiennale.ru/en/program/special_projects/impact.html

L’IMPACT MÉDIATIQUE. FESTIVAL INTERNATIONAL D’ART ACTIVISTE.

Conservatrice: Tatiana Volkova.

Co-conservateurs: Anna Dikovitch, Roman Minaïev et Arseni Sergueïev.

Architecte: Maria Kalinina.

Coordinateurs: Elia Koultchitskaïa et Anastasia Chichkova.

L’équipe du projet a mis Voïna sur la liste des participants mais cela a été fait contre notre volonté! De plus, cette exposition va présenter des œuvres contrefaites et fausses, qui n’ont pas de rapport avec nous, de même que des œuvres qui ont été volées à Voïna lorsque les membres du groupe étaient en prison. En novembre 2010, durant la détention des chefs de Voïna Oleg Vorotnikov et Léonide Nicolaïev, toute la documentation concernant les actions récentes de Voïna a été volée. Le vol a été perpétré par les flics russes (à savoir le département anti-extrémisme, le Centre “E”, créé pour réprimer l’opposition et les artistes libres en Russie). Avant cela, toutes les archives matérielles et électroniques avaient été volées par les provocateurs Piotr Verzilov et Nadejda Tolokonnikova. Pendant que les chefs de Voïna étaient en prison, ces individus étaient occupés à diffuser de la désinformation dans les médias (y compris des médias étrangers), s’autoproclamant les chefs de Voïna et s’attribuant la paternité d’actions telles que La Bite prisonnière du FSB!, La Révolution de Palais, Léo le Taré est notre président, Comment voler un Poulet (http://www.liveleak.com/view?i=fef_1279895437) et d’autres.

En mai 2010, Verzilov et Tolokonnikova se sont introduits par effraction dans le garage qui abritait les archives de Voïna et ont tout pris.

Vous savez probablement que la Russie a un des taux les plus élevés de corruption au monde. La corruption imprègne tout ici depuis le haut jusqu’au bas, particulièrement dans le gouvernement et parmi les officiels de tous acabits, de même que parmi les flics et ceux qui les servent. Le niveau de corruption est si extraordinaire que les citoyens ordinaires et les artistes indépendants ordinaires sont impuissants face à ce système criminel, alors que tous les fonctionnaires ou les conservateurs d’art (ce qui en Russie est la même chose) se couvrent les uns les autres pour faire du profit et recevoir une part du fric des subventions.

Les fonctionnaires échappent facilement à la justice avec leurs crimes quotidiens. Les citoyens russes ont depuis longtemps abandonné l’espoir de changer cette situation et ils essayent juste de se cacher et de survivre, pendant que la corruption détruit le pays. C’est encore pire pour les artistes contestataires comme nous qui nous opposons ouvertement au régime politique et au système de l’art complètement conformiste, embourbé dans le mercantilisme et le vol et ne servant que les intérêts des élites dirigeantes.

Les organisateurs, la galerie JIR et le Centre ARTPLAY, nous ont inclus dans leur projet “Impact Médiatique. Festival International de l’Art Activiste” par des moyens malhonnêtes, de façon frauduleuse et contre notre volonté. Ils ont l’intention d’exposer des faux, des imitations et du plagiat sous le nom de Voïna. Les œuvres présentées n’ont rien à voir avec notre groupe! Ils le font manifestement exprès, puisque ce n’est pas la première fois qu’ils essayent de faire ces bouffonneries. Nous avons à de nombreuses reprises appelé les organisateurs à ne pas nous inclure dans l’évènement. Nous refusons catégoriquement de participer aux affaires pourries et corrompues de la Biennale de Moscou, qui cherche à maintenir une illusion de vie artistique en Russie devant la communauté internationale.

Cependant, notre droit de refus et de non-participation a été violé et notre œuvre volée. En plus des œuvres volées, les organisateurs ont l’intention d’exposer des faux sous le nom de Voïna.

Cela est délibérément fait au moment où nous sommes dans l’incapacité de contrecarrer les organisateurs par une quelconque opposition légale. Les autorités et les flics russes menacent Voïna de la façon la plus directe et le groupe est maintenant à deux doigts de l’extermination physique. Des activistes de Voïna ont été enlevés dans la rue et dans leurs maisons et frappés dans les rues. De nouvelles poursuites pénales sont encore en cours de fabrication. Le chef de Voïna Oleg Vorotnikov fait l’objet d’un avis de recherche international qui est basé sur une fausse information. Sa femme Natalia Sokol, une activiste et la coordinatrice en chef du groupe, est sur la liste des personnes recherchées au niveau fédéral. Les autorités la recherchent dans toute la Russie, essayant aussi de l’arrêter et de lui prendre son fils, Casper Dont-On-Ne-Peut-Pas-Détourner-Les-Yeux Sokol. En novembre 2010, ils ont initié une procédure pour lui enlever ses droits parentaux. Les cartes d’identité et les biens des membres de Voïna ont été confisqués. C’est particulièrement préoccupant en Russie, où l’on ne peut même pas emprunter les transports publics ou recevoir d’aide médicale sans un passeport. Le groupe est systématiquement traqué. Les activistes du groupe ont été obligés d’entrer dans la plus totale clandestinité et de s’y cacher sans aucun moyen d’existence légal.

Dans ce contexte, Voïna est impuissante à faire face aux conservateurs corrompus et vénaux de l’art russe dans le domaine légal. Pour les membres du groupe, tout recours à la justice et toute apparition publique peut aboutir à des arrestations et emprisonnements, dans le meilleur des cas. Aussi, le simple fait de s’approcher de la police est une incitation directe à la violence physique, comme l’ont démontré les menaces et les attaques passées. Des activistes ont été inculpés dans plusieurs affaires pénales fabriquées, qui les menacent de 7 et 5 années de prison. Dans le domaine légal, nous avons les mains liées! Ça donne aux conservateurs de la Biennale de Moscou l’occasion de faire ce qui leur plaît avec nous, de voler nos œuvres et de les exposer, sans même demander notre permission.

Voïna n’a reçu aucun avis ni même la moindre lettre des organisateurs, les conservateurs Tatiana Volkova, Anna Dikovitch, Roman Minaïev et Arseni Sergueïev. Par conséquent nous n’avons pas fourni et nous ne prévoyons pas de fournir quelqu’œuvre d’art que ce soit pour l’exposition. C’est notre droit!

Les conservateurs de la Biennale ont délibérément omis de nous informer de leur souhait d’inclure Voïna dans l’exposition. Nous refuserions toute offre de ce genre venant des bureaucrates corrompus de l’art, et ils s’en rendent compte. À cause de cela, ils doivent agir secrètement, discrètement. Leur but est de discréditer l’opposition et l’art contestataire. Ils exploitent éhontément notre situation difficile, ils utilisent la persécution policière et l’ordre direct de la police de liquider Voïna pour faire ce que bon leur semble avec nos œuvres. Ils ne reculent devant rien, pas même devant la malhonnêteté, la fraude, le vol et la falsification.

Les organisateurs ne vous ont pas seulement trompés vous, les participants de la Biennale, mais aussi les médias. L’exposition frauduleuse est déjà couverte par la presse, avec l’annonce de notre prétendue participation comme le temps fort de l’évènement.

http://www.inyourpocket.com/russia/Moscow/4th-Moscow-Biennale-of-Contemporary-Art_72379f (en Anglais)

Festival de l’Art Activiste

Le premier festival d’art activiste de l’histoire se déroulant au Centre de Design ArtPlay du 24 septembre au 10 octobre va drainer à la Biennale (pourvu qu’ils ne soient pas préalablement arrêtés) encore plus d’artistes impliqués dans l’activisme social et politique. Les blagueurs étasuniens The Yes Men et le Groupe Silence=Death devraient participer au festival organisé librement aux côtés de quelque 30 autres (principalement russes) artistes-activistes. La faction moscovite du groupe controversé Voïna participera également et suscitera vraisemblablement autant d’attention de la part des médias de l’art que de la part de la police. Menant actuellement des luttes judiciaires à Saint-Pétersbourg pour avoir audacieusement retourné des voitures de police, Voïna a gagné le soutien de Banksy de Grande-Bretagne et est devenue célèbre pour ses “performances” exotiques et souvant choquantes. Leur geste le plus célèbre a eu lieu en 2010 quand ils ont peint un phallus géant sur un pont basculant de Saint-Pétersbourg qui se trouve en face du département local du FSB (anciennement le KGB). Leurs autres actions comprennent la mise en scène d’une orgie simulée dans un musée de la biologie, la projection d’un crâne géant et d’os croisés sur un bâtiment parlementaire de Moscou, un lancé de chat à des caissiers de MacDonalds et une vidéo montrant une personne de leur équipe volant un poulet dans un supermarché en le cachant où le soleil ne brille pas.

http://www.inyourpocket.com/russia/Moscow/concerts-culture-events-entertainment/Exhibitions/Media-Impact-International-Festival-of-Activist-Art_86043v (en Anglais)

Expression effrontée de la dissidence et de la protestation, ce festival d’art activiste va rassembler des dizaines de groupes du monde entier, y compris les blagueurs étasuniens The Yes Men, la dissidente biélorusse Marina Naprouchkina et la faction moscovite du célèbre Groupe Voïna. Voïna, qui ont autrefois peint un phallus géant sur un pont basculant de Saint-Pétersbourg, qui ont déjà été emprisonnés pour avoir retourné une voiture de police et qui sont actuellement aidés financièrement par l’artiste de rue britannique Banksy et dont on peut donc s’attendre à ce qu’ils suscitent un particulièrement grand intérêt.

http://www.afisha.ru/exhibition/70265/ (en Russe)

Festival International de l’Art Activiste (Impact Médiatique)

Installation, nouveaux média, performance

Galerie ArtPlay, 24 septembre - 10 octobre

Projet Spécial de la 4ème Biennale de Moscou d’Art Contemporain

“Impact Médiatique” promet d’être l’un des évènements les plus excitants de la Biennale. Des collectifs activistes internationaux aussi bien que groupes provinciaux [russes] vont se réunir à Moscou - “pas seulement par la Guerre [Voïna, en Russe]”. En plus des expositions avec les documentations des actions, il y aura beaucoup d’évènements vivants. Les œuvres de collectifs américains importants vont être exposées: Gran Fury, The Yes Men; accompagnées de performances des Grecs Kavecsprojects et des Allemands Organ Kritischer Kunst.

Nous vous appelons à nous aider à faire face à cette absurdité légale et à ce pillage flagrant, cyniquement organisé et mise en œuvre par les fonctionnaires conservateurs de la Biennale contre les artistes, privés de tout moyen légal d’agir sur les évènements.

Nous vous demandons instamment de boycotter la Biennale de Moscou, organisation embourbée dans une corruption totale, une fraude flagrante et une escroquerie inépuisable.

Voïna

Les activistes de Voïna:

Oleg Vorotnikov, idéologue
Léonide Nicolaïev, président
Natalia Sokol, coordinatrice
Alexeï Ploutser-Sarno, concepteur des médias
Casper Sokol
Yana Sarna
Jenny Curpen
Ksénia Ermochina
Charles Swain


Avocats de Voina groupe

Dmitri Dinze
Ilnur Sharapov
Sergey Petryakov

Le 15 septembre 2011.

Tags: Biennale de Moscou Piotr Verzilov Nadejda Tolokonnikova soutien international provocation Tatiana Volkova Voïna ACAB 
16 Aoû 2011, 2:56

3 août 2011 - article original sur http://matiutia.livejournal.com/262630.html

Le militant du parti “L’Autre Russie” Maxime Gromov a été violemment battu par les flics et a été conduit à l’hôpital clinique n°15 de la ville de Saint-Pétersbourg. D’après les informations dont je dispose, des agents du centre “E” veulent maintenant (!) le cueillir là-bas.

Photo: Vladimir Téléguine

Maxime Gromov, arrêté à Saint-Pétersbourg lors de l’action stratégie-31 près du Gostiny Dvor, a été battu au 64ème commissariat de police. Gromov a refusé de décliner son identité aux agents de la police puisque des gens ne portant pas d’uniforme de police l’ont arrêté illégalement, qu’ils ne lui ont pas fait savoir le motif de son arrestation et l’ont conduit sans aucune raison au poste de police.

Au commissariat, au cours de la deuxième journée de détention illégale, ils ont essayé de prendre les empreintes digitales de Gromov, ce contre quoi il a résisté. Alors les agents du 64ème commissariat ont roué de coups l’opposant. Selon Maxime, le passage à tabac a été dirigé par le chef du commissariat, le lieutenant-colonel Sergueï Vitaliévitch Mousseïko. Lorsque le “SAMU” est arrivé, il a constaté la présence d’une commotion cérébrale et a hospitalisé Maxime au 15ème hôpital clinique de la ville, au service de traumatologie et de chirurgie maxillaire-faciale.

Malgré le fait que les agents du 64ème commissariat de police ne peuvent pas placer une personne en détention durant 48 heures, ils ont déclaré qu’il avait une amende impayée et que le tribunal avait “signé” son arrestation administrative. Le chef du 64ème commissariat est arrivé à l’hôpital n°15 avec un homme de main, ils ont fait pression sur les médecins de l’hôpital pour que ceux-ci leur rendent Maxime Gromov, mis en pièces par les policiers. La chambre de Maxime Gromov est également surveillée par Egor Viktorovitch Gavrilov en civil (carte de service 122075) et l’inspecteur de quartier Alexeï Viktorovitch Soukhanov.

Pendant son hospitalisation, les policiers ont pris à Maxime toutes ses affaires personnelles, y compris son téléphone, pour qu’il ne puisse pas informer ses camarades de ce qui lui est arrivé.

Tags: ACAB Maxime Gromov Stratégie-31 
09 Juil 2011, 15:09

Nouvelle urgente de l’avocat de Voïna Dmitri Dinzé :

Aujourd’hui j’ai reçu un appel du tribunal du district Dzerjinski de Saint-Pétersbourg m’informant de la demande d’annulation de la libération sous caution de Nicolaïev [Léonide Nicolaïev, tout comme Oleg Vorotnikov, a été libéré sous caution en février dernier, NdT] et du changement de mesure de sûreté à son encontre.

L’audience du tribunal devant examiner la demande aura lieu le 14 juillet. Le groupe Voïna invite tous les journalistes et sympathisants à l’audience. Plus de détails seront donnés lundi 11 juillet.

Tags: arrestation Voïna prison ACAB Lionya Ebnouty Lionya Nikolaev Dinzé 
14 mai 2011, 14:35

L’avocat de Voïna Dmitri Dinzé annonce:

Oleg Vorotnikov, militant du groupe Voïna, est en recherche fédérale. Les instructeurs n’ont pas donné d’explications sur les raisons de l’avis de recherche. Selon certaines sources, Vorotnikov réfusait de venir aux interrogatoires.

Lionya Nikolaev, qui a été interrogé sur sa colloboration avec Oleg, écrit juste après l’interrogatoire, le 10 mai, 20:32:

Féditchev a déclaré l’avis de recherche fédérale pour Oleg et a souligné qu’il est recherché par “OSO1” (un département de recherche pénale), et pas par le Centre “E”. Féditchev a également assumé qu’il était membre du parti de Poutine “Edinaya Rossiya” (Russie Unie) et qu’il va s’occuper de tous les affaires de Voïna. Pour l’instant, l’affaire liée à l’action “Révolution de Palais” (avec les voitures de police renversées) n’est pas encore sous la responsabilité de Feditchev. Mais ce n’est que l’affaire du temps.

Dinzé, avocat de Voïna raconte à Oleg Vorotnikov, 11 mai, 22:02:

Aujourd’hui les flics de “OSO1” ont appelé - tu es en recherche, ils s’intéressaient. Je leur ai raconté l’histoire du rencontre de Lionya avec les flics à la gare Moscovski et de la surveillance de 10 mai. Ils m’ont juré qu’ils n’avaient jamais surveillé Lionya et réfusaient leur présence à la gare. Ils avaient l’air d’être surpis par cette “nouvelle”. Ce département, OSO1, est un département secret. Ce sont les agents operationnels qui s’occupent de la “prise” des criminels et de “l’insertion” dans différents groupes.

Tags: Vorotnikov Oleg Vorotnikov Centre E Féditchev avis de recherche Voïna ACAB flicage Dinzé 
14 mai 2011, 12:50

Récit de Liona :

Aujourd’hui je suis arrivé à Saint-Pétersbourg pour les procédures d’instruction, Féditchev m’a convoqué pour interrogatoire le 10 Mai à 18h.

Un flic m’a accueilli sur le perron, a contrôlé mes papiers, il a dit qu’ils contrôlent tout le monde “par le nom de famille”, parce que maintenant ce sont les flics de la criminelle qui s’occupent de ma filature, et non ceux du Centre “E”, et ils ont peur de ne pas me reconnaître de vue. Quelque fois, la filature sur laquelle ils comptaient s’est tout d’un coup perdue de façon incompréhensible. Un gars de taille moyenne, chauve. Il me semble impossible de filer quelqu’un de façon plus visible, et en plus il a vu que le voyais et que j’avais l’intention de le promener dans le métro tant qu’il ne se tirait pas, mais il a continué à me courir après. Ensuite, il a utilisé un autre procédé : il s’est approché d’un autre et lui a serré la main. Tous les deux m’ont regardé et c’est là qu’ils ont décidé de me foutre la paix. Ils ont sans doute été affecté encore à quelqu’un d’autre. J’ai couru encore un peu, quand j’ai été certain d’être seul, je suis allé dans un café et je suis allé sur le net.

Salut à tous ! L. Ebnouty

Tags: Centre E Lionya Nikolaev flics ACAB flicage procès instruction 
14 mai 2011, 12:48

Les deux affaires administratives ouverte après le 31 mars contre Léonide Nicolaïev (participation à une marche non autorisée et insoumission à un ordre légitime d’un agent de la milice) ont été renvoyées par le juge.

Source : http://mos-sud.ru/ms/141/consideration/as/?sf0=&sf1=&sf2=&sf2_d=&sf3=&sf4=&sf14=%CD%E8%EA%EE%EB%E0%E5%E2

Commentaire de Liona : « Les flics grattes-papier ont salopé quelque chose dans les procès-verbaux, mes affaires ont toutes les deux été renvoyées au 78ème commissariat de la milice / police de Saint-Pétersbourg. »

Tags: Lionya Nikolaev procès police Centre E ACAB 
03 mai 2011, 18:43

Dmitri Dinzé, avocat de Léonide Nicolaïev, nous communique ce qui suit (28 avril) :

Aujourd’hui, nous avons reçu la réponse de la procurature de la ville sur les actes notoirement illégaux commis par le magistrat instructeur principal de la Direction Principale de l’Instruction près la Direction Principale des Affaires intérieures, le colonel de la justice Pétrov A. You. L’élément capital de la réponse consiste en ce que la plupart des actes de l’instructeur sont reconnus infondés et illégaux. Les miliciens ont prétendu avoir agi conformément à la loi, mais nous savons ce qu’il en est. Il est bon que l’organe de contrôle - la procurature - ait réagi de façon adéquate et ait invité l’instructeur à répondre, avec les conséquences qui en résultent pour Pétrov. Ainsi, la réponse en faveur de Nicolaïev à la requête par laquelle j’ai demandé de réaliser un examen complet concernant le groupe social, la détermination de coût de l’auto, etc., Pétrov l’a ignorée, ce qui m’a beaucoup étonné dans son plan, parce qu’en général il est pour procéder de façon professionnelle. La réponse est arrivée plus tard - RIEN, et c’est pourquoi Pétrov a pris son dictaphone à Liona. On ne t’a pas interrogé, il n’y a pas eu de confrontations, ni ne serait-ce qu’une quelconque procédure corrective adéquate. Rien n’a été fait par l’instructeur, excepté baîllonner des gens, en les obligeant à dissimuler un secret terrible de l’instruction préliminaire, et en les menaçant de les mettre au pas, ou en leur faisant craindre de vous rendre plus mauvais, Liona et Oleg.

En somme, on peut se représenter la situation de l’instructeur de deux manières, à savoir que l’instructeur ne touchera pas de prime, sera écarté du tableau d’avancement, qu’il comparaîtra au tribunal d’honneur (bon là je pousse le bouchon un peu loin, cela arrive, mais pas pour violation des droits des inculpés) ou bien encore que quelque fantaisie disciplinaire indéfinie tombera sur Pétrov. Il en résulte qu’il menace du petit doigt, mais qu’il est maintenant lui-même montré du petit doigt. Comme je dis toujours : regardez la poutre que vous avez dans votre propre oeil. Tout lui retombe dessus comme un boumerang, ne juge pas les autres et tu ne seras pas jugé toi-même, ou peut-être que tu ne le seras pas, comme le destin en disposera. En attendant, la balle est dans notre camp et nous allons rapidement la passer à l’attaquant suivant pour Liona et Oleg. Avant le tribunal pour le devoir de secret, je songe au prochain jugement du tribunal que nous préparons de même en guise de prochain cadeau à l’instructeur Pétrov, si le tribunal considère notre requête de flanquer à l’instructeur le coup juridique suivant, pour lui faire passer l’envie d’enfreindre la loi, et aussi à mes moments perdus à lire la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie, ainsi, je joins l’utile à l’agréable.

Extrait de l’arrêté :

Le premier substitut du procureur de Saint-Pétersbourg, conseiller principal de la justice, Artioukhov E. E., ayant examiné la plainte du défenseur de Nicolaïev L. L., inculpé dans l’affaire pénale n°276858, l’avocat Dinzé D. V., datée du 07.04.2011, concernant les actes et décisions de l’instructeur principal pour le Département des Affaires intérieures du 1er département de la Section d’Enquête de la Direction Principale de l’Instruction près la Direction Principale des Affaires Intérieures de la ville de Saint-Pétersbourg et de l’Oblast de Léningrad, Pétrov A. You., le 14 avril 2011…

A CONSTATÉ…

… au moment de l’exécution de la saisie du dictaphone sur l’inculpé Nicolaïev L. L. le 31.03.2011, il n’avait pas renoncé à l’assistance de ses avocats.

Par conséquent, l’accomplissement de l’acte d’instruction mentionné en l’absence d’avocats constitue un motif pour établir son illégalité.

Pour le fait mentionné de violation des prescriptions de l’article 51 aliéna 1 paragraphe 1 du Code de Procédure Pénale de la Fédération de Russie, un jugement sera conformément renvoyé à l’adresse du chef de la Direction Principale de l’Instruction près la Direction Principale des Affaires intérieures pour la ville de Saint-Pétersbourg et l’Oblast de Léningrad.

Texte in extenso de l’arrêté : http://freevoina.imgur.com/Q9ERE

Tags: Leonide Nikoaev Lionya Nikolaev Voïna Voina Dinzé avocat affaire ACAB 
25 Avr 2011, 13:26

Oleg : Le jeudi 21 avril et le vendredi 22 avril, Koza et Liona ont ignoré la convocation de Féditchev à l’interrogatoire. Nous jouons le tout pour le tout. Féditchev nous menace de recherche, mais les flics n’ont pas lancé d’avis de recherche. Les pisseux se pissent dessus. Le journaliste Sergueï Tchernov (The St. Petersburg Times) : L’accointance entre le Centre “E” et le Comité d’Instruction montre qu’il y a une coordination globale de l’opération. Ca veut dire qu’il y en a certains qui donnent des instructions aux uns et aux autres. De leur propre initiative ils n’auraient pas trouvé de langage commun si vite. Mais s’il y a un commandement d’en haut, alors ils vont manigancer toutes sortes d’intrigues… Tenez bon !

Tags: Koza Lionya Nikolaev ménace flicage Centre E Oleg Vorotnikov Comité d'instrucion ACAB 
24 Avr 2011, 14:11

Voïna :

Dans la journée. L’« insider des flics » a donné l’info aux journalistes de Gazeta.ru que Vor avait prétendument été arrêté quelque part dans l’oblast de Léningrad. Les journalistes ont invité les avocats à laisser leurs commentaires sur « l’Agora ». Dinzé a réfuté l’intox.

Vers minuit. Au cours du contact avec la presse, avec une radio suédoise, au café « Jean-Jacques » dans la rue Marat, nous avons découvert que nous étions filés. Nous avons immédiatement interrompu le dialogue et nous sommes parti. Nous sommes allés à pied par la rue Marat jusqu’à la Perspective Nevski. Sur la Perspective Nevski, on a continué en voiture, laissant à l’activiste Ravil le vélo de Casper. Le vélo ne rentrait pas dans la voiture.

Vor à l’activiste Charles :

Nous parlions à la presse suédoise quand nous avons découvert qu’on nous surveillait. C’est-à-dire qu’une filature nous suivait.

Nous avons découvert la filature dans le café, nous avons dû nous éclipser brusquement. On a sauté dans un taxi. Une voiture dans laquelle se trouvaient des flics en civil nous a aussitôt suivi. Les flics nous ont poursuivi sur la Perspective Nevski puis sur la Perspective Ligovski. On s’est tiré, on est descendu à l’improviste et on a fui par les arrière-cours.

Ravil à Vor :

Ces opérationnels ont été missionnés pour réaliser concrètement ta capture. Ce qui se passe ne me plaît pas du tout.

Récit de Ravil à Vor :

La filature dans le café, c’était un moyen de pression et de contrôle. Ou bien ils ont une peur panique et irrationnelle de vous. En réalité j’ai rien capté. Des journalistes m’ont d’abord distrait et ensuite j’ai parlé avec Liona. Ce type, qui marchait de notre côté de la rue, je ne l’ai remarqué que quand il est arrivé près de nous. Je ne lui ai pas attaché d’importance, parce qu’au début je l’ai pris pour un bleu [buveur de vodka] : son regard était terne et sa démarche hésitante. Et il lorgnait, soit qu’il se promenât, soit qu’il cherchât un établissement quelconque. Maintenant je comprends qu’il s’est approché pour avoir la certitude que c’était bien toi, et il s’est précipité de l’autre côté quand il a compris qu’avec Koza nous l’avions grillé. Peut-être aussi que son appareil photo l’a effrayé. Il a traversé la route franchement et avec assurance, d’un pas rapide. Il a rejoint l’autre, un type d’apparence respectable qui est venu en même temps que le premier, également du côté de la Perspective Nevski, mais de l’autre côté de la rue. Le type “respectable” a observé d’abord depuis un point fixe, puis il a lentement marché le long de la rue, nous regardant constamment, quand il est arrivé près de nous, il s’est arrêté et a regardé. A ce moment, le type au regard terne est venu vers nous, non pas pour s’arrêter alors à côté de l’autre comme avec une connaissance, mais en restant un peu à distance, pour faire genre qu’ils ne se connaissaient pas, mais j’ai clairement vu qu’ils échangeaient quelques phrases et de plus sans se regarder dans les yeux. C’est justement de nous dont ils discutaient. Et ils nous ont longuement fixé du regard. Quand nous sommes parti, ils sont restés plantés là, mais ils avaient une voiture.

Une Volkswagen blanche est apparue sur la Perspective Nevski (je ne peux pas me rappeler dans l’immédiat si elle a débouché de la rue Marat ou si elle venait encore d’autre part, curieusement il semble bien qu’elle venait de la rue Marat). Elle a roulé lentement sur la Perspective Nevski, parallèlement à notre mouvement. Quitte à s’arrêter si nous nous arrêtions. C’est arrivé trois fois. En plus elle s’est arrêté derrière une khatch-mobile [lada], et ceux qui étaient à l’intérieur ont fait semblant de parler de quelque chose avec le conducteur de la khatch-mobile en prétendant qu’ils cherchaient quelque chose. Ensuite, nous avons continué à avancer vers notre point d’arrêt et ils nous ont suivi. Quand vous êtes monté dans la voiture et que vous êtes parti, ils ont instantanément démarré derrière vous. Je n’ai pas remarqué qu’ils aient fait des photos et des vidéos, mais l’un d’entre eux parlait constamment au téléphone.

Oleg donne une interview à une radio de Suède :



Photo de la Volkswagen blanche :



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