29 Sep 2011, 23:45

Regards.fr: Voïna, commando artistique russe

21/01/2011

Ce groupe d’artistes de rue russes proteste frontalement contre le pouvoir institué. Depuis trois ans, les performances de Voïna, relayées par Internet, dénoncent le gouvernement de la droite extrême de Poutine et Medvedev.

Voïna est un groupe d’« artistes conceptuels de rue » russes actif depuis 2007. « Voïna » signifie « guerre » et c’est le principe du commando qui ordonne leurs actions. Une dizaine de performances, répétées plusieurs fois secrètement avant d’être exécutées une fois unique, sont aujourd’hui à l’actif du groupe, ensuite relayées sur le Net dans le monde entier. Arte et Courrier international les ont fait connaître récemment en France, tandis que des étudiants russes sympathisants faisant leurs études à Paris parlent volontiers de l’engagement du groupe, des risques qu’ils prennent, de leurs actions (une soirée d’information sur Voïna a par exemple été organisée à la faculté de Censier en décembre par des étudiants russes et français). Certains membres de Voïna sont sous le coup d’inculpations et se cachent de la police russe, deux d’entre eux ont été arrêtés en novembre.

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Courrier international: Des artistes dérangeants mais incontournables

08/03/2011

Alors que ses leaders sont emprisonnés pour vandalisme, le collectif artistique russe Voïna, très médiatisé, vient d’être nominé pour un prix national dans le domaine artistique organisé par l’Etat. Une situation cocasse racontée par Kommersant.

En avril prochain sera décerné le prix russe Innovation, qui récompense des œuvres d’art contemporain. Or sur la liste de nominés figure la retentissante performance du groupe Voïna [Guerre] pour la catégorie des arts visuels. Pour faire bonne figure, l’intitulé de l’œuvre a été légèrement modifié : le terme original, “bite”, a été remplacé par “membre”. Et, bien évidemment, cette nomination de Voïna n’a pas manqué de soulever des réactions, et pour cause : à ce jour, deux des artistes du groupe se trouvent en prison à Saint-Pétersbourg. Il s’agit d’Oleg Vorotnikov et de Leonid Nikolaïev, détenus dans l’établissement pénitentiaire N° 4 de la ville depuis le 15 novembre dernier, à cause de leur performance, baptisée “Révolution de palais”, au cours de laquelle ils avaient renversé plusieurs véhicules de police garés dans les rues de Saint-Pétersbourg. Peu après, le Centre E [département du ministère de l’Intérieur chargé de la lutte contre l’extrémisme] les avait arrêtés dans un appartement de Moscou et transférés sous bonne garde. Ils sont accusés de “vandalisme à connotation politique, idéologique, raciale, ethnique, religieuse, ou d’actes de haine à l’égard d’un groupe social”, tels que définis par l’article 213, chapitre 1, alinéa b, du Code pénal.

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Rue89: La Russie honore le phallus géant des artistes farceurs

10/04/2011

C’est le prix que personne n’attendait : le collectif artistique Voina, plus souvent au centre de controverses que des honneurs, a remporté un prix tout à fait officiel en Russie, pour une œuvre qui consiste en un phallus de plus de six mètres de hauteur, installé en face du siège des services secrets russes à Saint-Pétersbourg.

Les artistes activistes de Voina ont peint l’an dernier l’immense biroute sur un pont mobile, une érection géante régulière devant le siège du FSB, le successeur du KGB, à Saint-Pétersbourg. Il a fallu plusieurs heures avant que les autorités ne s’en rendent compte et ne l’effacent.

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NB: La Bite de Liteïny faisait 65 mètres de haut et non six mètres.

Libération: En Russie, un pénis distingué

11/04/2011

Un énorme phallus tagué devant un bâtiment des service secrets a reçu le prix de l’innovation artistique.

Une oeuvre à placer entre Fontaine de Marcel Duchamp et L’origine du monde de Gustave Courbet: le pénis dessiné par le collectif Voina sur un pont de Saint-Pétersbourg, en face du bâtiment du FSB (ancien KGB), vient d’être récompensé. L’oeuvre phallique, longue de près de 65 mètres et intitulé «Une bite capturée par le FSB» a reçu le Prix de l’innovation pour l’art visuel, doté d’une somme de 400 000 roubles (10 000 euros environ). Le dessin a été réalisé sur un pont levant. Et chaque fois qu’un bateau doit passer, le sexe se dresse bien droit devant les bureaux des services secrets.

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France 24: Un phallus géant surplombe Saint-Pétersbourg

22/06/2011

Un pénis immense a surplombé la ville de Saint-Pétersbourg pendant quelques instants dans la nuit du 14 juin, juste en face du siège du FSB (ex-KGB). Cet étrange spectacle a fait couler beaucoup d’encre dans les médias russes et sur Internet, et même la police russe s’en est amusée.

Les facétieux responsables : le groupe d’artistes underground Voina (“Guerre”, en russe), coutumier des performances provocantes et interdites.

Cette “œuvre d’art” a été rapidement effacée par les pompiers et les artistes interpellés par la police. Lionya Yebanuty, dit “Lyona l’Enfoirée”, a même été détenue pendant deux jours après la performance. Selon elle, les jeunes officiers qui la retenaient étaient hilares : ils auraient eux-mêmes photographié le pénis géant pour envoyer les clichés à leurs amis.

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NB: Lionya Ebnouty est un homme, évidemment, Lionya étant le diminutif russe de Léonide.

Artclair.com: Un collectif d’art russe sous le coup d’un mandat d’arrêt international

25/07/2011

SAINT-PETERSBOURG (RUSSIE) [25.07.11] – En Russie, un mandat d’arrêt international vient d’être émis à l’encontre d’Oleg Vorotnikov. Accusé d’« hooliganisme », il est le leader du collectif « Voïna », un groupe d’art contestataire. Il y a quelques mois, celui-ci avait reçu du ministère de la Culture un prix d’art moderne.

En septembre 2011, les membres du collectif artistique russe Voïna (La guerre) avaient renversé plusieurs voitures de police dans le cadre d’une performance, afin de protester contre l’arbitraire et la corruption des forces de l’ordre dans leur pays. Leur leader, Oleg Vorotnikov, avait alors été incarcéré. Fin juillet 2011, un mandat d’arrêt international vient d’être émis à l’encontre de ce dernier. Pourtant entre-temps, une autre de leur performance s’est vue attribuer le prix « Innovation » par le ministère de la Culture !

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Tags: Rue89 Libération France 24 Voïna dans les médias Prix Innovation Courrier international 
29 Sep 2011, 22:50

Les derniers articles parus dans la presse française sur Voïna.

Courrier international: Le pont, le vit et le FSB

24/06/2010

Un phallus géant de 65 mètres par 27 est apparu nuitamment sur un pont-levis de Saint-Pétersbourg. L’organe a été peint sur le sol en un temps record par le collectif moscovite Voïna (La guerre), spécialisé dans l’art de rue. Cible de cette action : le bâtiment du FSB (Service fédéral de sécurité), dont les fenêtres donnent sur le pont Liteïny.

Les quarante artistes ont opéré en vingt-trois secondes avant de prendre la poudre d’escampette. Un seul d’entre eux a été arrêté. Enthousiasmée par la “Bite cosmique” (Kosmitchesky khouï dans la langue de Tolstoï), la police s’est montrée “très amicale”, rapporte Leonid Nikolaev, qui a cependant passé trente-six heures au poste.

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Courrier international: Former des individus intrépides et libres

04/11/2010

En lutte ouverte contre les autorités, le collectif artistique russe Voïna multiplie les performances au parfum de scandale. Un type de contestation qui séduit en particulier les jeunes.

Le 16 septembre dernier, des militants de Voïna [“Guerre”, en russe] ont renversé deux voitures de police à Saint-Pétersbourg, au cours d’une performance qu’ils ont appelée Révolution de palais. Beaucoup de sympathisants de ce groupe artistique ont désapprouvé leur geste.

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Courrier international: “Voïna” ou l’art de la guerre pour la liberté

08/11/2010

Adepte de l’art conceptuel de rue, le collectif artistique russe Voïna excelle dans les performances tonitruantes et subversives dirigées contre les autorités et le pouvoir jugés fascisants. Dans une interview accordée à Courrier International, les responsables du groupe défendent une nouvelle radicalité de gauche, inspirée et héroïque.

Comment s’est constitué le groupe artistique Voïna ?

Lionia Iobnouty [“le Taré”] : C’est Oleg Vorotnikov qui l’a fondé en 2007. Au début, il ne comptait que quelques personnes, mais aujourd’hui, elles sont des dizaines, voire des centaines à prendre part à chacune de nos actions. Vorotnikov reste le cerveau du groupe.

Kozlionok [“Cabri”]: Mais Lionia Iobnouty est notre président et notre super-héros. C’est lui qui a sauté sur le toit d’une voiture du Service Fédéral de protection des personnalités devant le Kremlin !

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Courrier international: Le radicalisme artistique mène en prison

22/11/2010

Célèbre pour ses performances artistiques politiquement engagées, le collectif russe Voïna vient de voir deux de ses membres arrêtés. Un destin qui guette d’autres artistes contemporains russes adeptes de l’actionnisme viennois.

Deux membres dirigeants de Voïna (“la guerre”), un collectif qui pratique un art conceptuel de rue à travers des performances percutantes, ont été placés en détention à Saint-Pétersbourg le 17 novembre 2010, deux jours après leur arrestation à Moscou. Oleg Vorotnikov, 32 ans, et Leonid Nikolaev, 27 ans, ont été mis à l’ombre sans chef d’inculpation par un tribunal de Saint-Pétersbourg jusqu’au 25 novembre – avec prolongation possible jusqu’au 15 janvier 2011. Le renversement de véhicules de police le 17 septembre à Saint-Pétersbourg, objet d’une performance artistique, serait le déclencheur de l’affaire. Les deux artistes pourraient être poursuivis pour “hooliganisme par haine contre un groupe social” et encourir une peine de sept ans de prison. “Les activistes du collectif n’ont jamais caché que l’action ‘Révolution de palais’ à Saint-Pétersbourg est la leur ; ils ont d’ailleurs immédiatement diffusé la vidéo sur Internet. Or les arrestations ont eu lieu deux mois après, à Moscou, et ne concernent que deux personnes alors que les forces de l’ordre ont indiqué que cinq à sept individus ont renversé ces voitures”, s’étonne Novaïa Gazeta.

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France 24: Les artistes provocateurs de Voina ont peut-être fait le coup de trop

30/11/2010

Deux activistes du collectif artistique russe Voina (“guerre” en russe, ndlr) ont été arrêtés le 15 novembre pour avoir, dans le cadre d’une performance artistique, retourné une voiture de police à Saint-Pétersbourg. Les explications d’un membre de ce groupe éminemment subversif…

La vidéo a été tournée près du Palais Mikhailovsky où l’empereur Paul Ier de Russie avait été assassiné pour ses idées réformatrices, en 1801, après un coup d’Etat.

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Tags: Bite prisonnière du FSB France 24 Révolution de Palais Voïna dans les médias Courrier international Voïna 
29 Sep 2011, 22:27

Reportage de la chaîne allemande Kobalt-TV sur les évènements du 31 mars 2011 concernant le Groupe Voïna.

Artistes anarcho - 26/04/11

Voina

En russe, « voina » signifie « guerre ». Et la guerre, c’est bien ce que le groupe de performances Voina a déclaré à la police, à la classe politique et à l’establishment de l’art. Depuis peu, Banksy, l’icône du streetart, a décidé de soutenir leurs actions.

Modifier le cours de l’histoire, c’est la raison d’être de ces jeunes étudiants en philo, depuis leurs débuts en 2007. Leur performance « Baiser pour l’héritier du trône » a fait grand bruit. Deux jours avant l’élection présidentielle russe, ils ont un rapport sexuel  dans un musée de Moscou. Leur message : cette élection est une mascarade, vidée de son sens.

Oleg  
Le but de notre action était de rendre le droit de parole aux gens. Ça a suscité un immense scandale. Les gens ont enfin cessé de se taire, ils se sont mis à débattre, à discuter de cette présidentielle.

Depuis, Oleg et Natalia sont placés sous surveillance. Ils n’ont ni téléphone portable, ni cartes de crédit. Et ils ne paient pas de loyer, par principe, disent-ils. La communication avec leurs sympathisants se fait par mail. Oleg reste discret sur leur nombre qu’il situe entre 20 et 2000 personnes. Dans toutes les grandes villes russes, des collectifs Voina ont été créés. Leurs actions sont parfaitement organisées. Leur but : être plus rapide que la police.

Natalia
Généralement, c’est moi qui gère le déroulement de nos actions. Le truc, c’est de les planifier en plusieurs phases, et de faire en sorte que les différents parties ne soient pas interprétables séparément par les spectateurs. Ensuite, on répète le tout plusieurs fois. Chacun doit parfaitement mémoriser son rôle et celui des autres.

Voina doit sa notoriété à cette performance, réalisée à Saint-Pétersbourg. En quelques secondes, neuf activistes peignent un phallus surdimensionné sur le pont le plus connu de la ville, en face du siège des services secrets russes. Sur le net, le clip a été visionné des centaines de milliers de fois. L’opération a nécessité trois mois de préparation.

Natalia
Pendant deux semaines, toutes les nuits, on a noté les heures de levée du pont, on a compté le nombre de gardes, on a étudié le comportement des gens et la manière dont les voitures s’arrêtent quand le pont est levé. Avec tout ça, on a fait des statistiques.Ensuite, ce qui est important, c’est de préparer une sortie digne.

Mais tout ne se passe pas toujours bien. A l’automne 2010, le groupe retourne un véhicule de police devant un poste de la milice. But de la manœuvre : renverser symboliquement le rapport de force entre la police et la population.

Leonid
J’étais dans une cellule minuscule sans fenêtre et sans radio. En prison, ils appellent ça le « Gushnyak – le poulailler ». Tu es coupé du monde, sans la moindre information.

Après leur arrestation, une pétition signée par plus de 5000 artistes, journalistes, écrivains, enseignants et chauffeurs de taxi a été lancée en guise de protestation.
 
Depuis un mois, Oleg et Leonid sont en liberté conditionnelle. Leur caution a été payée par – tenez-vous bien – Banksy !

Il y a un mois, Oleg et Leonid ont été libérés avec mise à l’épreuve. S’ils récidivent, ils encourent jusqu’à 7 ans d’emprisonnement. Mais récidiver, ils y comptent bien.

Pendant le tournage de Tracks, le collectif a maille à partir avec la milice russe. Hier encore, tabassés et écroués, les artistes de Voina sont sacrés en avril 2011 de manière tout à fait surprenante par…

…les plus hautes instances de l’Etat (non, vous ne rêvez pas) : le ministère russe de la culture a en effet décerné son prix de l’innovation au projet « Dick captured by KGB » !

Source: http://www.arte.tv/fr/recherche/3836508.html

Tags: Voïna dans les médias Voïna-TV Kobalt-TV Natalia Sokol Koza Vor Oleg Vorotnikov Lionya Ebnouty Léonide Nicolaïev 31 mars 
27 Sep 2011, 1:25

L’Institut Bulgare de la Culture de Hambourg a détaché l’exposition “Artistic Positions on Networks of Power” à Graz, en Autriche.

« La Bite prisonnière du FSB », 14/06/2010, Saint-Pétersbourg.

Ouverture de l’exposition: samedi 24 septembre 2011.
Ouverture officielle à 10h00.
L’exposition sera ouverte ce jour sans interruption jusqu’à minuit.

Durée:
24.09 - 22.12.2011

Horaires d’ouverture:
Lundi - vendredi: 10h-18h
Samedi: 12h-16h
Fermé les jours fériés.

Horaires d’ouverture étendues pendant le festival steirischer herbst.
24.09 - 16.10.2011, samedi et dimanche de 10h30 à 18h.

Présentation de l’exposition par l’Institut Bulgare de la Culture de Hambourg:

Les systèmes de pouvoir parallèles sont fortement imbriqués: le pouvoir politique, les intérêts économiques, la religion, les médias, les élites intellectuelles. Nombre de décisions dans notre démocratie sont prises de façon pseudo-démocratique dans le meilleur des cas, quand la corruption, la prévarication ou, dit de façon plus euphémistique, le lobyying, exercent leur influence. La législation gênante est contournée, des réseaux invisiblent travaillent à modeler la réalité dans les coulisses. Quand des journalistes d’investigation, des enquêteurs critiques envers le système et des activistes tenaces cherchent les pièces manquantes dans l’information publique, ils sont dépendants de ceux qui sont prêts à divulguer quelque chose sur la façon dont les choses liées entre elles dans les sphères du pouvoir: mais les informateurs restent souvent invisibles et anonymes, ils ne donnent pas d’interview et restent incognito pour toujours. Comment pouvons-nous saisir le tableau d’ensemble dans cette situation? Où est la vérité entre des théories conspirationnistes absconses et la réalité determinée officiellement qui essaye de jeter le voile sur le plus de choses possible?

L’exposition est coproduite par steirischer herbst, l’Institut Bulgare de la Culture - Hambourg et <rotor>.

Avant son départ pour Graz, l’exposition est visible à l’Institut Bulgare de la Culture à Hambourg (Allemagne), le conservateur est Ivan Moudov.

http://www.bic-hamburg.de/en/detached/9.html

L’entrée est libre.

http://rotor.mur.at/frameset_aktuell-eng.html

Tags: exposition de Voïna Graz Artistic Positions on Networks of Power Institut Bulgare de la Culture de Hambourg steirischer herbst rotor 
25 Sep 2011, 4:29

C’est à Vienne qu’a commencé le 23 septembre 2011 la campagne d’installations « Voina - Wanted »: « Interpol et le Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie cherchent Oleg Vorotnikov et le groupe Voïna dans le quartier des musées à Vienne » a été initiée par Alexeï Ploutser-Sarno, concepteur des médias du Groupe Voïna. Sauf mention contraire, les photographies sont de Yana Sarna, activiste du Groupe Voïna. Le portrait d’Oleg Vorotnikov dans la salle du tribunal a été réalisé par le photographe du Groupe Voïna Vladimir Téléguine. L’action de protestation a été lancée avec le soutien de Syndney Ogidan, conservateur indépendant et directeur du Festival Black River, de Wolfgang Stranzinger, président de Lomographische AG, Gerald Matt, directeur de la Kunsthalle de Vienne, et de Catherine Hug, conservatrice de la Kunsthalle de Vienne.

Le Groupe Voïna à Vienne, action de protestation contre le lancement d’un avis de recherche international contre Oleg Vorotnikov.

Le Groupe Voïna, contre lequel les flics russes ont lancé un avis de recherche international, a initié une action mondiale de protestation contre les répressions illégales dont sont victimes les artistes russes. Voïna va suspendre à travers le monde entier mille affiches « Voina - Wanted » avec le portrait de l’idéologue du groupe Voïna Oleg Vorotnikov, derrière les barreaux de la sale du tribunal, d’une dimension de 3 × 4 mètres. Comme on sait, à la demande du Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie, Interpol cherche dans le monde entier Oleg Vorotnikov qui n’a pas quitté la Russie. Avec cela, les agents des organes russes chargés de l’application de la loi ont aussi confisqués illégalement au groupe Voïna, lors de la perquisition du 15 novembre 2010 à Moscou, toutes leurs pièces d’identité, de sorte qu’Oleg Vorotnikov, Natalia Sokol, Casper Nenagliadni et Léonide Nicolaïev n’ont aucun moyen de passer la frontière, bien que des conservateurs d’art contemporain occidentaux les invitent, sur quoi beaucoup de médias du monde ont déjà écrit. De cette façon, le lancement d’un avis de recherche international contre les célèbres artistes, qui n’ont pas quitté la Russie, représente non seulement un outrage à l’art contemporain, mais aussi à Interpol. Cette action constitue une parodie des actes du Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie et d’Interpol, qui a également besoin d’être réformée puisqu’il y a longtemps déjà qu’elle est devenue un jouet impuissant dans les mains de bureaucrates corrompus et de pays autoritaires.

Interpol et le Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie cherchent Oleg Vorotnikov et le Groupe Voïna à la Kunsthalle de Vienne.

Oleg Vorotnikov recouvre Salvador Dali. Voïna sur la façade du Palais Franz Joseph I.

Interpol et le Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie cherchent Voïna au Leopold Museum parmi les œuvres Picasso, Kandinski et Malévitch.

Interpol et le Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie cherchent Voïna sous les ponts et sur les quais de Vienne.

Photo: Andreas Waldschütz, activiste du Groupe Voïna. http://www.waldschuetz.com/

Photo: Andreas Waldschütz, activiste du Groupe Voïna. http://www.waldschuetz.com/

Photo: Brad Downey et Akay, amis du Groupe Voïna.

Photo: Brad Downey et Akay, amis du Groupe Voïna.

La télévision autrichienne retransmet l’avis de recherche de Vor accroché au pont pour aider à emmerder les flics.

Interpol s’est planté, il fallait chercher Voïna dans le bâtiment principal du Black River Festival.

Vor sur la façade du festival dans le centre de Vienne, sur la place Albertina, en face du musée Albertina, à côté de l’opéra de Vienne.

Tags: Alexeï Ploutser-Sarno Catherine Hug Gerald Matt Interpol Natalia Sokol Oleg Vorotnikov Sydney Ogidan Vienne Vladimir Téléguine Voina - Wanted Vor Voïna Wolfgang Stranzinger Yana Sarna avis de recherche installation soutien international Plout 
24 Sep 2011, 23:03

Les stars mondiales de l’actionnisme, le collectif américain The Yes Men, s’est joint à Voïna dans le boycott de la Biennale d’Art Contemporain de Moscou.

Il y a quelques jours, le groupe Voïna s’est adressé à la communauté artistique mondiale en l’appelant à boycotter la Biennale de Moscou. Voïna a qualifié sa démarche de mesure non-violente de dernier recours après que les organisateurs de la Biennale de Moscou ont secrètement essayé d’exposer ses œuvres, volées par des provocateurs et des flics en mai et en novembre 2010.

Le texte de l’appel a été publié sur Free Voina en Russe, en Anglais et en Français.

Oleg Vorotnikov:

« Nous avons pu obtenir le retrait. Les œuvres volées ne vont pas être exposées. La conservatrice Tatiana Volkova a quand même eu la trouille de faire quelque chose d’aussi insensé. Mais maintenant, à mon avis, ce qu’elle fait est encore plus lâche. Les conservateurs, par vengeance, exposent à la Biennale des faux signés de notre nom. »

« Ne pas participer à la Biennale de Moscou pour des artistes indépendants, comme le sont les activistes de Voïna, c’est d’une importance absolument vitale », écrit Natalia Sokol, qui est recherchée au niveau fédéral. « Ne pas se baigner dans cette merde, c’est notre droit, et nous comptons arriver à nos fins. »

Les types du collectif The Yes Men, qui partagent les mêmes idées, se sont joint à Voïna. Igor Vamos, de son surnom Mike Bonanno, a envoyé au groupe cette lettre:

2011/9/17 mike bonanno

Hello!

We can boycott, sure. Is there any particular method that you would like us to use for boycotting? We can tell the organizers that we boycott. We are supposed to do a thing via skype… we could use the opportunity to read a statement from you. the event is live so it would be a chance to speak these words in front of the audience. we could just read the statement and be done if you like.

Best,

Mike

______________________

Salut!

On peu boycotter, bien sûr. Est-ce que vous voulez qu’on emploie une méthode de boycott particulière? On peut dire aux organisateurs qu’on boycotte. On est censé faire quelque chose par skype… on pourrait saisir l’occasion pour lire une déclaration de vous. l’évènement est en direct et ainsi on aura la chance de dire ces paroles devant le public. on pourrait juste lire la déclaration et puis terminé, si vous voulez.

Amicalement,

Mike

La réaction des autres artistes, parmis lesquels celle de Dmitri Boulniguine, participant à la même exposition, a consisté à « prier » Voïna de n’être pas aussi intransigeante.

L’artiste américain d’origine russe Dmitri Strakovski, qui supervise l’un des programme de la Biennale de Moscou, a écrit, après s’être informé de la situation auprès de Volkova:

« C’est du carriérisme de gauche à la mode. Je ne suis pas un grand amateur de la chose et nous en avons énormément ici. Je ne veux quand même pas me fâcher avec elle, mais maintenant il est clair que ça ne fonctionnera tout simplement pas. C’est malheureux. Sur le plan des contacts, Tania s’est fait du tord à elle-même. Natalia [Mount] et moi avons essayé de l’aider en nous portant garants, maintenant je ne pense pas que je vais m’attaquer à ça. Je ne suis pas d’accord avec la plupart de vos positions politiques, mais vous n’avez pas une once d’hypocrisie, ce pourquoi je vous estime. Par contraste, je perçois quelque chose de pas très clair dans la position de Volkova. C’est ce que les vieux des années soixantes appelaient ici “plastic hippie”. »

Réponse de Vorotnikov à Strakovski:

« Ça ne trouble aucun des organisateurs que des œuvres volées par des flics soient exposées et ils sont parfaitement à l’aise avec le fait que quelque chose soit montré comme une œuvre de Voïna et signé de notre nom. Le parti a dit qu’il le fallait, le komsomol a répondu “à vos ordres!”. D’en haut on a dit d’exposer Voïna à tout prix, qu’importe ce qui est exposé, pourvu qu’elle y soit. »

L’artiste russe Dmitri Boulniguine, participant à la même exposition, est supéfié par les actes de Piotr Verzilov, qui continue à se faire passer pour un participant du groupe Voïna:

« À propos, Piotr Verzilov lui [Volkova] a promis de régler cette question avec vous. Apparemment il l’a arnaquée… »

Réponse de Vorotnikov à Boulniguine:

« C’est mal de participer à un projet dont les participants sont choisis en cachette, secrètement ou par tromperie. Volkova peut bien montrer un cul avec un manche, mais pas sous le nom de Voïna. Je ne lui veut pas le moindre mal, elle est un pion qui exécute les ordres qu’elle reçoit d’en haut, mais il lui reste tout de même encore des oreilles pour entendre, et ce n’est pas la première fois qu’elle refuse d’entendre ce que nous lui disons. Pour nous c’est absolument inacceptable d’être exposés à la biennale corrompue. Pour Voïna c’est une question d’honneur. »

Tags: Biennale de Moscou Dmitri Boulniguine Dmitri Strakovski Mike Bonanno Natalia Sokol Oleg Vorotnikov Piotr Verzilov Tatiana Volkova The Yes Men boycott soutien international Vor Koza 
23 Sep 2011, 22:15

Vidéo en direct du Sommet Creative Time: http://www.livestream.com/creativetime.

Voïna est déjà passée. Vous pouvez regarder les interventions des autres participants.

Nous publierons bientôt la vidéo de l’intervention de Voïna.

Tags: Living as Form Nato Thompson New York Sommet Creative Time Veliki exposition de Voïna Katia Bowie 
23 Sep 2011, 20:19

23 septembre 2011

Aujourd’hui Voïna se produit à New York au troisième Sommet Creative Time.

Programme du Sommet

Demain s’ouvre une exposition sur Voïna dans le cadre de l’exposition Living as Form à New York à l’adresse: The historic Essex Street Market, au coin Sud-Est des rues Essex et Delancey (entrée par la rue Delancey), New York City.

L’exposition se prolonge du 24 septembre au 16 octobre.

Du lundi au mardi, de 12h à 20h.

Le site de Living as Form.

Nous publierons bientôt un reportage sur le Sommet.

Tags: Living as Form Sommet Creative Time exposition de Voïna Nato Thompson 
20 Sep 2011, 4:41

Artistes et journalistes du monde! Membres des institutions artistiques! Employés de la 4ème Biennale d’Art Contemporain!

Ceci est un appel à soutenir le collectif artistique Voïna. La situation terrible dans laquelle va se dérouler la Biennale d’Art Contemporain de Moscou nous a forcé à recourir à des mesures si extrêmes.

Le projet en question est: http://4th.moscowbiennale.ru/en/program/special_projects/impact.html

L’IMPACT MÉDIATIQUE. FESTIVAL INTERNATIONAL D’ART ACTIVISTE.

Conservatrice: Tatiana Volkova.

Co-conservateurs: Anna Dikovitch, Roman Minaïev et Arseni Sergueïev.

Architecte: Maria Kalinina.

Coordinateurs: Elia Koultchitskaïa et Anastasia Chichkova.

L’équipe du projet a mis Voïna sur la liste des participants mais cela a été fait contre notre volonté! De plus, cette exposition va présenter des œuvres contrefaites et fausses, qui n’ont pas de rapport avec nous, de même que des œuvres qui ont été volées à Voïna lorsque les membres du groupe étaient en prison. En novembre 2010, durant la détention des chefs de Voïna Oleg Vorotnikov et Léonide Nicolaïev, toute la documentation concernant les actions récentes de Voïna a été volée. Le vol a été perpétré par les flics russes (à savoir le département anti-extrémisme, le Centre “E”, créé pour réprimer l’opposition et les artistes libres en Russie). Avant cela, toutes les archives matérielles et électroniques avaient été volées par les provocateurs Piotr Verzilov et Nadejda Tolokonnikova. Pendant que les chefs de Voïna étaient en prison, ces individus étaient occupés à diffuser de la désinformation dans les médias (y compris des médias étrangers), s’autoproclamant les chefs de Voïna et s’attribuant la paternité d’actions telles que La Bite prisonnière du FSB!, La Révolution de Palais, Léo le Taré est notre président, Comment voler un Poulet (http://www.liveleak.com/view?i=fef_1279895437) et d’autres.

En mai 2010, Verzilov et Tolokonnikova se sont introduits par effraction dans le garage qui abritait les archives de Voïna et ont tout pris.

Vous savez probablement que la Russie a un des taux les plus élevés de corruption au monde. La corruption imprègne tout ici depuis le haut jusqu’au bas, particulièrement dans le gouvernement et parmi les officiels de tous acabits, de même que parmi les flics et ceux qui les servent. Le niveau de corruption est si extraordinaire que les citoyens ordinaires et les artistes indépendants ordinaires sont impuissants face à ce système criminel, alors que tous les fonctionnaires ou les conservateurs d’art (ce qui en Russie est la même chose) se couvrent les uns les autres pour faire du profit et recevoir une part du fric des subventions.

Les fonctionnaires échappent facilement à la justice avec leurs crimes quotidiens. Les citoyens russes ont depuis longtemps abandonné l’espoir de changer cette situation et ils essayent juste de se cacher et de survivre, pendant que la corruption détruit le pays. C’est encore pire pour les artistes contestataires comme nous qui nous opposons ouvertement au régime politique et au système de l’art complètement conformiste, embourbé dans le mercantilisme et le vol et ne servant que les intérêts des élites dirigeantes.

Les organisateurs, la galerie JIR et le Centre ARTPLAY, nous ont inclus dans leur projet “Impact Médiatique. Festival International de l’Art Activiste” par des moyens malhonnêtes, de façon frauduleuse et contre notre volonté. Ils ont l’intention d’exposer des faux, des imitations et du plagiat sous le nom de Voïna. Les œuvres présentées n’ont rien à voir avec notre groupe! Ils le font manifestement exprès, puisque ce n’est pas la première fois qu’ils essayent de faire ces bouffonneries. Nous avons à de nombreuses reprises appelé les organisateurs à ne pas nous inclure dans l’évènement. Nous refusons catégoriquement de participer aux affaires pourries et corrompues de la Biennale de Moscou, qui cherche à maintenir une illusion de vie artistique en Russie devant la communauté internationale.

Cependant, notre droit de refus et de non-participation a été violé et notre œuvre volée. En plus des œuvres volées, les organisateurs ont l’intention d’exposer des faux sous le nom de Voïna.

Cela est délibérément fait au moment où nous sommes dans l’incapacité de contrecarrer les organisateurs par une quelconque opposition légale. Les autorités et les flics russes menacent Voïna de la façon la plus directe et le groupe est maintenant à deux doigts de l’extermination physique. Des activistes de Voïna ont été enlevés dans la rue et dans leurs maisons et frappés dans les rues. De nouvelles poursuites pénales sont encore en cours de fabrication. Le chef de Voïna Oleg Vorotnikov fait l’objet d’un avis de recherche international qui est basé sur une fausse information. Sa femme Natalia Sokol, une activiste et la coordinatrice en chef du groupe, est sur la liste des personnes recherchées au niveau fédéral. Les autorités la recherchent dans toute la Russie, essayant aussi de l’arrêter et de lui prendre son fils, Casper Dont-On-Ne-Peut-Pas-Détourner-Les-Yeux Sokol. En novembre 2010, ils ont initié une procédure pour lui enlever ses droits parentaux. Les cartes d’identité et les biens des membres de Voïna ont été confisqués. C’est particulièrement préoccupant en Russie, où l’on ne peut même pas emprunter les transports publics ou recevoir d’aide médicale sans un passeport. Le groupe est systématiquement traqué. Les activistes du groupe ont été obligés d’entrer dans la plus totale clandestinité et de s’y cacher sans aucun moyen d’existence légal.

Dans ce contexte, Voïna est impuissante à faire face aux conservateurs corrompus et vénaux de l’art russe dans le domaine légal. Pour les membres du groupe, tout recours à la justice et toute apparition publique peut aboutir à des arrestations et emprisonnements, dans le meilleur des cas. Aussi, le simple fait de s’approcher de la police est une incitation directe à la violence physique, comme l’ont démontré les menaces et les attaques passées. Des activistes ont été inculpés dans plusieurs affaires pénales fabriquées, qui les menacent de 7 et 5 années de prison. Dans le domaine légal, nous avons les mains liées! Ça donne aux conservateurs de la Biennale de Moscou l’occasion de faire ce qui leur plaît avec nous, de voler nos œuvres et de les exposer, sans même demander notre permission.

Voïna n’a reçu aucun avis ni même la moindre lettre des organisateurs, les conservateurs Tatiana Volkova, Anna Dikovitch, Roman Minaïev et Arseni Sergueïev. Par conséquent nous n’avons pas fourni et nous ne prévoyons pas de fournir quelqu’œuvre d’art que ce soit pour l’exposition. C’est notre droit!

Les conservateurs de la Biennale ont délibérément omis de nous informer de leur souhait d’inclure Voïna dans l’exposition. Nous refuserions toute offre de ce genre venant des bureaucrates corrompus de l’art, et ils s’en rendent compte. À cause de cela, ils doivent agir secrètement, discrètement. Leur but est de discréditer l’opposition et l’art contestataire. Ils exploitent éhontément notre situation difficile, ils utilisent la persécution policière et l’ordre direct de la police de liquider Voïna pour faire ce que bon leur semble avec nos œuvres. Ils ne reculent devant rien, pas même devant la malhonnêteté, la fraude, le vol et la falsification.

Les organisateurs ne vous ont pas seulement trompés vous, les participants de la Biennale, mais aussi les médias. L’exposition frauduleuse est déjà couverte par la presse, avec l’annonce de notre prétendue participation comme le temps fort de l’évènement.

http://www.inyourpocket.com/russia/Moscow/4th-Moscow-Biennale-of-Contemporary-Art_72379f (en Anglais)

Festival de l’Art Activiste

Le premier festival d’art activiste de l’histoire se déroulant au Centre de Design ArtPlay du 24 septembre au 10 octobre va drainer à la Biennale (pourvu qu’ils ne soient pas préalablement arrêtés) encore plus d’artistes impliqués dans l’activisme social et politique. Les blagueurs étasuniens The Yes Men et le Groupe Silence=Death devraient participer au festival organisé librement aux côtés de quelque 30 autres (principalement russes) artistes-activistes. La faction moscovite du groupe controversé Voïna participera également et suscitera vraisemblablement autant d’attention de la part des médias de l’art que de la part de la police. Menant actuellement des luttes judiciaires à Saint-Pétersbourg pour avoir audacieusement retourné des voitures de police, Voïna a gagné le soutien de Banksy de Grande-Bretagne et est devenue célèbre pour ses “performances” exotiques et souvant choquantes. Leur geste le plus célèbre a eu lieu en 2010 quand ils ont peint un phallus géant sur un pont basculant de Saint-Pétersbourg qui se trouve en face du département local du FSB (anciennement le KGB). Leurs autres actions comprennent la mise en scène d’une orgie simulée dans un musée de la biologie, la projection d’un crâne géant et d’os croisés sur un bâtiment parlementaire de Moscou, un lancé de chat à des caissiers de MacDonalds et une vidéo montrant une personne de leur équipe volant un poulet dans un supermarché en le cachant où le soleil ne brille pas.

http://www.inyourpocket.com/russia/Moscow/concerts-culture-events-entertainment/Exhibitions/Media-Impact-International-Festival-of-Activist-Art_86043v (en Anglais)

Expression effrontée de la dissidence et de la protestation, ce festival d’art activiste va rassembler des dizaines de groupes du monde entier, y compris les blagueurs étasuniens The Yes Men, la dissidente biélorusse Marina Naprouchkina et la faction moscovite du célèbre Groupe Voïna. Voïna, qui ont autrefois peint un phallus géant sur un pont basculant de Saint-Pétersbourg, qui ont déjà été emprisonnés pour avoir retourné une voiture de police et qui sont actuellement aidés financièrement par l’artiste de rue britannique Banksy et dont on peut donc s’attendre à ce qu’ils suscitent un particulièrement grand intérêt.

http://www.afisha.ru/exhibition/70265/ (en Russe)

Festival International de l’Art Activiste (Impact Médiatique)

Installation, nouveaux média, performance

Galerie ArtPlay, 24 septembre - 10 octobre

Projet Spécial de la 4ème Biennale de Moscou d’Art Contemporain

“Impact Médiatique” promet d’être l’un des évènements les plus excitants de la Biennale. Des collectifs activistes internationaux aussi bien que groupes provinciaux [russes] vont se réunir à Moscou - “pas seulement par la Guerre [Voïna, en Russe]”. En plus des expositions avec les documentations des actions, il y aura beaucoup d’évènements vivants. Les œuvres de collectifs américains importants vont être exposées: Gran Fury, The Yes Men; accompagnées de performances des Grecs Kavecsprojects et des Allemands Organ Kritischer Kunst.

Nous vous appelons à nous aider à faire face à cette absurdité légale et à ce pillage flagrant, cyniquement organisé et mise en œuvre par les fonctionnaires conservateurs de la Biennale contre les artistes, privés de tout moyen légal d’agir sur les évènements.

Nous vous demandons instamment de boycotter la Biennale de Moscou, organisation embourbée dans une corruption totale, une fraude flagrante et une escroquerie inépuisable.

Voïna

Les activistes de Voïna:

Oleg Vorotnikov, idéologue
Léonide Nicolaïev, président
Natalia Sokol, coordinatrice
Alexeï Ploutser-Sarno, concepteur des médias
Casper Sokol
Yana Sarna
Jenny Curpen
Ksénia Ermochina
Charles Swain


Avocats de Voina groupe

Dmitri Dinze
Ilnur Sharapov
Sergey Petryakov

Le 15 septembre 2011.

Tags: Biennale de Moscou Piotr Verzilov Nadejda Tolokonnikova soutien international provocation Tatiana Volkova Voïna ACAB 
18 Sep 2011, 20:08

EN GUERRE

Passé maintenant dans la clandestinité, le collectif artistique politisé et récompensé d’un prix, Voïna, prépare un nouveau coup.

Par Sergeï Tchernov
The St. Petersburg Times
Publié le 27 juillet 2011

La pression de l’État sur le collectif artistique radical Voïna - célèbre pour ses coups spectaculaires tournant les autorités et la police russes en dérision - s’est accrue ces derniers jours, malgré la large reconnaissance acquise par le groupe après qu’il a remporté un important prix artistique subventionné par l’État, des invitations pour des évènements artistiques internationaux de haute volée et malgré l’attention qu’il a attiré dans le monde entier.

Le Groupe Voïna dans les premiers jours suivant la libération d’Oleg Vorotnikov (au centre) et de Léonide Nicolaïev (à gauche).

À la fin de la semaine dernière, un tribunal local de Petersbourg a confisqué l’argent de la caution déposée pour la mise en liberté d’Oleg Vorotnikov, le chef de facto du groupe. L’argent (300 000 roubles, soit $10 800) avait été donné par l’artiste de rue britannique Banksy et provient du produit d’une vente spéciale d’impressions en soutien aux membres emprisonnés du groupe. Le tribunal a jugé que Vorotnikov devait être arrêté et placé en centre de détention préventive pour deux mois; il a également lancé un avis de recherche international. Un avis de recherche national [fédéral, N.d.T.] avait été lancé contre lui en mai.

Malgré les tentatives des officiels d’exclure Voïna de la liste des nominés, le Prix de l’Innovation leur a été décerné pour “La Bite prisonnière du FSB” - un immense dessin de pénis peint sur le pont Liteïny, à côté du quartier général local du Service Fédéral de Sécurité (FSB), en juin 2010. Les artistes, cependant, font l’objet d’une poursuite pénale pour un autre coup, “La Révolution de Palais”, qui aurait impliqué le retournement d’une voiture de police ou plus à Saint-Pétersbourg en septembre 2010.

D’après les artistes, l’action était une demande métaphorique de réforme du Ministère de l’Intérieur et d’arrêt de l’arbitraire policier.

En novembre 2010, Vorotnikov et Léonide Nicolaïev de Voïna ont été arrêtés dans un appartement de Moscou et conduits dans un fourgon, menottés et avec un sac plastic sur la tête, à Saint-Pétersbourg, où ils ont été inculpés de vandalisme criminel motivé par la haine envers un groupe social particulier (en l’occurrence, la police) et enfermés dans un centre de détention préventive durant 3 mois. L’infraction est passible d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans.

Après que Vorotnikov et Nicolaïev ont été libérés sous caution en février, le groupe a été activement impliqué dans le mouvement des droits civiques en aidant les prisonniers dont les condamnations ou les détentions préventives prolongées semblent être en rapport avec leur activisme politique.

Les artistes ont utilisé le reste de la donation de Banksy (4,5 millions de roubles, soit $160 735) pour aider un certain nombre de prisonniers politiques tels que Taïssia Ossipova, une femme de Smolensk, en Russie occidentale, qui a été inculpée pour possession de drogue. Ceux qui la soutiennent affirment que la police a placé la drogue qu’elle dit avoir trouvée dans son appartement durant une perquisition. Ossipova en est à son neuvième mois de détention provisoire malgré le dossier douteux monté par l’accusation, et bien qu’elle souffre de diabète et ait une petite fille.

Taïssia Ossipova, prisonnière politique, lors d’une audience de son procès.

Les organisations de défense des Droits de l’Homme voient sa détention comme une tentative d’arrêter l’activité politique de son mari, Sergueï Fomtchékov, un militant du parti d’opposition L’Autre Russie.

Les membres de Voïna ont également fait une session photographique avec Catrina, la petite fille d’Ossipova âgée de cinq ans, pour attirer l’attention du public sur son cas. Ils ont envoyé différentes sommes de la donation de Banksy pour aider d’autres activistes emprisonnés, dont l’antifasciste de Pétersbourg Rinat Soultanov, qui a été condamné à deux ans de prison en avril pour le rôle qu’il aurait eu dans une bagarre de rue avec des néo-nazis en novembre 2008.

Photo: Vladimir Téléguine.
Léonide Nicolaïev et Oleg Vorotnikov en compagnie de Catrina et de Casper.

Plus tôt ce mois-ci, Voïna a donné 400 000 roubles ($14 400), la totalité de la somme du Prix de l’Innovation, à l’Association de Défense des Droits de l’Homme Agora, une organisation basée à Moscou dont les juristes ont fournit au groupe et à d’autres activistes une assistance juridique.

Une nouvelle affaire pénale a été ouverte contre Vorotnikov en avril après que lui et sa femme, la membre de Voïna Natalia “Kozlionok” Sokol, ont été arrêtés au cours du rassemblement de l’opposition le 31 mars. Il risque jusqu’à cinq ans de prison pour de supposés trouble à l’ordre public, violence contre un officier de police et insulte à un officier de police.

Plus tôt ce mois-ci, Sokol a également été nommée comme suspecte dans l’affaire. Les enquêteurs affirment qu’elle a insulté un officier de police, une infraction passible d’une condamnation pouvant aller jusqu’à un an de travaux correctionnels. Vorotnikov et Sokol ont un fils âgé de deux ans, Casper.

Photo: Vladimir Téléguine.
Koza (Natalia Sokol) en compagnie de son fils Casper et de Catrina.

Malgré ces persécutions, Vorotnikov - qui est maintenant dans la clandestinité - a déclaré dans une récente interview exclusive au St. Petersburg Times qu’à travers ses pratiques clandestines, Voïna a aidé l’art à rester en vie et l’a ramené sous les projecteurs.

Après avoir gagné le Prix de l’Innovation, Voïna a été vertement critiquée par une partie des médias et du public. Quelle est votre réaction?

Je n’attends pas de sympathie envers notre art de la part de qui que ce soit. Et je suis toujours surpris quand des gens disent qu’ils aiment Voïna. Alors j’observe plus attentivement ces gens. Presque tous vivent une vie difficile, et beaucoup ont de la peine, ont subi des pertes et des déboires dans leur passé. Les passions qui ont blessé ces gens! Mais ils sont toujours pleins d’espoir. Ce sont les personnes les plus intéressantes au monde. Ce sont leurs cicatrices et leurs défauts qui les rendent sympathiques. Je peux imaginer comment, pendant l’amour, ils touchent et embrassent les cicatrices sur le corps de l’autre. Il n’y a pas d’autre raison d’aimer quelqu’un dans cette vie. Casper a déjà des cicatrices infligées par les flics.

Le travail et les activités politiques de Voïna ont étonnament suscité des critiques de la part de gens qui se considèrent comme gauchistes.

Le fait est que Voïna dévoile certains caractères cachés et, disons, réactionnaires chez les gens. Je suis d’accord avec les observateurs qui ont remarqué que, comparés à Voïna, beaucoup de gauchistes ne sont pas des gauchistes du tout, mais plutôt des centristes, peut-être même des centristes inclinant à droite. Avant Voïna, ils étaient extrêmement gauchistes, des gauchistes radicaux, et puis soudainement il s’est avéré qu’ils n’étaient que des philistins. Il y a des gens qui vivent de subventions et écrivent des articles, et qui imitent le véritable travail de protestation par ce genre d’activités. C’est ainsi qu’avec l’émergence de Voïna, ils ont tout à coup quitté l’aile gauche pour la réaction.

Oui, nous combattons le régime, parce que les autorités qui existent sont philistines et bornées de la même façon. Tout leur idéal se résume à un hélicoptère et une villa. Ensuite ils craquent pour deux hélicoptères et quatre villas. Et ça suffit: ils ne vont pas plus loin; leurs ambitions ne s’élèvent pas plus haut. Dans ce sens, nous sommes contre les philistins. Les philistins sont nos ennemis. Le régime est seulement un problème particulier de notre guerre [“voina” en Russe, N.d.T.].

Ainsi les philistins ont pris les armes contre nous: ils ont vu que nous étions contre eux. Il y a beaucoup de philistins: toute la société est devenue philistine; la société est devenue presque entièrement philistine. En ce sens, notre combat est plutôt idéaliste. Parce que chacun le voit comme une attaque contre lui-même, un combat contre l’aspect comfortable de sa vie.

Les critiques semblent particulièrement agacées par le fait que vous emmenez Casper à vos coups et à vos manifestations de protestation.

Ils sont devenus aussi histériques à propos de Casper parce que c’est un affront à l’aspect comfortable de leur vie. Ils ont l’habitude de donner leurs enfants à quelqu’un d’autre et de sortir pour gagner de l’argent. Pour Koza (Sokol) et Casper, ça a été un choc quand ils ont été séparés par les flics pendant plus de vingt-quatre heures: ils n’avaient jamais été séparés si longtemps.

Koza (Natalia Sokol) avec Casper.

Mais le plublic proteste. Ils disent: “S’ils sont tout le temps ensemble, alors de quoi vivent ils? Ça veut dire qu’ils ne sont pas pauvres. Ça veut dire que ce sont des gens aisés ou des Bohémiens.”

Ils ne peuvent même pas imaginer une situation différente. Que nous restons ensemble non pas parce que nous avons beaucoup d’argent, mais pour une raison différente, idéologique. Notre vie est donc basée là-dessus. Nous sommes avec Casper [tout le temps], et donc Casper nous fait nous plier à sa vie.

Maintenant, beaucoup de gens ont commencé à comprendre que notre guerre est sans fin, qu’elle est plus vaste qu’une simple guerre contre un régime de gangsters, criminel et absurde. C’est davantage une guerre contre une attitude anormale envers la vie.

Le fait que le prix, financé par le Ministère de la Culture, ait été attribué à la “Bite prisonnière du FSB” a choqué et contrarié beaucoup de gens.

Tout le monde est devenu histérique. Comment cela se peut-il? Une sale bite a remporté un prix! C’était une sorte d’insulte envers eux, envers leurs sensibilités très délicates de petits-bourgeois.

C’est merveilleux que ça se soit produit, vraiment. C’est une véritable claque dans la figure du goût public! La blague a été jouée jusqu’au bout: elle n’est pas restée au niveau de manifestes marginaux ou d’expositions clandestines - bien que nous soyons contre l’officialité, évidemment.

La blague c’est qu’ils [le public] n’avaient pas vu la Bite avant [qu’elle remporte le prix]. Ils pouvaient s’autoriser à fermer les yeux sur elle, parce qu’elle n’était pas approuvée au sommet.

Mais maintenant, c’est comme si des allumettes avaient été coincées dans leurs yeux et qu’ils ne pouvaient simplement plus les fermer. Dans la forme du prix, de la statuette, la Bite est toujours devant eux. Ils ne peuvent pas s’empêcher de la voir, même s’ils en seraient contents. Ça les rend fous.

Je pense que l’art est également didactique et que l’éducation fait partie de ses objectifs. En combattant les autorités, nous éduquons aussi le peuple. Tout ça est très russe.

Pouvez-vous expliquer votre méthode de travail illégal?

C’est très important de travailler en dehors des institutions. Ils essaient maintenant de rassembler l’art dans les institutions, et beaucoup de gauchistes comme [l’artiste Anatoli] Osmolovski s’en félicitent. Ils pensent simplement que le principal problème de l’art contemporain russe, c’est le fait que nous ne soyons pas éduqués, que nous n’ayons pas de programme universitaire en art [contemporain].

Mais nous montrons que c’est le contraire en l’occurrence: que notre salut réside exactement dans le fait que nous n’avons pas ces études universitaires. Que nous sommes isolés, et non assujettis, que nous ne marchons pas à la baguette comme des vaches ou des veaux. Si nous étions surveillés, nous ne serions pas capables d’accomplir nos actions comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Nous ferions quelque chose de pathétique, de “créatif” dans le pire sens de ce mot. C’est pourquoi l’art doit s’efforcer autant qu’il le peut de rester indépendant - même si c’est mauvais pour votre santé, même si ça peut se terminer par un emprisonnement. Bien que ça puisse être dangereux pour les individus, c’est le seul moyen pour l’art de survivre.

Les autorités ont commencé à persécuter les artistes déjà à l’époque d’Eltsine, n’est-ce pas?

Formellement, c’est vrai. Ils ont commencé à persécuter Avdeï [Ter-Oganian] pour avoir découpé des icônes à la hache en 1998. Mais maintenant je pense que nous avons reconquis beaucoup d’espace, parce que l’art contemporain - en partie grâce à nous - fait les gros titres. Avant ça, les gros titres venaient de la vie politique, de la vie publique, de la guerre, des déclarations du premier ministre et peut-être des sports.

Ci-contre: l’artiste Avdeï Ter-Oganian découpe une reproduction d’icône traditionnelle orthodoxe à la hache pour protester contre le pouvoir de l’Église et le sort fait aux athées en Russie, 1998.

Mais maintenant l’art est sur un pied d’égalité. Si tu regardes les gros titres, l’art fait la une [autant que n’importe quel autre sujet]. Je ne pense pas qu’il y ait eu quelque chose de tel depuis Léon Tolstoï et Soljénitsyne. Ça faisait longtemps que l’art n’avait pas fait la une. C’est une grande réussite.

Vos coups artistiques semblent être intimement liés à une ville spécifique.

Oui, nos actions sont toujours liées à un endroit concret. Ce serait faux de dire qu’elles sont universelles, qu’elles pourraient être transposées dans n’importe quelle ville et réalisées là-bas. Au contraire, nous arrivons à un endroit et nous regardons autour de nous.

Nos actions de Moscou étaient très moscovites, comme “Un flic en soutane”, au cours de laquelle je me suis déguisé en “prêtre flic” et j’ai volé à l’étalage dans un supermarché de luxe. Il n’y a tout simplement pas ce genre de magasins à Saint-Pétersbourg, ceux qui sont follement huppés. Donc j’ai été dans un de ces supermarchés incroyablement chics et je l’ai volé à l’étalage. C’était une chose très moscovite.

La Bite prisonnière du FSB” ou “La Révolution de Palais” auraient difficilement pu avoir lieu à Moscou.

Quand nous sommes en train [de planifier nos actions], nous marchons dans Saint-Pétersbourg en pensant: “Ceci on peut le faire ici, et ça on peut le faire là.” Disons que l’installation en face du Musée Russe (“La Révolution de Palais”) n’était pas accidentelle. C’est très important qu’elle ait été juste en face de l’entrée.

Peu de gens ont remarqué qu’artistiquement, il est important que nous montrions que la principale œuvre d’art n’est pas à l’intérieur du musée, mais à l’extérieur, près de l’entrée. C’est très important vous voyez? Ça a aussi été décidé juste sur place.

Je peux difficilement imaginer quel genre d’actions je ferais à Londres. Une chose amusante nous est arrivée une fois. Nous avions une exposition à Zagreb. Nous sommes arrivés là-bas et [les organisateurs] nous ont accueillis à bras ouverts. Ils ont dit: “C’est super que vous soyez venu en groupe. Nous avons déjà convenu avec la mairie que vous pouviez faire tout ce que vos cœurs désirent ici.” Nous avons dépondu: “Merde! Vous nous avez volé l’occasion de faire une action ici.”

Mais ensuite je me suis baladé et je me suis rendu compte que même s’ils ne nous avaient pas privés de cette occasion en concluant un accord avec la mairie, nous aurions quand même été hors contexte là-bas.

C’est une vie totalement différente. Nos actions ne peuvent pas être transposées [dans d’autres villes] parce qu’elles sont spécifiques. Les actions de Pétersbourg sont très pétersbourgeoises. Les actions de Moscou sont très moscovites. La localisation est un facteur important.

Est-ce que la forme radicale que revêt votre art à quelque chose à voir avec l’anormalité de la situation politique actuelle dans ce pays?

C’est comme ça qu’ils voient notre travail à l’Ouest. Nous recevons des lettres d’universités américaines (des étudiants et des enseignants) tout le temps. Il nous informent qu’ils sont en train d’écrire un mémoire de licence sur notre travail, qu’ils ont trouvé très intéressant. Ensuite ils nous disent comment ils interprètent nos actions: la situation anormale en Russie enlève aux gens la possibilité d’influencer les évènements en utilisant des méthodes de contestation habituelles comme des grèves, dont le but est d’identifier directement un problème et d’insister pour qu’il soit résolu immédiatement. Mais celles-ci ne fonctionnent pas, et donc ces étudiants américains pensent que la nécessité de cette forme de protestation inhabituelle nous a été imposée. C’est une vision intéressante, mais ce n’est qu’un aspect du problème, et quelque peu superficiel à mon avis. C’est plutôt un point de vue journalistique.

Si on examine plus profondément, je pense que nos actions sont enracinées dans la culture russe. Les Russes sont comme nos actions. Les Russes sont précisément ce genre de gens avec une pointe de folie.

Photo: Alexeï Plutser-Sarno.
Lionya Ebnouty (Léo le Taré), notre président, entrant en collision avec la voiture d’un officiel sous les murs du Kremlin.

Votre travail a été décrit comme du “véritable art populaire russe”. Vous êtes d’accord?

C’est probablement vrai. Nous essayons de parler au nom du peuple.

Article original en Anglais

Tags: Bite prisonnière du FSB Koza Oleg Vorotnikov Révolution de Palais Voïna Voïna dans les médias affaire pénale Casper Nenagliadni Lionya Ebnouty Léonide Nicolaïev Vor Natalia Sokol 
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