13 Oct 2012, 20:56

Récemment condamnée à huit ans de détention, Taïssia Ossipova se confie depuis sa prison.


Taïssia Ossipova, au tribunal de Smolensk, le 28 août, jour de sa condamnation pour “trafic de drogue”

Voici déjà huit mois que Taïssia Ossipova est en prison et sept années l’attendent encore derrière les barreaux. Mais du centre pénitencier de Smolensk où elle purge sa peine, cette femme de 28 ans affirme qu’elle ne sortira plus. “Dans mon état de santé, je ne survivrai pas à huit ans de cellule”, explique-t-elle dans un entretien au Figaro, réalisé via son avocat. Souffrant d’un diabète, elle est soignée, dit-elle, dans des conditions “moyenâgeuses”. “Les conditions sont telles qu’une personne en bonne santé sortira malade de cette prison. À tous les malades, les médecins se contentent de distribuer des analgésiques”. Lors de la révision de son procès, Taïssia Ossipova a été condamnée le 28 août pour “trafic de drogue”. Une affaire “politique, montée de toutes pièces”, dénonce-t-elle.

Neuf grammes d’héroïne

Tout comme son mari, l’un des leaders du parti L’Autre Russie, Taïssia Ossipova milite depuis douze ans dans cette formation radicale créée par l’écrivain Édouard Limonov, bête noire du Kremlin. Son premier fait d’armes, elle l’accomplit à 19 ans, lorsqu’elle gifle avec un bouquet d’œillets l’ancien gouverneur de Smolensk, Viktor Maslov, ex-chef du FSB local. Depuis, elle accuse le Centre de lutte contre l’extrémisme de «harcèlement». Cette structure qui dépend des services de sécurité n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.

Le 23 novembre 2010, à l’issue d’une perquisition conduite au domicile de Taïssia Ossipova, les policiers découvrent neuf grammes d’héroïne et interpellent la militante. Leur enquête s’appuie sur le témoignage d’un “indic” qui affirme avoir acheté quatre grammes à la jeune femme, trois semaines plus tôt. S’ensuit, selon son avocate, une succession de “fausses dépositions”. L’héroïne aurait été intentionnellement déposée par les policiers. La défense n’a pas pu faire citer le principal témoin à décharge, Anton Mandrik, présent au moment de la perquisition. “Il était sous l’emprise de narcotiques”, selon le ministère de l’Intérieur. S’appuyant sur des relevés téléphoniques, l’avocat découvre que le fameux “indic”, cité par la police, était absent de l’appartement au moment de la transaction… “Les différents témoignages écrits produits par la police, émanant notamment des militants de jeunesse pro-poutiniens, ont été tapés au carbone en plusieurs exemplaires, tous identiques à la virgule près”, ajoute Taïssia Ossipova. Dans les milieux d’opposition, certains doutent néanmoins de la probité du témoin Anton Mandrik. Ils se demandent comment une activiste politique, qui se savait sous surveillance étroite de la police, a pu «commettre l’imprudence d’héberger chez elle un toxicomane». L’intéressée affirme n’avoir jamais consommé de drogue.

Seconde condamnation

Le 29 décembre 2011, au lendemain d’une énorme manifestation anti-Poutine, la jeune femme est condamnée en première instance à dix ans de camp. Un mois plus tard, elle figure sur une liste de “prisonniers politiques” transmise par l’opposition au président Medvedev. Ce dernier ordonne au parquet russe de réexaminer l’affaire mais le second procès, qui se déroule après le retour de Vladimir Poutine au Kremlin, fait l’objet de dérapages procéduraux identiques. Plusieurs documents compromettants pour la police sont ignorés. Le procureur réclame quatre ans d’emprisonnement, mais à la surprise générale, le tribunal double la mise: huit ans. Un véritable camouflet pour l’ancien chef du Kremlin, aujourd’hui premier ministre.

“L’ordre vient de tout en haut. Après s’être permis d’enfreindre les normes juridiques les plus élémentaires, un simple tribunal local ne peut prononcer seul un tel verdict”, affirme Taïssia Ossipova. Cette seconde condamnation n’aurait d’autre but que de “contraindre mon mari à cesser toute activité politique”. Ce dernier vit à Moscou et ne remet plus les pieds à Smolensk par crainte de se faire arrêter. “Ce pouvoir ne respecte que la force, tandis que les faibles sont piétinés”, conclut-elle. Le procureur vient de faire appel du jugement.

Par Pierre Avril

http://www.lefigaro.fr/international/2012/09/18/01003-20120918ARTFIG00611-une-opposante-a-poutine-denonce-un-proces-politique.php

Tags: Taissia Ossipova 
28 Mar 2012, 14:58
Voïna, par Claire Chaudière
“Un moment historique, à ne pas râter”

L’interview d’Oleg Vorotnikov, Natalia Sokol (accompagné de leurs deux enfants) et Leonid Nikolayev. Après plusieurs jours d’échanges de mails, les membres du groupe Voïna nous ont donné rendez-vous dans un café:

Entretien avec Claire Chaudière: http://video.yandex.ru/users/riotstarter2011/view/6/#

Tags: radio Clair Chaudière 
19 Déc 2011, 16:26

Le VOINA WANTED banderole a été pendu sur la façade de l’École supérieure d’art, ou école d’art d’Aix-en-Provence.

«Voina Wanted» est une action de solidarité dans le monde entier par le groupe Voina pour les artistes persécutés et les membres du groupe Oleg Vorotnikov et Natalia Sokol, qui ont été mis sur la liste internationale voulait.

Photo - Matthias Hübner & Brad Downey, les militants du groupe Voina. Initiateur de l’action - Alexei Plutser-Sarno, Voina groupe média-artiste. Portrait de Oleg Vorotnikov dans la salle d’audience - Vladimir Telegin.

Source de publication: http://plucer.livejournal.com/514385.html

Tags: VOINA WANTED Oleg Vorotnikov Natalia Sokol Alexei Plutser-Sarno Vladimir Telegin 
29 Oct 2011, 5:03

PAR ANNIE RUTHERFORD

Ce n’est pas le pays où vous vous attendez à célébrer l’art activiste. Détrompez-vous. Jusqu’au 20 octobre, Moscou organise sa quatrième biennale d’art contemporain. Cependant ce n’est pas exactement un pas vers la liberté d’expression, puisque le célèbre groupe russe contestataire, Voina, proteste paradoxalement contre le festival international d’art activiste de la biennale. Justement l’un des ses membres les plus influents, Natalia Sokol et son fils de deux ans, Kasper, viennent de sortir de 48 heures de garde à vue.


Il était une fois en 2005 où la Russie a pratiquement amené l’art contemporain sur la Place Rouge. Dans une tournure ironique réunissant l’art contemporain avec l’ancien régime soviétique qui l’avait réprimé une fois, la première biennale d’art contemporain à Moscou fut tenu près du Kremlin dans l’ancien musée Lénine. Fondé en 2003, il a été organisé en 2005, 2007 et 2009 jusqu’à présent. Huit ans plus tard la biennale de Moscou a grandi. La quatrième édition s’est ouverte le 23 septembre et exposera les stars internationales de la scène de l’art contemporain jusqu’au 30 octobre. Cependant, l’évènement continue de combiner un profil officiel ( par exemple, le partenaire médiatique est la chaîne de télévision Russia 24 contrôlée par l’État) avec une célébration de la critique, remettant en question l’art contemporain. Ce dernier est quelque chose que les autorités russes ne sont pas habituellement toujours si heureux de soutenir.

Ai WeiWei: VIP en Russie

Ce mélange peut engendrer quelques situations étranges. Les paradoxes du style Alice au Pays des Merveilles de la biennale 2011 pouvaient presque être les créations d’une farce mal écrite. Après tout, qui se serait attendu à ce qu’Ai Weiwei, une virulente figure critique de la corruption dans la Chine voisine, soit un invité de marque dans la ville où Mikhail Khodorkovsky (le magnat du pétrole et critique de Poutine) demeure en prison ?


La plus belle oeuvre de Voina. | Sur le pont-levis de Saint Pétersbourg.

Depuis la naissance du groupe en

 2007, Voina (signifie « guerre » en russe) capte l’attention du gouvernement national et de la presse internationale avec le coup de pub tombé à point nommé tel que l’affaire du pont de Saint Pétersbourg, quand ils ont orné le pont-levis avec un pénis illuminé. Les travaux de Voina sont aussi inattendus que ceux d’Ai Weiwei à l’évènement sponsorisé par le ministère russe de la culture : les membres-clés du groupe, Oleg Vorotnikov et Leonid Nikolaev, ontété arrêtés par les autorités russes en novembre 2010. Ils demeurent sous surveillance policière. Néanmoins, le groupe est présent dans une exposition spéciale qui a eu lieu dans le cadre de la biennale intitulée « L’impact médiatique : le festival international de l’art activiste ».

Les artistes contestataires protestent contre le festival d’art contestataire

Curieux, vous devez penser (mais comme le dirait Alice, ça devient de plus en plus curieux). Voina a ajouté une autre tournure à l’intrigue en annonçant un boycott de la biennale. Ils prétendent avoir été inclus dans le festival d’art contre leur volonté, déclarant que certains des travaux exposés sous leur nom sont faux, tandis que les autres leur ont été volés par - attention - la police russe quand ils ont été arrêtés l’automne dernier. Un communiqué sur le site web du groupe accuse les organisateurs de la biennale de vouloir « discréditer l’opposition et l’art contestataire » et de chercher à «maintenir une façade de la vie artistique en Russie avant la communauté internationale ».

La déclaration n’est pas trop différente des commentaires des autres critiques russes. Le duo américain The Yes Men a rejoint Voina dans le boycott, permettant à l’action du collectif russe de retentir outre-Atlantique. 


L’un des meilleurs coups du président de Voina, Lenya Yobhnutii, au printemps 2010. | Le seau bleu est devenu un signe de protestation contre les véhicules prioritaires qui grillent les feux de circulation. Quand on met un seau bleu sur la tête, cela fait comme un gyrophare. Rigolo.


http://www-pre.cafebabel.fr/article/39035/penis-illumine-voina-boycotte-biennale-moscou.html

Tags: Biennale de Moscou 
28 Oct 2011, 3:25

Les activistes du commando artistique ont donné une interview exclusive au Moskovski Komsomolets

Le collectif artistique Voïna a réussi après quelques années à se rendre célèbre dans le monde entier par ses actions radicales. Mais avec leur notoriété les activistes ont aussi récolté une quantité de problèmes avec la loi. Finalement, l’un d’eux a été résolu: celui impliquant Léonide Nicolaïev pour sa participation à l’action «La Révolution de Palais», l’inculpation pour vandalisme (article 213 du Code Pénal de la Fédération de Russie) a été levée. Pourtant le dirigeant du commando artistique Oleg Vorotnikov et son épouse Natalia Sokol (Koza) sont toujours recherchés. “MK” a pris contact avec le scandaleux collectif artistique.

Photo de Vladimir Téléguine
Léonide Nicolaïev, Oleg Vorotnikov et Natalia Sokol

Comment prenez-vous la décision de l’instruction? Êtes-vous surpris? Quelle est la première pensée qui vous est passée par la tête lorsque vous avez appris la levée de l’inculpation?

Lionya: Que tout est normal. Nous avons longuement fait pression sur les instructeurs jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus se cacher dans leur coin. Nous avons les défenseurs les plus forts du pays - AGORA et Dima Dinzé. Dinzé de part sa force n’est même pas un avocat, mais un activiste de Voïna de plein droit. Notre membre honoraire! C’est en effet surprenant, mais en plus pas pour nous, mais pour le Comité d’instruction: les résultats de l’expertise sociologique, effectuée par décision de l’instruction, sont parus. Nous ne doutions pas alors que les professionnels en question - les experts Valery Zaroubine et Natalia Némirova (chaire de sociologie appliquée et du laboratoire sociologique de l’Université pédagogique d’État russe Herzen) feraient leur travail consciencieusement. Mais il a semblé à l’instruction, on ne sait pourquoi, qu’ils avaient devant eux des experts au garde-à-vos, avec lesquels ils pouvaient faire ce que bon leur semble. C’est pourquoi l’instruction a échoué, à cause de son manque de respect envers toutes les parties prenantes à l’affaire de « Voïna »: envers les artistes, envers les avocats, envers les experts.

Léonide Nicolaïev dit Lionya Ebnouty

Que va faire le groupe « Voïna » maintenant, est-ce que de nouvelles actions nous attendent?

Oleg: Nous nous y préparons maintenant depuis des mois. On est forcé de tenir compte de la réalité de notre vie dans la clandestinité totale et d’éviter de faire par mégarde la moindre allusion à nos activités. Des entraînements ont déjà lieu depuis plus de six mois. Après tout ce temps on a déjà réussi à nous couvrir de merde. Des provocateurs ont exposé des contrefaçons à notre nom à la biennale corrompue de Moscou. Les conservateurs vénaux essayent de nous fourrer dans l’infect projet gouvernemental. Beaucoup de merde. Mais le résultat de la future action surpassera toutes les attentes et nous lavera.

Natalia Sokol dite Koza ou Kozlionok

Les accusations contre Léonide dans l’affaire de « La Révolution de Palais » sont levées, mais mais pas celles contre Oleg? Avez-vous présenté une demande de disculpation également pour Vorotnikov?

Koza: On va déposer les demandes concernant Oleg. Les avocats Anastassia Ekimovskaïa et Igor Riabtchikov s’en occupent en ce moment. Et le 24 octobre va avoir lieu le procès contre l’État qui essaye de s’approprier l’argent de la caution d’Oleg. Le pognon a été rassemblé pour nous par notre ami, l’artiste mondialement connu Banksy.

Oleg Vorotnikov dit Vor

Oleg, vous faites jusqu’à présent l’objet d’un avis de recherche fédéral. Que faîtes-vous pour recouvrer une situation légale? Ou bien vous estimez que c’est le lot d’un artiste d’être dans la clandestinité?

Oleg: Je perçois l’avis de recherche criminelle international comme l’une des formes suprêmes de reconnaissance du travail d’un artiste politique ici, sur terre. Maintenant je suis le mal de tête d’Interpol. Ça me flatte et m’oblige beaucoup. Koza ne me le cède en rien non plus: son avis de recherche fédéral pour la pisse jetée sur les flics pétersbourgeois, c’est un exotisme russe moderne, une exclusivité absolue de notre mère Russie.

Quelle est votre opinion, pensez-vous que le pouvoir a décidé de laisser « Voïna » tranquille? Pourquoi? Ou peut-être que quelque part en haut on a décidé que plus longuement et activement les activistes de « Voïna » sont persécutés, plus votre renommée sera grande et plus vous attirerez l’attention du côté de la presse?

Koza: Le FSB [Service Fédéral de Sécurité] et le MVD [Ministère des Affaires intérieures] nous ont en effet énormément fait de pub. Et ils ne s’y attendaient certainement pas eux-mêmes. Maintenant ils sont plantés dans leurs bureaux et ne savent que faire. Et ils ont clos l’affaire parce que l’instruction a déjà durée plus d’un an, sans aucun résultat. Lors de l’expertise physionomique, prescrite également par l’accusation, on ne nous a pas non plus reconnu. Figurez-vous ça: les flics regardent les meilleurs artistes russes et ne les reconnaissent pas. Et maintenant ils sont déshonorés. Et le gouvernement est déshonoré. Maintenant nous n’allons pas le laisser mourir tranquillement. Il va périr délicieusement!

L’interview en Russe

Tags: Léonide Nivolaïev Oleg Vorotnikov Natalia Sokol Koza Lionya Ebnouty Vor Révolution de Palais Voïna Voïna dans les médias 
13 Oct 2011, 0:51

La poursuite pénale contre Lionya Ebnouty est abandonnée

On vient d’apprendre que, le 1er septembre 2011, la demande de Léonide Nicolaïev d’abandon de la poursuite pénale à son encontre avait été satifaite par l’enquêteur du Comité d’Instruction du District central de la Direction Principale de l’Instruction du Comité d’Instruction de la Fédération de Russie de Saint-Pétersbourg, Roud V. E.

La décision satisfaisant la demande de L. Nicolaïev concernant la cessation de la poursuite pénale à son encontre.

« DÉCISION d’acceptation d’une requête

1er septembre 2011

L’enquêteur du département d’instruction du District central de la Direction principale de l’Instruction du Comité d’Instruction de la Fédération de Russie de Saint-Pétersbourg Roud. V. E., ayant examiné la requête de l’accusé Nicolaïev L.L. dans l’affaire pénale N°276858.

CONSTATE:

Le 30/08/2011, une requête de l’accusé Nicolaïev L.L. a été déposée au département d’instruction du District central de la Direction Principale de l’Instruction du Comité d’Instruction de la Fédération de Russie de Saint-Pétersbourg demandant:

1. la cessation de la poursuite pénale dans le cadre de l’affaire pénale N°276858 ;

2. un accès au dossier de l’affaire pénale de l’investigation extrajudiciaire du 24/03/2011 ;

3. un accès au dossier de l’affaire pénale de la plainte à la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 02/03/2011.

Ayant examiné ladite requête, les organes d’instruction préliminaire en sont venus à la conclusion que:

1. les arguments de l’accusé Nicolaïev L.L. en faveur de la cessation de la poursuite pénale dans le cadre de l’affaire pénale N°276858 apparaissent fondés, puisqu’au cours de l’examen de l’affaire pénale, il a été établi que les agents de la milice ne constituent pas un groupe social particulier, ce qui constitue l’une des caractéristiques stipulées pour la responsabilité pénale dans la perpétration du crime, prévue au paragraphe “b” partie 1 de l’article 213 du Code pénal de la Fédération de Russie, en raison du fait qu’il n’est pas apparu dans les actes de Nicolaïev L.L. les éléments constituant le crime visé par la disposition visée plus haut du Code pénal de la Fédération de Russie ;

2. les arguments de l’accusé Nicolaïev L.L. pour l’accès au dossier de l’affaire pénale de l’investigation extrajudiciaire du 24/03/2011 et à celui de la plainte à la Cour Européenne des Droits de l’Homme apparaissent fondés, puisque les dossiers visés peuvent renfermer des informations présentant un intérêt pour les organes de l’instruction préliminaire.

Considérant ce qui est exposé plus haut, je conclue que la requête déposée doit être satisfaite pleinement. En vertu de ce qui a été exposé et en se basant sur les articles 122, 159 et 219 du Code de Procédure pénale de la Fédération de Russie,

ARRÊTE:

1. Satisfaire la requête de l’accusé Nicolaïev L.L. de cessation de la poursuite pénale dans le cadre de l’affaire pénale N°276858 et d’accès au dossier de l’affaire pénale de l’investigation extrajudiciaire du 24/03/2011 et à celui de la plainte à la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 02/03/2011.

2. Faire savoir à l’accusé Nicolaïev L.L. la décision prise en lui expliquant la règle pour faire appel. »

Notons que l’enquêteur Roud V.E. s’est refusé jusqu’au dernier moment à communiquer l’information sur l’arrêt de la poursuite pénale à Lionya lui-même et à l’avocat de Voïna Dmitri Dinzé, il n’a pas répondu à leur appels.

Le 5 septembre encore, la coordinatrice du groupe Kozlionok écrivait à ce propos à Dmitri Dinzé:

Kz - Dinzé, 5 sept. 2011, 17h04:

« Roud V.E. a refusé de communiquer par téléphone et de répondre personnellement à la demande de cessation de l’affaire pénale, il a dit qu’il l’enverrait par écrit. »

Lionya Ebnouty sort de la clandestinité. Tremblez!
Photo: Vladimir Téléguine

L’expertise sociologique conduite par décision de l’accusation n’a pas reconnu les policiers comme un groupe social: http://fr.free-voina.org/post/9642377377.

Le groupe Voïna remercie tout ceux qui ont pris part à cette affaire du côté de la défense. Merci beaucoup, de tout cœur!

VOÏNA

Tags: victoire affaire pénale Voïna Lionya Ebnouty Dinzé Roud 
07 Oct 2011, 18:18

Je ne suis pas du tout d’accord sur le fait qu’il y ait une diminution, puisque je connais la situation de l’intérieur. Il n’y a aucune diminution, c’est ce que vous dira quiconque est actif maintenant. Je ne regarde pas de quoi cela à l’air de l’extérieur, mais dans la clandestinité on n’observe absolument pas d’accalmie. Au contraire, il y a un développement clandestin important et multiple. Les gens ont marché avec des banderoles et des prospectus, ont diffusé des tracts et ont appris quelque chose. Et maintenant il leur en faut plus. Clairement et beaucoup plus. Des brigades, des bandes, des formations de combat se constituent maintenant massivement et à toute vitesse dans la clandestinité. Il y a une préparation intensive, des entrainements sérieux. Tout cela n’est pas visible et ne doit pas être particulièrement visible à la surface. Celui qui se trouve déjà dans la clandestinité a de la chance, il participe, regarde et analyse de façon perspicace. Si cette personne est douée, elle fournira une histoire forte quand sera venu le temps des grandes des histoires. Mais la majorité de la branlette superficielle actuelle dans le genre de la saloperie manifeste et moribonde “Anticéliguer” et cie n’a pas de lien avec le processus réel. Celui qui n’a été pris nulle part reste nager à la surface. Tous les activistes se sont retirés au fond. De là, il est possible que vous ayez une impression superficielle d’accalmie, mais elle est erronée.

Je ne sais pas quand ces bandes sortiront de la clandestinité, quand elles décideront qu’elles sont prêtes pour sortir de l’ombre. Mais l’inconnue dans cela, c’est est-ce qu’elles sauront, de façon large et diverse, s’unir en sortant de l’ombre dans l’armée future, ou bien est-ce qu’elles continueront à agir séparément et périront les unes après les autres lorsque les flics les massacreront chacune à son tour, l’une après l’autre. Une amère expérience russe montre qu’il est difficile de s’unir avec des marginaux ambitieux. Dans l’opposition, durant toutes ces années, chacun n’a cherché qu’un prétexte pour se quereller avec les autres à jamais. Tout et n’importe quoi a servi de prétexte à cela, n’importe quel motif absurde, jusqu’à l’âge du consentement sexuel. Un camarade a refusé de serrer la main à un camarade, parce que l’un était d’avis que l’on peut baiser seulement à partir de 14 ans, alors que l’autre pensait qu’on peut le faire déjà à 12 ans et qu’il fallait sanctionner cela dans la loi, et toutes choses du même genre. L’opposition a supporté tout le fardeau de ses infâmes et épuisantes discussions oiseuses et, n’y ayant pas mis un terme, elle continue de les endurer jusqu’à ce jour.

Je suis convaincu que l’opposition ne s’unira pas par un instinct subconscient de conservation. Les discussions oiseuses sont sa réaction de défense. On perçoit inconsciemment dans l’opposition que si un jour elle s’unit, alors on pourra présenter face à l’ennemi, face au pouvoir, au moins une force vive. Et alors, voyant cette force en bas, le pouvoir lui tombera dessus et l’écrasera. Il l’exterminera physiquement de façon brutale comme il l’a fait déjà bien des fois. Le pouvoir a plus d’une fois déclenché son anéantissement, nous nous rappelons de l’héroïque et tragique histoire des natsbols1, que le pouvoir a écrasés sous le poids de répressions hystériques et d’assassinats en traître, et on se rappelle de ça dans l’opposition, on a peur, on tremble au souvenir du cadavre. Consciemment ou pas totalement consciemment, les craintes de l’opposition d’être anéantie empêchent son unification réelle.

Et elle a d’autant plus besoin et elle est d’autant plus obligée de se regrouper, de prendre pleinement conscience de ses craintes et de les surmonter. Trouver en soi le courage de s’unir. Cette vieille question sera bientôt à nouveau placée devant les bandes clandestines qui naissent aujourd’hui.

1. Nationaux-bolchéviques, membres du Parti national-bolchévique fondé par Edouard Limonov dans les années 90. N. d. T.

Article original en Russe

Tags: opposition Léonide Nicolaïev Lionya Ebnouty 
04 Oct 2011, 1:27

Photo: Vladimir Téléguine
Oleg Vorotnikov dans la salle du tribunal le 14 janvier 2011, avant sa libération sous caution.

L’audience du tribunal pour l’examen du pourvoi en cassation contre la décision d’encaisser au profit du gouvernement la caution d’Oleg Vorotnikov est fixée le 4 octobre. L’audience aura lieu à 11h00 au Tribunal de la ville à l’adresse: ville de Saint-Pétersbourg, quai du fleuve Fontanka, n°16, salle 407.

À propos de la poursuite pénale contre Oleg Vorotnikov, lire aussi:
http://fr.free-voina.org/post/8955260759

Tags: Oleg Vorotnikov Vor procès affaire pénale 
02 Oct 2011, 2:30

Rinat Soultanov

L’activiste antifasciste Rinat Soultanov, client de Dmitri Dinzé, avocat de l’Association interrégionale des défenseurs « Agora », a été transféré de l’isolateur d’instruction [centre de détention provisoire] « Lebediovka » vers le lieu d’accomplissement de sa peine dans l’oblast de Sverdlovsk de la circonscription fédérale de l’Oural, dans la colonie pénitentiaire n°53, dans la ville de Privokzalni, avec la participation active et les services d’un agent du Centre “E” (Bureau de recherches opérationnel de la Direction principale du Ministère des Affaires intérieures de la Circonscription Fédérale du Nord-Ouest) connu pour ses actes illégaux, Vassili Ionovitch Trifan. Il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que Trifan manifeste justement une activité prodigieuse dans le domaine l’empoisonnement de la vie des antifascistes, des activistes sociaux et autres représentants des mouvements oppositionnels à Pétersbourg. C’est justement cet agent qui a chargé le détenu Rinat Soultanov, en l’enfermant dans l’isolateur d’instruction « Lebediovka » et en faisant tout son possible pour lui mettre une série d’affaires pénales sur le dos. Pourtant, aucune menace de l’inapproprié Trifan V. I. n’a pu forcer Soultanov à capituler et le transfèrement est sans doute pour le looser du Centre de lutte contre l’Extrémisme une manière de se venger.

Vassili Trifan, agent opérationnel du Centre “E” (de lutte contre l’extrémisme)

Je rappelle que Rinat a été condamné en avril de cette année, sur la base de l’article 111, pour participation à une bagarre avec des nazis en novembre 2008, après la « Marche Russe ». Le tribunal de Saint-Pétersbourg l’a condamné à 2 années de colonie à régime commun. Après le procès, l’administration de l’isolateur d’instruction « Lebediovka », où il était enfermé à ce moment-là, a proposé à Rinat de rester purger sa peine « à la rabotchka »1, dans le bloc économique. Rinat a accepté la proposition ; pourtant, le 7 juillet, après avoir attendu 3 mois dans sa cellule transitoire de l’isolateur d’instruction, il a contre toute attente été transféré à Ekaterinburg.

1. Section du travail dans un centre pénitentiaire. Les détenus ont la possibilité de choisir de purger leur peine à la « rabotchka ». Ils y jouissent de certains avantages, notamment le fait de vivre dans une baraque au lieu d’être enfermé dans une cellule. En échange, ils doivent travailler pour la prison. Ce sont surtout les détenus qui ont peur d’être transféré dans un camp ou une colonie pénitentiaire lointain, en territoire inconnu, qui choisissent cette option. N.d.T.

Extrait des commentaires de Dmitri Dinzé:

Le principal, ce sur quoi je veux attirer l’attention, c’est qu’on a donné à Rinat la possibilité de purger sa peine à la Lebediovka, à la rabotchka, ce que l’administration et les agents de l’isolateur d’instruction 4 ont toujours répété. Pourtant, après l’entrée en vigueur du verdict prononcé contre Rinat, on l’a tranféré, sans explication. Les geôliers l’ont embobiné avec des promesses de ne pas le transférer pour qu’en échange il ne porte pas plainte contre les opérationnels de la prison et l’échétchek [agent du Centre “E”] pour avoir constamment utilisé des moyens de pression contre lui. Il s’agit avant tout de la presse qui s’est mise du côté de l’opérationnel de la prison Brioukovkine, et de l’échek Trifan, ils ont constamment menacé Rinat, et quand ils ont compris que les menaces ne marchaient pas avec lui, ils ont décidé de le coffrer dans un pétouchatnik [littéralement: “cellule de tarlouzes”, c’est-à-dire une cellule où un détenu est violé par d’autres, N.d.T.] ou dans une baraque avec un fasciste (ce qui est à peu près du pareil au même). Brioukovkine a fait savoir à Rinat que par un crime de plus, les fascistes, sur les instructions des opérationnels, lui arracheraient les aveux nécessaires au Centre “E”. Mais Rinat, dans de telles circonstances, ne s’est pas laissé intimider et a signalé à l’opérationnel qu’ils étaient allé trop loin avec le chantage et les menaces, et a écrit une déclaration à la procurature concernant les opérationnels. Le Conseil Social près la Direction du Service Fédéral d’Application des Peines, en la personne d’Ella Poliakova, aide à résoudre la situation avec les opérationnels qui, ayant peur qu’on leur fasse de la publicité, ont laissé Rinat tranquille. En conséquence, les menaces ont cessé.

Mais à l’heure actuelle, nous avons ce que nous avons. Ils ont trompé Rinat en l’envoyant à pétaouchnok (Établissement Fédéral d’État, Colonie Pénitentiaire 53). Je ne pense pas que la colonie soit normale là-bas, elle est plutôt entièrement rouge², avec des kapos opérationnels rouges3. Tous les actes à l’encontre de Rinat sont des vengeances des opérationnels contre son refus de coopérer et sa fermeté. Du genre si vous vous comportez ainsi, alors après le verdict on vous fera mettre en prison et très loin.

2. En Russie les colonies pénitentiaires sont classées comme « rouges » et « noires ». Les « noires » sont les colonies des malfaiteurs, où les voleurs commandent. Les « rouges » sont les colonies des flics, que les flics contrôlent presque totalement. Dans la Russie contemporaine il ne reste presque plus de colonies noires. N. d. T.

3. Les kapos («activ» en Russe) sont les détenus qui acceptent de collaborer avec l’administration de la prison ou de la colonie pénitentiaire. Leur tâche est de moucharder et de passer à tabac d’autres détenus pour briser leur volonté. C’est une fonction méprisée en prison. Les opétationnels rouges sont des détenus subordonnés aux flics et employés par eux. N. d. T.

Les opétationnels pensent qu’ils lui ont créé des difficultés insurmontables, mais c’est que dalle, et là-bas Rinat ne sera pas seul, il aura du soutien et de l’aide. Bientôt il aura sa libération conditionelle, elle sera obtenue grâce au soutien juridique et à une surveillance méticuleuse de la marche du procès. L’important, c’est qu’ils ne lui infligent pas en plus par vengeance, comme à Platon Lebedev, toutes sortes de sanctions ridicules, du genre égarer ses fringues ou encore tout ce qui peut leur passer par la tête avec leur intelligence détraquée d’opérationnels, pour l’empêcher d’obtenir une libération anticipée.

Rappelons que la date prévue pour la libération de Rinat est le 4 novembre 2012.

Comme n’importe quel prisonnier, Rinat a grandement besoin de votre soutien et de votre attention!

Vous pouvez lui écrire à cette adresse:

624391, Свердловская область, г. Верхотурье, пос. Привокзальный,

ул.Свободы, д.22, ФКУ ИК-53, отряд No.7

Султанову Ринату Миндулличу.

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